Olivier Zajec

Professeur
Science politique.
Faculté de Droit

Francophonie, Mondialisation et Relations Internationales

Mes travaux de recherche s’orientent selon trois axes complémentaires :

  • Les théories réalistes des relations internationales : épistémologie, ontologie et repositionnements inter-paradigmatiques, XXe et XXIe siècles.
  • Les politiques de défense et de sécurité dans les relations internationales. Théories et doctrines stratégiques (conventionnelles et nucléaires), évolution des modes d’action opérationnels et processus capacitaires comparés, en particulier dans l’aire transatlantique. Conséquences en termes de coopération et de conflits dans les relations internationales envisagées comme société.
  • Les méthodes d’approche socio-spatiales en science politique: constitution théorique et reconstructions heuristiques des grilles de lecture géopolitiques.

Responsabilités administratives et scientifiques :

  • Directeur de l'Institut d'études de stratégie et de défense (IESD)
  • Professeur à l'Ecole de Guerre (Enseignement militaire supérieur, Paris)
Responsable de la formation :
  • THESE

    Nicholas John Spykman (1893-1943), l'invention de la géopolitique américaine. Un itinéraire intellectuel aux origines paradoxales de la théorie réaliste des relations internationales., soutenue en 2013, sous la direction de Olivier Forcade, membres du jury : Olivier Forcade, Bernard Boëne, Bruno Colson et Jean-Jacques Roche     

  • Olivier Zajec, Les limites de la guerre: l'approche réaliste des conflits armés au XXIe siècle, Mare & Martin, 2024, Études stratégiques, 464 p. 

    Olivier Zajec, Laurent Trigeaud (dir.), Études stratégiques, mare & martin, 2024 

    Olivier Zajec, Martin Motte, Georges-Henri Soutou, Jérôme de Lespinois, La mesure de la force: traité de stratégie de l'École de guerre, 4e éd., Tallandier, 2023, Texto, 477 p. 

    Olivier Zajec, Olivier Zajec, Nicolas Auboin, Nicolas Auboin, Stéphane Faudais, Stéphane Faudais (dir.), Atlas de l'École de guerre: une géopolitique du monde, Éditions de l'École de guerre et impr. Lightning Source, 2022, 163 p.   

    Olivier Zajec, Introduction à l'analyse géopolitique: histoire, outils, méthodes, 5e éd., Éditions du Rocher et Cyberlibris, 2022, 352 p.  

    Qu'est-ce que la géopolitique ? Qui sont ses fondateurs, quelles étaient leurs théories ? Quels outils d'analyse indispensables met-elle aujourd'hui à notre disposition pour comprendre les permanences et les ruptures des relations internationales ? Illustrée de nombreuses cartes en couleurs et de cas d'études contemporains, cette introduction simplifiée et pédagogique clarifie les enjeux de pouvoir sur les territoires, dans tous leurs paradoxes

    Olivier Zajec, Martin Motte, Georges-Henri Soutou, Jérôme de Lespinois, La mesure de la force: traité de stratégie de l'École de guerre, 3e éd., Tallandier, 2021, Texto, 473 p. 

    Olivier Zajec (dir.), Environnement: risques, contraintes et opportunités pour la défense française, Université Jean Moulin Lyon 3, 2019, Web TV de l'Université Jean Moulin : restez en lien avec les événements pédagogiques et scientifiques 

    Olivier Zajec, Introduction à la géopolitique: histoire, outils, méthodes, 3e éd., Éditions du Rocher et Numérique Premium, 2019 

    Olivier Zajec, Les secrets de la géopolitique: des clés pour comprendre, Artège et Numérique Premium, 2019, Initiation à la géopolitique 

    Olivier Zajec, Martin Motte, Georges-Henri Soutou, Jérôme de Lespinois, La mesure de la force: traité de stratégie de l'École de guerre, Tallandier, 2018, 414 p. 

    Olivier Zajec, Introduction à la géopolitique: histoire, outils, méthodes, 4e éd., Éditions du Rocher, Editions du rocher et Numérique Premium, 2018, 269 p.  

    "Qu'est-ce que la géopolitique ? Qui sont ses fondateurs, quelles étaient leurs théories ? Quels outils d'analyse indispensables met-elle aujourd'hui à notre disposition pour comprendre les permanences et les ruptures des relations internationales ? Illustrée de nombreuses cartes en couleurs et de cas d'études contemporains, cette introduction simplifiée et pédagogique clarifie les enjeux de pouvoir sur les territoires, dans tous leurs paradoxes. Agrégé et docteur en histoire (Paris-IV Sorbonne), Olivier Zajec est maître de conférences en science politique à l'université Jean Moulin-Lyon III, où il dirige l'Institut d'études de stratégie et de défense (IESD, faculté de droit). Chargé de recherches à l'Institut de stratégie comparée (ISC, Paris), il enseigne également à l'École de Guerre (Direction de l'Enseignement Militaire Supérieur). Cartographie : Laura Margueritte, Thomas Delage, Dario Ingiusto." -- [4ème de couverture]

    Olivier Zajec, Frontières: des confins d'autrefois aux murs d'aujourd'hui, Chronique éditions, 2017, 183 p. 

    Olivier Zajec, Nicholas John Spykman, l'invention de la géopolitique américaine: un itinéraire intellectuel aux origines paradoxales de la théorie réaliste des relations internationales, PUPS, 2016, Mondes contemporains, 603 p. 

    Olivier Zajec, Introduction à la géopolitique: histoire, outils, méthodes, 3e éd., Éditions du Rocher, 2016, 249 p.  

    La 4ème de couv. indique : "Illustrée de nombreuses cartes en couleurs et de cas contemporains, cette introduction permet un premier contact avec les perspectives et les outils de la géopolitique. D'où vient cette méthode d'approche? Qui sont ses fondateurs, quelles étaient leurs théories? Quels cadres d'analyse met-elle à notre disposition pour éclairer les permanences et les ruptures des relations internationales contemporaines? Paix, guerre, équilibres entre circulations et identités : ce livre destiné aux étudiants comme au grand public offre une synthèse pédagogique de la méthode d'approche géopolitique et clarifie « les enjeux de pouvoir sur les territoires », dans toute leur diversité."

    Olivier Zajec (dir.), Stratégie et renseignement, Institut de stratégie comparée, 2014, 238 p. 

    Olivier Zajec, Introduction à l'analyse géopolitique, Argos, 2013, GéopolitiqueS, 172 p. 

    Olivier Zajec (dir.), Sobriété stratégique, Economica et Institut de stratégie et des conflits, Commission française d'histoire militaire, 2013, 224 p. 

    Olivier Zajec, Martine Bulard, Alain Gresh, Philippe Rekacewicz, Catherine Samary (dir.), L'atlas 2013, La Librairie Vuibert, 2012, 193 p.  

    L'Atlas 2013 du Monde diplomatique présente, outre certaines problématiques de long terme exposées dans leurs développements les plus récents (énergies fossiles, construction européenne, flux commerciaux internationaux, conflits balkaniques, réforme de l'ONU, etc.), les nouveaux enjeux géopolitiques (les révolutions dans le monde arabe, le retour en force des extrêmes droites en Europe, la présence chinoise en Afrique, le succès grandissant de Bollywood dans le monde, etc.)

    Olivier Zajec, La nouvelle impuissance américaine: essai sur dix années d'autodissolution stratégique, L'œuvre éd., 2011, 183 p. 

    Olivier Zajec, La puissance aérienne et "l'équation Rafale", CEIS, 2010, Etudes stratégiques, 17 p. 

    Olivier Zajec, Les secrets de la géopolitique: des clés pour comprendre, Tempora, 2008, Initiation à la géopolitique, 178 p. 

    Olivier Zajec, Eric Schmidt (dir.), Paroles d'Europe sur... le Livre blanc de la Défense, Compagnie européenne d'intelligence stratégique, 2007, Les Cahiers de l'Université de la Défense, 140 p. 

  • Olivier Zajec, « Tensions dans la région Baltique : une  Nouvelle  Guerre froide ? », Stratégique , 2020, n° 121-122, pp. 273-292    

    Les relations entre l’Occident et la Russie se sont rapidement aggravées, en particulier à la suite des événements survenus en Ukraine depuis 2014. Cette détérioration des relations se manifeste par le niveau renouvelé et accru de la concurrence et des conflits géopolitiques qui se sont produits simultanément dans la mer Noire et la mer Baltique. C’est une situation qui a des précédents historiques de régionalisme géopolitique durant la guerre de Crimée, la première guerre mondiale et la seconde guerre mondiale. La géopolitique se comprend par la gestion de la politique étrangère au travers de la maximisation de son potentiel et de ses possibilités, tout en limitant ceux d’un adversaire ou d’un concurrent. La concurrence est visualisée et comprise à travers la rhétorique utilisée par l’Occident et la Russie, en utilisant comme exemple la région de la mer Baltique décrite comme faisant partie de la Nouvelle Guerre froide.

    Olivier Zajec, « Les États-Unis, une puissance entre deux âges géopolitiques », Stratégique , 2019, n° 120, pp. 19-25   

    Olivier Zajec, « L’espace extra-atmosphérique : l’enjeu de la surveillance spatiale », Stratégique , 2019, n° 120, pp. 201-205   

    Olivier Zajec, « Introduction générale. La formation contemporaine des élites militaires, un enjeu de politique publique », Stratégique , 2017, n° 116, pp. 11-35    

    De Sun Zu à Strachan en passant par Clausewitz, les stratégistes n’ont eu de cesse de rappeler qu’il ne pouvait y avoir de stratégie nationale concrète, réaliste et articulée sans existence préalable d’un dialogue exigeant, respectueux et direct entre élites militaires et civiles. Il s’agit là d’un des axes cardinaux du raisonnement comme de la pratique stratégique, et d’un enjeu que le processus de formation des élites militaires considère comme essentiel. Cet article a pour but de montrer que les militaires assument toujours un rôle spécifique dans la dialectique qui les unit aux décideurs politiques dans la conduite des actions de force, en temps de guerre, mais aussi de paix. Il est nécessaire que ce rôle soit reconnu par les élites civiles, non pas seulement au stade de l’exécution, mais au plus haut niveau de conceptualisation et de décision du chantier stratégique. À ce prix pourra se réaliser la resocialisation décisionnelle véritable et durable d’une élite militaire aujourd’hui fragilisée par un triple déclassement social, fonctionnel et institutionnel.

    Olivier Zajec, « Armageddon polytropos. La pensée réaliste et le fait nucléaire, regards sur un demi-siècle de débatsinter-paradigmatiques », Stratégique , 2017, n° 116, pp. 185-222    

    Au sortir de la seconde guerre mondiale, l’arme nucléaire a immédiatement constitué un sujet privilégié d’étude pour la discipline des Relations internationales (RI). À l’intérieur de celle-ci, l’école réaliste a tenté d’intégrer le nucléaire dans une réflexion stratégique générale portant sur l’évolution de la politique étrangère des États. À tel point qu’il se constitue rapidement, selon l’opinion commune, une sorte de fusion entre les deux objets : en somme, « défendre » la dissuasion nucléaire équivaudrait peu ou prou à faire profession de réalisme. Le linkage entre réalisme et nucléaire militaire est néanmoins plus complexe et nuancé et, pour le saisir, il est sans doute nécessaire de bien mettre en parallèle, d’une part l’évolution concrète et pratique des doctrines nucléaires militaires occidentales avec, d’autre part, les prises de positions théoriques et conceptuelles des politistes réalistes, de 1945 à nos jours. C’est l’objet de cet article, qui n’a pour objectif que de rappeler les articulations entre la pensée réaliste des RI et le fait nucléaire, afin de les remettre en perspective historique, de manière à laisser entrevoir que l’ «  interlocking web of thought » qu’est le réalisme, loin d’être monolithique, a eu – a toujours – de multiples visages en matière nucléaire.

    Olivier Zajec, « Recensions », Stratégique , 2017, n° 114, pp. 205-222   

    Olivier Zajec, « La Stratégie au risque de la Technique. Entre Coutau-Bégarie et Ellul, quelques perspectives sur la possibilité d’une systémique décisionnelle  ouverte  », Stratégique , 2016, n° 112, pp. 217-234    

    Pour le stratège, la notion de technique, tout comme la notion de « système » qui lui est si proche, ne sont nullement mauvaises en elles-mêmes. Reste qu’une technique que l’on laisserait générer sa propre rationalité stratégique risquerait de brouiller l’appréciation correcte du « genre de guerre » entrepris par le Politique, si du moins ce dernier s’en remettait exclusivement à elle pour évaluer l’opportunité d’une intervention. Sur la base de cette observation, cet article examine la manière dont Hervé Coutau-Bégarie, à partir de sa lecture de Jacques d’Ellul, décorrèle dans son Traité de stratégie la technique de la question du machinisme, en ouvrant heuristiquement la stratégie aux apports de la théorie générale des systèmes, non sans quelques paradoxes.

    Olivier Zajec, « Legal realism et international realism aux États-Unis dans l’entre-deux-guerres : Les convergences réformistes négligées de la science politique et du droit », Revue française de science politique , 2015, n° 65, pp. 785-804    

    Aux États-Unis, la recherche juridique apparaît actuellement marquée par un mouvement de réévaluation du legs théorique du legal realism. De leur côté, les politistes réinterrogent l’ontologie du réalisme classique des relations internationales. Néanmoins, les échanges qui ont pu exister entre les théoriciens de ces deux écoles ont été très peu examinés jusqu’à présent. En revenant à la période cruciale de l’entre-deux-guerres, cet article montre que les réalistes de l’ordre international partageaient avec les legal realists une même préoccupation réformiste de social change, par-delà les barrières entre ordres interne et externe. Du point de vue de la science politique, l’analyse de ce phénomène contribue à un affinement de notre compréhension des nuances ontologiques du réalisme classique.

    Olivier Zajec, «  Je ne crois pas que l’on puisse diviser le monde en bons et en méchants  : Nicholas Spykman et l’influence réelle du codage géopolitique sur la stratégie américaine de containment », Relations internationales , 2015, n° 162, pp. 95-110    

    Selon quelles modalités la culture et la vision du monde spécifiques aux élites américaines ont-elles au juste pesé sur les processus décisionnels à l’origine de la stratégie du containment anticommuniste ? Parmi nombre d’influences structurantes possibles, l’historiographie tient compte des théories des « géopoliticiens », en particulier celles de Halford Mackinder et de Nicholas J. Spykman. Néanmoins la pensée de ce dernier, auquel aucune biographie n’a jamais été consacrée, s’avère plus paradoxale que l’historiographie ne le croit. En s’appuyant sur des travaux de recherche inédits sur le parcours de Spykman, cet article propose une réévaluation des rapports de causalité entre la pensée géopolitique clas­sique et la stratégie de containment pratiquée par les États-Unis depuis 1947.

    Olivier Zajec, « L’évaluation des activités liées à l’armement dans la vérification de l’arms control multilatéral : aspects théoriques et opérationnels », Stratégique , 2015, n° 108, pp. 123-152    

    Ces dernières années, des États ont mis en œuvre des initiatives pour étendre le contrôle et la surveillance des matériaux chimiques et biologiques au-delà des agents chimiques militaires traditionnels et de certains agents biologiques listés de manière à inclure des produits chimiques industriels toxiques et une gamme élargie d’agents pathogènes. Beaucoup de ces mesures de surveillance complètent des efforts promouvant la sécurité biologique et chimique. Compte tenu de ce type d’évolution, les analystes soulignent l’urgence d’une méthodologie d’évaluation de contrôle plus précise concernant les activités liées aux armes dans la vérification multilatérale de la maîtrise des armements. En ce qui concerne d’une part les évaluations de vérification de la maîtrise des armements et d’autre part le renseignement, la hiérarchie des priorités et la perception de l’acceptabilité politique sont distinctes et, à bien des égards, opposées l’une de l’autre. Une évaluation de la maîtrise des armements effectuée dans le cadre d’un régime juridique multilatéral tend ainsi à posséder une plus grande crédibilité et à perdurer, tant et aussi longtemps qu’elle sera menée d’une manière appropriée sur le plan technique, et que ses conclusions pourront soutenir les considérations politiques et juridiques subséquentes.

    Olivier Zajec, « La surprise stratégique, genèse et portée politique d'un concept majeur », Stratégique , 2014, n°  106, pp. 163-172   

    Olivier Zajec, « Éditorial », Stratégique , 2014, n° 105, pp. 7-10   

    Olivier Zajec, « Le renseignement d’intérêt militaire aujourd’hui : Entretien avec le général Christophe Gomart, commandant la Direction du Renseignement Militaire (DRM) », Stratégique , 2014, n° 105, pp. 177-188   

    Olivier Zajec, « La surveillance des nouveaux territoires spatiaux : vers un catalogue orbital européen partagé entre civils et militaires », Prospective et stratégie , 2014, n° uméros 4-5, pp. 215-226   

    Olivier Zajec, « Éditorial », Stratégique , 2013, n° 104, pp. 7-8   

    Olivier Zajec, « Faut-il encore penser en termes de “générations” d'avions de combat ? », Stratégique , 2013, n° 102, pp. 315-328   

    Olivier Zajec, « Hommage à Hervé Coutau-Bégarie », Stratégique , 2012, n°  100-101, pp. 6-7   

    Olivier Zajec, « Éditorial : “2012, année d'expansion” », Stratégique , 2012, n°  100-101, pp. 9-11   

    Olivier Zajec, « L'appui aérien dans le cadre de la guerre irrégulière », Stratégique , 2009, n° 93-94-95-96, pp. 477-490   

    Olivier Zajec, « L'Afghanistan, un paradigme asymétrique relatif », Revue internationale et stratégique , 2003, n° 51, pp. 133-141    

    Le conflit en Afghanistan a symbolisé l’entrée de la première puissance du monde sur l’un des nombreux terrains d’une confrontation asymétrique avec un ennemi mouvant et désincarné, confrontation appelée à se prolonger, de mutation en mutation. La « globalité » entraîne en effet la pluralité des réponses et des scénarios, et non leur uniformisation, et ce, par nécessité : devenir imprévisible et adopter une doctrine mouvante au service d’une volonté ferme est la seule réponse du « fort » dans un rapport d’asymétrie. Un retour sur quelques-unes des leçons de l’Afghanistan est intéressant à deux égards : tout d’abord la prise en compte du rapport asymétrique par les Américains et le test de nouveaux modes de combat ; ensuite, la répercussion des « leçons de l’Afghanistan » sur le budget américain de la défense.

  • Olivier Zajec, « Base industrielle et technologique de défense », le 17 novembre 2022  

    Organisée par l'IESD (Institut d'Études de Stratégie et de Défense) et l'association Polygone, Faculté de droit, Lyon 3

    Olivier Zajec, « Diversité et unité des conflits armés : réflexion sur l'épistémologie des études stratégiques », le 15 février 2021  

    Organisé par l'Institut de stratégie et de défense, Université Jean Moulin, Lyon III, Faculté de droit

    Olivier Zajec, « Le futur de la puissance aérienne en Europe », le 12 décembre 2019  

    Organisé par l'équipe de l'IESD sous la direction de Olivier Zajec.

Actualités Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Douglas DE QUADROS ROCHA, Le « déséquilibre stable » dans l’ordre nucléaire. La conciliation de la dissuasion et du désarmement dans la position nucléaire française., thèse en cours depuis 2022 

  • Eduard Tokarskiy, La Russie au Conseil de sécurité des Nations Unies 1991-2017, thèse soutenue en 2023 sous la direction de Olivier Forcade, membres du jury : Gilles Ferragu (Rapp.), Marie-Pierre Rey   

    Olivier Chantriaux, Henry Kissinger, le réalisme de l'équilibre, thèse soutenue en 2023 sous la direction de Ludovic Laloux, membres du jury : Ramu de Bellescize (Rapp.), Maki Fukuda et Agnès Piernas    

    Conseiller pour la sécurité nationale puis secrétaire d’État des présidents Richard Nixon et Gerald Ford, Henry Kissinger est généralement considéré comme l'une des incarnations les plus emblématiques de la Realpolitik.Biographes et historiens se sont essayés à décrire son œuvre, à apprécier la marque qu'il avait imprimée aux événements, à mieux comprendre sa personnalité, dont les fulgurances, au fond, n'ont cessé de fasciner ses contemporains.Aucune étude synthétique n'avait cependant été entreprise pour caractériser le réalisme auquel est couramment associé le nom de Kissinger. Le fait que celui-ci se soit engagé dans l'arène du pouvoir a pu, probablement, dissuader les analystes, accaparés par des débats plus abstraits, de s'intéresser aux sources intellectuelles de sa vision. Or, loin de se réduire à une simple praxis - πρᾶξις - déterminée par des motivations immédiates, la Weltanschauung d'Henry Kissinger se signale par sa cohérence et est structurée par un certain nombre d'invariants fondamentaux.Sa pensée et son action, en fait inséparables, définissent la ligne claire d'un réalisme historique vraiment classique, intellectuellement antérieur aux théories ébauchées après la Seconde Guerre mondiale et virtuellement contemporain de la diplomatie de cabinet pratiquée par les puissances européennes aux XVIIIe et XIXe siècles. Révélée dans ses multiples œuvres, qui vont de sa thèse, publiée en 1957, à Leadership, paru en 2022, la pensée de Kissinger donne la formule d’un réalisme qui, à la différence de la théorie de Hans Morgenthau, pourtant présenté, de façon rapide, comme le fondateur du classicisme, s'appuie, pour expliquer les logiques innervant le système mondial, sur l'action historique des États souverains et fait l’économie de toute réflexion sur les liens supposés de la conflictualité avec la nature humaine.Ami du très weberien Raymond Aron, Henry Kissinger établit un pont entre l’œuvre des promoteurs de la souveraineté, dont Jean Bodin et le cardinal de Richelieu, et sa reformulation selon des concepts germaniques, esquissée au XIXe siècle.Sa lecture du monde procède d'une valorisation de l'histoire, comprise en termes proches de la façon dont la concevait Leopold von Ranke, soit comme le reflet de la vie des personnes publiques souveraines que sont les États, une dimension à part et politique par excellence de la réalité, où, sur fond d'anarchie, leur cohabitation conflictuelle ne peut être régulée que par la construction diplomatique d'un équilibre. Son œuvre s'entend ainsi comme une véritable "cliopolitique", distincte du réalisme moderne de nature anthropologique de Morgenthau, autant que des néoréalismes structuralistes inspirés par Kenneth Waltz.L'équilibre des puissances pris pour perspective par Kissinger procède, en fait, d'une promotion de l'intérêt national, qui proportionne la volonté de puissance des États. L'ordre du monde devant en résulter constitue le terme des ambitions de Kissinger. Pour durer, cet ordre doit concilier la reconnaissance de la pluralité des unités politiques souveraines avec leur adhésion à des usages partagés, propres à asseoir sa légitimité.L’équilibre ainsi conçu fait place, à côté de la mesure physique de la force, à un élément psychologique, l’engagement des hommes d’État, et à un élément moral, la légitimité de l’ordre mondial et le sens des continuités historiques. Il donne toute sa valeur au jeu de la diplomatie. En cela, la pensée d’Henry Kissinger est une vraie pensée de la paix, non de celle des philosophes, mais de la paix donnée par l’histoire, la paix des équilibres entre souverains.Henry Kissinger a donc illustré dans ses réflexions et mis en œuvre dans sa politique une Weltanschauung westphalienne axiologiquement neutre, valorisant l'arkhè historique (ἀρχή), au sens de précédent normatif, mais aussi, par extension, d'usages fondateurs en diplomatie, qui, partagés par les États et par leurs leaders, contribuent à étoffer un ordre mondial légitime.

    Bastian Dufilhol, Résilience de l'État: le modèle néolibéral hybride de l'État en France à l'épreuve des crises, thèse soutenue en 2022 sous la direction de Christophe Pajon, membres du jury : Axel Éric Augé (Rapp.), Mossadek Talby, Ludivine Bout Vallot et Éric Gasparini      

    Nous sommes entrés dans une ère de turbulences où tout est interdépendant. Sous l’effet d’une double révolution de l’information, ce qui n’était pas crise hier l’est aujourd’hui, évolution paradigmatique appelant à considérer la crise comme l’état normal et la normalité l’exception. Le référentiel global, porteur de cohérence dans l’action de l’État, est remis en cause, alors que les principaux problèmes ne relèvent plus de logiques sectorielles. Depuis les années 1990, les politiques publiques néolibérales ont transformé l’État, devenu davantage intégrateur que propriétaire de moyens. Alors que les préoccupations de l’individu, « usager » et « client », sont devenues la priorité, nous avons eu tendance à négliger l’intérêt collectif, pourtant porteur de garanties de résilience. Les paradoxes du citoyen français et la fragmentation de l’appareil d’État permettent d’identifier des points saillants dans la crise où la mobilisation des ressources et la désectorisation devraient s’imposer mais où l’État semble en difficulté. L’État est ainsi plongé dans un tempo où l’immédiateté s’est imposée comme un dogme sociétal, alors qu’il serait nécessaire de s’en affranchir et libérer l’initiative locale semblant seule capable de faire face à la complexité. La résilience de l’État pourrait alors se définir comme la combinaison d’une variable statique, la masse (logiques de moyens) et d’une variable dynamique, l’organisation (logiques de mutation). Inspirée par trois principes (entretenir la confiance, conserver l’initiative et responsabiliser les décideurs), une politique de résilience pourrait signifier le retour de l’État stratège, capable d’absorber la crise, nouvelle normalité

    Emmanuel Bossard-Charpentier, Anticiper les guerres à venir ? Recherches sur les causes des conflits armés interétatiques de 1989 à 2010., thèse soutenue en 2022 sous la direction de Sébastien-Yves Laurent, membres du jury : Olivier Forcade (Rapp.), Adrien Schu    

    « Fait social total », la guerre résiste toujours, pourtant, à une définition académique consensuelle. S’agissant des conflits armés interétatiques, les causes ne sont pas plus consensuelles même s’il existe un constat partagé sur leur multiplicité. Dès lors se pose la question, non pas de résoudre un mystère, mais, pour filer la métaphore de Clausewitz, de faire se lever légèrement le « brouillard de la guerre » qui enveloppe aussi ses causes. A cette fin, une catégorisation plus fine du phénomène dans une période limitée permet de produire un isolat. Il est ainsi possible d’étudier uniquement les conflits armés interétatiques dans lesquels aucune guerre civile ne joue de rôle causal, sans considérations d’intensité, de pertes humaines ni de durée et ce durant les vingt premières années de l’après-guerre froide, soit entre 1989 et 2010. Au nombre de 13, les conflits ainsi discriminés ne semblent pas permettre de définir de nouvelles causes de la guerre. Au contraire, ils valident ensemble, à des degrés divers, les grandes théories explicatives existantes (réalisme, libéralisme, constructivisme). Par ailleurs, il apparaît que les causes sont globalement liés à la nature du rapport de force entre belligérants : ainsi, les puissances de tailles comparables s’affrontent sur des différends territoriaux non résolus et ce de façon plutôt imprévue. Par contraste, les conflits entre Etats non comparables recèlent des causes plus radicales comme le changement de régime et font l’objet de plus longues préparations.

    Dimitri Minic, Contourner la lutte armée: la pensée stratégique russe face à l'évolution de la guerre, 1993-2016, thèse soutenue en 2021 sous la direction de Olivier Forcade et Silvia Serrano, membres du jury : Martin Motte (Rapp.), Céline Marangé      

    Cette thèse s’intéresse au processus de démilitarisation de la guerre dans la pensée stratégique russe entre 1993 et 2016. Si d’importantes recherches ont été menées sur l’application des stratégies indirectes russes dans les pays post-soviétiques et occidentaux, l’analyse de leurs racines conceptuelles et des stratèges militaires qui les produisent fait encore défaut, freinant ainsi non seulement l’identification des concepts et notions réellement utilisés par les théoriciens militaires russes, mais la compréhension des logiques profondes qui structurent la pensée stratégique russe post-soviétique. Fondée sur l’examen de la littérature militaire russe, encore peu explorée par la recherche, des documents de doctrine et des discours d’officiels militaires et politiques russes, cette thèse d’histoire s’appuie par ailleurs sur un examen biographique des principaux officiers supérieurs et généraux du pays, ainsi que des civils proches de l’état-major général et du ministère de la Défense russes. Au-delà d’une analyse des concepts, notions et débats par lesquels les théoriciens militaires russes ont tenté de comprendre les caractéristiques d’une guerre moderne de moins en moins centrée sur la lutte armée, cette thèse explore les cadres cognitifs de ces stratégistes, faits de croyances et de perceptions qui, bien que souvent négligées dans le contexte militaire russe post-soviétique, sont une clé de compréhension essentielle des changements doctrinaux et institutionnels militaires russes entre 1993 et 2016.

  • Marc-Olivier Boisset, Contributions à la gestion de crise « cyber »: une approche juridique et managériale, thèse soutenue en 2022 sous la direction de Rainer Maria Kiesow et Jean-Fabrice Lebraty, membres du jury : Cécile Godé et Philippe de Montenon    

    L’omniprésence du cyberespace dans la vie des individus en fait un objet d’étude particulièrement intéressant, tant l’étendue de son champ d’action est large et son imbrication avec l’espace physique important. En effet, les crises « cyber » ont des effets non seulement dans le cyberespace, mais également dans l’espace physique. Ainsi, ces crises « cyber » nécessitent d’être gérées ; c’est-à-dire que, pour limiter leur impact sur les organisations, il est nécessaire d’adopter et de mettre en œuvre les mesures adéquates permettant de circonscrire les incidents d’origine cyber, mais aussi de disposer du cadre juridique adapté pour être en mesure de poursuivre les cybercriminels. L’objectif de notre démarche est bien ici d’améliorer la formation des experts en gestion de crise « cyber » et ainsi de définir un modèle ou un gabarit de gestion de crise facilitant le travail de ces experts de la cyberdéfense lorsqu’ils doivent faire face à un attaquant extérieur ayant la volonté de nuire à l’organisation.

    Andrei-Petru Paraschiv, Impact sur la performance de l'utilisation d'une aide cognitive digitale en situation simulée de crise et de stress: rôle d'une aide cognitive dans le sauvetage au combat, thèse soutenue en 2021 sous la direction de Jean-Jacques Lehot et Luc Aigle, membres du jury : Nicolas Lerolle (Rapp.), Marion Trousselard (Rapp.), Christine Ammirati, Anne-Claire Lukaszewicz-Nogrette et Gilles Rode    

    La simulation est largement utilisée dans la formation continue des soignants. Les situations de crise et de stress, réelles ou simulées, affectent négativement les performances, peuvent entraver l'application des recommandations pour les soins aux blessés et peuvent être la source d'erreurs médicales. La thèse présentée ici s’est intéressée à la préparation opérationnelle des médecins et des infirmiers militaires ainsi qu’aux influences d’une aide cognitive (AC) digitale sur la performance technique et non-technique de ces professionnels de santé mais aussi sur la mémoire, en situation simulée de prise en charge des blessés de guerre à l’avant. Le 1er objectif de cette thèse était de faire état de l’accès à la formation continue et des possibilités de maintien des compétences dans le domaine de l’urgence des médecins et des infirmiers militaires susceptibles d’être projetés en opération extérieure (étude 1). Le 2ème objectif était d’étudier, dans un essai randomisé, l’effet sur la performance technique et non-technique des médecins et des infirmiers militaires, de l’utilisation de l’AC digitale MAX (Medical Assistant eXpert) pendant une situation complexe simulée par comparaison avec la mémoire seule, afin d’appliquer les étapes du protocole militaire de soins avec ou sans MAX (étude 2). Le 3ème objectif était de déterminer l’impact de l’utilisation de MAX sur la mémorisation à trois mois des messages pédagogiques donnés aux participants de la deuxième étude à la fin des deux scénarios simulés, utilisant ou non l’AC digitale (étude 3). Le 4ème objectif était de répertorier les raisons du succès de la simulation dans les formations en santé, civiles et militaires (études 4 et 5).

    Julie Prin-Lombardo, L'impossible renseignement européen ?: évolution de la collaboration et de la coopération européennes en matière de renseignement, thèse soutenue en 2017 sous la direction de Sébastien-Yves Laurent, membres du jury : Olivier Forcade (Rapp.), Olivier Dubos (Rapp.), François de La Presle    

    Cette étude est consacrée au caractère possible, voire souhaitable, du renseignement européen, en lien avec la collaboration et la coopération inter-services et dans le cadre d’une structure communautaire fonctionnelle. Notre réflexion s’est appuyée sur l’existant : le Centre de situation de l’Union de l’Europe occidentale, devenu SITCEN de l’Union européenne après les attentats du 11 septembre 2001 et Centre de renseignement (INTCEN) à l’occasion de la création du Service européen d’action extérieure (SEAE). Notre étude a permis de soulever de nombreuses questions, sans caractère exhaustif, relatives à la collaboration et à la coopération, sur le fond et sur la forme, en matière de renseignement. Tout d’abord, nous nous sommes penchés sur les motivations originelles des États-membres de l’Union européenne en matière de renseignement européen (I). Le contexte militaire, post Guerre froide, ainsi que les craintes liées à la relation privilégiée en matière de renseignement entre le Royaume-Uni et les États-Unis sont des éléments majeurs. Nous revenons également sur l’ensemble des aspects sémantiques majeurs liés à notre étude afin de comprendre ce que signifient la collaboration et la coopération en matière de renseignement, aux plans national et européen, avec toutes les subtilités que les deux termes, autant que le champ lexical du renseignement, impliquent. Ensuite, nous nous intéressons à la concrétisation, ou non, de la collaboration et de la coopération, avec les contours voire les motifs attenants (II). Le 11 septembre 2001 fait office de rappel du besoin d’une politique européenne adaptée, en matière de sécurité et de défense, et met en lumière le premier SITCEN et conduit à sa refonte (et sa renaissance) par Javier Solana. La succession d’attentats en Europe constitue, ensuite, l’élément déclencheur de la montée en puissance du second SITCEN. Ce dernier, couplé au Centre satellitaire - SATCEN, intégré aux missions et opérations civiles et militaires de l’Union européenne, est au cœur d’une véritable capacité européenne de renseignement, qui contribue de manière fondamentale aux ambitions politiques de sécurité et de défense européennes. Lorsqu’il devient INTCEN, à l’occasion de son insertion dans le SEAE en 2011, et que l’on y adjoint le terme intelligence, le centre cesse, paradoxalement, d’avoir cette capacité singulière et unique en matière de renseignement. En effet, des considérations d’ordre politique prennent le pas sur les missions d’analyse et de fusion de renseignement actionnable dans le cadre de gestion de crises. Or, la multiplication récente d’attentats démontre l’impérieuse nécessité du renseignement d’origine européenne, dans une démarche de création et de renforcement d’un appareil sécuritaire cohérent pour l’Union européenne. En plaçant le SITCEN/INTCEN au cœur de notre réflexion, nous avons souhaité montrer que la production de renseignement fusionné européen et l’examen européen d’une menace étaient possibles. En effet, le renseignement d’origine européenne et l’appréciation autonome de situation reposent majoritairement sur la bonne volonté des services nationaux de renseignement. L’histoire a prouvé, avec la constitution de réseaux informels, que la collaboration est souhaitée depuis longtemps autant que la coopération, en lien avec le refus, presque unanimement partagé au sein des États-membres, de dépendre des États-Unis. La montée en puissance du SITCEN puis son anéantissement à l’occasion de sa transformation en INTCEN ont confirmé que les réticences étaient politiques. Cette évolution illustre la relation tumultueuse entre politique et renseignement.

    Luc Klein, Le contrôle institutionnel de la force armée en démocratie, thèse soutenue en 2016 sous la direction de Éric Maulin, membres du jury : Vincent Cattoir-Jonville (Rapp.), Bruno Daugeron (Rapp.), Olivier Jouanjan      

    L'objectif de cette thèse est de découvrir comment les systèmes démocratiques contemporains appréhendent l'existence en leur sein de la force armée et comment ils parviennent à utiliser cette force armée, tout en respectant leur principe de gouvernement. L'angle adopté est celui de l'histoire des institutions et du droit comparé (principalement Etats-Unis et France). Les deux axes de réflexion sont mobilisés autour de la recherche d’un équilibre à la fois vertical (entre les pouvoirs constitués et la force armée) et horizontal (entre les pouvoirs constitués entre eux par rapport à la force armée).