Xavier Crettiez

Professeur
Science politique.
Faculté de Droit et de Science politique

Centre de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales
  • THESE

    La violence ethno-nationaliste contre l'Etat : les exemples basque et corse, soutenue en 1997 à Paris 1, sous la direction de Philippe Braud 

  • Xavier Crettiez, Jacques de Maillard, Patrick Hassenteufel, Introduction à la science politique: cours illustrés, entraînements, 2e éd., Armand Colin et Cyberlibris, 2024, Portail, 378 p. 

    Xavier Crettiez, Isabelle Sommier, François Audigier (dir.), Violences politiques en France: de 1986 à nos jours, Cairn et Presses de Sciences Po, 2021, Académique, 411 p.  

    Les auteurs ont constitué une base inédite de 6 000 épisodes de violence politique survenus de 1986 à nos jours. Leur approche, quantitative et narrative, portant sur une trentaine d'années, fait tomber nombre de présupposés du débat politico-médiatique. Les actes violents commis au nom d'une cause ne sont pas quantifiés, contrairement à ceux de la délinquance dont les statistiques se voient diffusées régulièrement. Pourtant, les images des violences politiques s'invitent chaque jour dans nos salons : attentats, dégradations d'équipements publics, séquestrations, etc. Prenant froidement le parti des chiffres, les auteurs ont constitué une base inédite de quelque 6 000 épisodes de violence politique survenus de 1986 à nos jours, en les catégorisant selon la nature de la cause défendue : idéologique, indépendantiste, religieuse, professionnelle ou sociétale. Leur approche à la fois quantitative et narrative, portant sur une trentaine d'années, fait tomber nombre de présupposés du débat politico-médiatique. Sans masquer la tragédie des attaques terroristes ni les manifestations émeutières des années récentes, elle nuance l'idée d'un regain de violence politique en France, où le nombre d'atteintes aux personnes est aujourd'hui très inférieur à celui des atteintes aux biens. Elle confirme un net recul de la violence indépendantiste, mais révèle aussi toute la palette d'expressions d'une colère grandissante contre la démocratie représentative

    Xavier Crettiez, Nathalie Duclos, Violences politiques: théories, formes, dynamiques, Armand Colin et Cyberlibris, 2021, Collection U ( Science politique ), 285 p.  

    Guerres, attentats, violences de masse, mouvements de révolte sociale... l'actualité nationale et internationale est fortement marquée par des manifestations de violences politiques, parfois extrêmes, dans un contexte de transformations profondes de l'ordre mondial. Pour comprendre ces phénomènes et les mettre à distance, cet ouvrage propose une grille de lecture des violences politiques en convoquant les apports de la sociologie politique, de l'anthropologie, de l'histoire, des relations internationales et de la psychologie sociale. Il repose sur trois ambitions. La première est académique et cherche à identifier les grands débats théoriques sur le déclenchement et l'irruption des violences politiques. La deuxième est descriptive, passant en revue la variété des formes de la violence, allant du terrorisme à la guerre en passant par les révoltes de rue ou les massacres collectifs. La dernière est analytique et interroge les logiques de l'engagement individuel et collectif ainsi que celles de la sortie de la violence

    Xavier Crettiez, Violence et Nationalisme, Odile Jacob et Cairn, 2021, Hors collection  

    Des révoltes nationalistes en Corse, au Pays basque, en Ulster à l'islamo-nationalisme du Proche-Orient, de l'Afrique des grands lacs aux déchirures ethniques dans les Balkans, des résistances dans le Caucase aux émeutes organisées en Inde, en passant par le nationalisme d'Etat, voici décryptées les logiques qui président à la violence nationaliste. Quelles sont les ambitions cachées des nationalistes violents ? Quête de pouvoir ou foi en la " grandeur nationale " ? Quels sont les facteurs culturels et politiques qui expliquent leur montée et leur succès ? Pour mieux comprendre les conflits contemporains, une analyse profonde et systématique des raisons, des mécanismes et des manifestations de la violence nationaliste.Xavier Crettiez est professeur de science politique àl'université de Versailles-Saint-Quentin. Il a notamment publié La Question corse, Le Silence des armes et La France rebelle

    Xavier Crettiez, Isabelle Sommier (dir.), Les dimensions émotionnelles du politique: chemins de traverse avec Philippe Braud, Presses universitaires de Rennes et OpenEdition, 2019  

    Philippe Braud a marqué de son empreinte intellectuelle plusieurs générations d'étudiants dans les amphithéâtres rennais, de la Sorbonne ou plus récemment de l'Institut d'études politiques de Paris. Dans les cursus de droit, comme dans ceux de science politique, sa pédagogie décomplexée et son approche originale de la discipline ont bousculé les savoirs acquis et ouvert l'auditoire sur une face longtemps tue de la politique. L'État, les partis, le vote, les phénomènes contestataires, les identités collectives sont toujours abordés bien sûr, mais au prisme de l'étude du symbolique comme levier pour parvenir à une sociologie des émotions cherchant systématiquement à dévoiler les ressorts invisibles, masqués ou ignorés, de l'exercice et de l'appréhension de la chose publique. Tel est en effet le credo de cet intellectuel iconoclaste, non maître à penser mais révélateur des impensés, non technicien mais savant curieux, plus intellectuel « touche à tout » que spécialiste austère : le politique est avec lui appréhendé par des chemins de traverse avec les outils du sociologue et non la boussole du psychologue. Ce ne sont pas les âmes qui sont sondées mais les interactions et les logiques de situation, avec leur part de projections, d'ambitions et d'attentes affectives. Les articles réunis dans cet ouvrage, sous la plume d'anciens doctorants ou de compagnons intellectuels de Braud, cherchent tous à rendre un hommage parfois critique à celui qui, avec quelques autres, a cherché avant l'heure à légitimer dans le champ scientifique l'étude des contraintes affectuelles de la vie publique

    Xavier Crettiez, Bilel Ainine, Soldats de Dieu: paroles de djihadistes incarcérés, Éditions de l'Aube et Fondation Jean-Jaurès, 2017, Monde en cours, 163 p. 

    Xavier Crettiez, Romain Sèze (dir.), Saisir les mécanismes de la radicalisation violente: pour une analyse processuelle et biographique des engagements violents, Mission de recherche Droit et Justice, 2017, 150 p. 

    Xavier Crettiez, Isabelle Sommier (dir.), Les dimensions émotionnelles du politique: chemins de traverse avec Philippe Braud, Presses universitaires de Rennes, 2012, Res publica, 358 p.   

    Xavier Crettiez, Les formes de la violence, Cairn et La Découverte, 2011, Repères  

    Alors que les phénomènes de violence paraissent de plus en plus prégnants dans l’actualité quotidienne, cet ouvrage cherche à en comprendre les logiques et à en préciser les limites. Parler de la violence n’a en effet guère de sens tant ce vocable réunit sous un même terme des phénomènes très différents et des manifestations plurielles. L’auteur ambitionne de les passer en revue. Pour autant, il s’agit de mettre à nu les logiques communes d’adhésion à la violence (pourquoi devient-on violent ?), de déroulement des violences (comment s’opère le passage à l’acte ?) et de transformation de ces phénomènes (la violence évolue-t-elle ?). L’État, les contestataires sociaux, les individus délinquants, les opposants politiques : tous utilisent une violence qui, soit exprime une colère et une insatisfaction, soit constitue une ressource politique ou parfois même une identité collective. Même ceux qui répugnent à l’utiliser (dans les régimes démocratiques) usent toujours in fine de la menace de la violence pour conforter leur autorité. S’intéresser à la violence, c’est vouloir comprendre la face sombre de l’activité politique, qui n’en est bien souvent que la traduction civilisée

    Xavier Crettiez (dir.), La culture générale en 20 leçons, Ellipses, 2010, Concours administratifs ( Les mémentos ), 330 p. 

    Xavier Crettiez, Laurent Mucchielli (dir.), Les violences politiques en Europe, Cairn et La Découverte, 2010, Recherches, 336 p.  

    Émeutes, hooliganismes, terrorismes, crimes racistes, crimes d’État… Ces violences sont rarement analysées comme des violences politiques dans le débat public. La notion même de violence politique reste floue. Où commence-t-elle, où s’arrête-t-elle ? Est-elle en recrudescence ou en voie de disparition ? Certains pays européens sont confrontés de longue date à une violence politique organisée. D’autres connaissent des sursauts de violences motivées par des convictions idéologiques, des ressorts identitaires, des mises à l’écart sociales ou des transformations de régime. C’est cette variété de violences politiques ? qu’elles soient de type idéologique, nationaliste, émeutière, ou encore étatique ? qui est analysée dans cet ouvrage. Quinze chercheurs en sciences sociales français et étrangers, soucieux de rendre accessibles leurs observations empiriques, y décryptent pour cela un ensemble de situations : violences islamistes, d’extrême gauche et d’extrême droite, paramilitarisme nord-irlandais, violence de l’ETA ou des groupes clandestins corses, phénomènes émeutiers français et anglais, hooliganisme, évolutions du maintien de l’ordre, violence politique à l’œuvre en période de changement de régime en Europe centrale et orientale, violence des mouvements sociaux

    Xavier Crettiez, Du papier à la biométrie , Cairn et Presses de Sciences Po, 2010, Académique  

    Premier ouvrage français sur “la mise en carte” de l’identité des individus, ses auteurs, spécialistes des questions d’identification des personnes et du nationalisme, abordent le sujet dans ses dimensions socio-historique – de la période absolutiste à Vichy –, internationale – avec les cas de la Russie soviétique ou de l’Angleterre –, et transdisciplinaire. En phase avec les évolutions récentes, plusieurs articles sont consacrés à la biométrie (carte d’identité et visa) et au fichage en réseau. Une analyse du responsable du projet biométrique INES (Identité Nationale Électronique Sécurisée) pour le ministère français de l’Intérieur vient compléter l’étude. Au-delà du bouleversement culturel et légal, les auteurs soulignent les liens étroits entre l’effort d’identification des personnes et la montée de nouvelles menaces pesant sur le territoire des États, dont le terrorisme

    Xavier Crettiez, Les formes de la violence, la Découverte, 2008, Repères ( Sociologie ), 120 p. 

    Xavier Crettiez, Violence et nationalisme, Odile Jacob, 2006, 385 p. 

    Xavier Crettiez, Pierre Piazza (dir.), Du papier à la biométrie: identifier les individus, Sciences po, les presses, 2006, Collection académique, 331 p. 

    Xavier Crettiez, Isabelle Sommier (dir.), La France rebelle, Éd. Michalon, 2006, 697 p. 

    Xavier Crettiez, Isabelle Sommier (dir.), La France rebelle, le grand livre du mois, 2002, 569 p. 

    Xavier Crettiez (dir.), Le terrorisme: violence et politique, La Documentation française, 2001, 88 p. 

    Xavier Crettiez (dir.), L'ethno-nationalisme en Europe occidentale, La Documentation française, 2000, 83 p. 

    Xavier Crettiez, Jérôme Ferret (dir.), Le silence des armes ?: l'Europe à l'épreuve des séparatismes violents, la Documentation française, 1999, La sécurité aujourd'hui, 339 p.   

    Xavier Crettiez, La question corse, Ed. Complexe, 1999, Questions à l'histoire, 261 p.   

    Xavier Crettiez, La violence ethno-nationaliste contre l'Etat: les exemples basque et corse, Atelier national de reproduction des thèses, Université Lille 3, 1999, Lille-thèses 

    Xavier Crettiez, Terrorisme indépendantiste et anti-terrorisme en France, IHESI, 1993, Etudes et recherches, 70 p. 

  • Xavier Crettiez, Nicolas Lebourg, Sèze Romain, « Létalités politiques », in Isabelle Sommier, François Audigier, Xavier Crettiez (dir.), Violences politiques en France. De 1986 à nos jours, Presses de Sciences Po, 2021, pp. 179-188   

    Xavier Crettiez, Isabelle Sommier, François Audigier, « Introduction », Violences politiques en France, Presses de Sciences Po, 2021, pp. 7-25 

    Xavier Crettiez, « Penser la violence avec René Girard », in Guillaume Devin, Guillaume Devin, Michel Hasting (dir.), 10 concepts d’anthropologie en science politique, CNRS Éditions, 2018, pp. 219-241 

  • Xavier Crettiez, « Penser la radicalisation : Une sociologie processuelle des variables de l’engagement violent », Revue française de science politique , 2016, n° 66, pp. 709-727    

    Cet article s’interroge sur la notion très usitée de radicalisation et propose un état des recherches sur ce sujet. À travers des exemples tirés d’expériences diverses de combat, autant islamistes que nationalistes, il pose un regard non essentialiste sur la notion de radicalisation exagérément reliée aux seules études sur l’islamisme jihadiste. Il propose également un modèle d’analyse des phénomènes d’engagement progressif dans la lutte armée, privilégiant une analyse processuelle de l’engagement et une mise en avant de certains facteurs déterminants. Parmi ceux-ci, l’article privilégie une approche sociologique des formes de socialisation et d’adaptation cognitive à la violence, ainsi que psychosociologique, insistant sur les liens entre recours à la violence et rehausse de l’estime de soi.

    Xavier Crettiez, Pierre Piazza, « Iconographies rebelles », 2013  

    Si pour certains les inscriptions murales dans les grandes agglomérations traduisent un simple besoin d’embellir, pour d’autres un désir de subvertir, quelques régions ou pays connaissent un usage nettement plus immédiatement idéologique des façades urbaines. L’iconographie et l’écriture sauvage ont ainsi fleuri lors des printemps arabes, pérennisant une pratique de la contestation que les caméras du monde entier ont subitement mise en lumière . Ailleurs, comme en Irlande du Nord, au Pays Bas...

    Xavier Crettiez, « Récits et cadrages politiques en Euskadi : lectures de l’iconographie abertzale », 2013  

    Une traversée du Pays basque offre assez rapidement à voir les marques de l’existence d’un conflit politique au cœur même d’un paysage d’une douceur peu commune. Ce ne sont pas tant les signes d’une possible militarisation de l’espace public – de moins en moins évidente à partir du début des années 2000 – qui troublent l’observateur, que les inscriptions nombreuses et difficilement compréhensibles qui ornent les murets routiers et les façades des immeubles. Graffitis, affiches, pochoirs, dess...

    Xavier Crettiez, Pierre Piazza, « Sociologie d’une conversation silencieuse », 2013  

    Mener une étude sur le nationalisme contestataire en Corse n’est pas sans présenter de sérieuses difficultés. On pourra parler de terrain glissant ou difficile , selon l’axe que l’on privilégie. Aux problèmes consubstantiels à toute zone de conflit s’ajoutent, concernant le choix d’une analyse du traitement iconographique de ce nationalisme militant, des obstacles d’ordre plus pragmatique qui rendent malaisée l’obtention d’un corpus d’étude . Comment appréhender des traces iconographiques par...

    Xavier Crettiez, « D'un passé aux possibles : Rencontre avec Gérard Lenclud », Vacarme , 2013, n° 64, pp. 158-169    

    Résuméle système politique corse, table ronde avec Gérard Lenclud

    Xavier Crettiez, «  High risk activism  : essai sur le processus de radicalisation violente (première partie) », Pôle Sud , 2011, n° 34, pp. 97-112      

    RésuméDans le précédent numéro de cette revue, nous avons évoqué les facteurs incitatifs de l’engagement, même si la pertinence de critères objectifs (genrés, éducationnels, économiques) pour penser les raisons de l’engagement radical ne convainc pas toujours l’observateur. On leur a associé les incitations prévisibles à l’engagement militant – incitations matérielles de gains escomptés ou symboliques de reconnaissance sociale possible qui, dans une perspective rationnelle, constituent souvent des ressorts déterminant les investissements même les plus radicaux. Nous avons ensuite posé une réflexion sur les mécanismes cognitifs de la radicalisation qui font intervenir aussi bien les représentations idéologiques et culturelles du conflit, fruit de l’expérience vécue des acteurs, que la co-production d’une socialisation propre, primaire lorsque le milieu familial intervient, secondaire lorsque, plus tard, l’organisation modèle fortement les représentations des militants en son sein.

    Xavier Crettiez, « Violences nationalistes au Pays Basque », 2010  

    À propos de : Massey J., ETA. Histoire secrète d’une guerre de cent ans, Paris, Flammarion, 2010, 387 p. Guittet E. P., Antiterrorisme clandestin, antiterrorisme officiel. Chroniques espagnoles de la coopération en Europe, Paris, Athéna, 2010, 153 p. Alors que l’actualité ne cesse d’égrener son lot d’arrestations de militants nationalistes basques et que chaque prise policière est l’occasion d’annoncer la mauvaise santé de l’organisation ETA en même temps que de poser un regard enthousiaste s...

    Xavier Crettiez, « Violence symbolique d'Etat contre violence terroriste basque », 1999 

    Xavier Crettiez, « La mise en scène de la violence politique à travers les conférences de presse du FLNC », 1993  

    Tenter d'analyser le phénomène des conférences de presse du FLNC, c'est s'introduire dans ce qui fait peut-être la spécificité de la violence politique en Corse : une auto-limitation évidente de la violence physique et une sur-représentation - qu'on pourrait qualifier à tort de folklorique - de la violence symbolique théâtralisée. A l'inverse des autres mouvements terroristes à vocation nationale ou indépendantiste, tels que l'ETA, Iparetarak ou l'IRA, le FLNC fait preuve d'une agressivité to...

  • Xavier Crettiez, Sèze Romain, Saisir les mécanismes de la radicalisation violente : pour une analyse processuelle et biographique des engagements violents Rapport de recherche pour la Mission de recherche Droit et Justice, 2017   

  • Xavier Crettiez, Isabelle Sommier, François Audigier, Glossaire, Presses de Sciences Po, 2021, pp. 391-397 

Actualités Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Céleste Dangaly, La montée en puissance de l'ultra-droite en France , thèse en cours depuis 2023  

    En 1997, l'Abbé Pierre écrivait dans Mémoire d'un croyant : « Aujourd'hui avec la montée préoccupante de l'extrême-droite et des racismes, j'ai le sentiment que nous sommes déjà en guerre ». Le terme d' « ultra-droite », depuis la réforme des renseignements généraux à la fin des années 1980, est utilisé pour désigner des groupes susceptibles de porter atteinte à l'ordre public, de commettre des actions illégales, violentes, voire armées. Depuis l'attentat de la rue Copernic le 3 octobre 1980, on assiste à une montée de la radicalisation de l'ultra-droite, illustrée par une notable augmentation des crimes et délits ; augmentation qui, si elle reste modérée depuis le début du XXIème siècle, connaît un accroissement spectaculaire depuis 2012 (triplement des actes constatés), et surtout depuis les attentats de 2015. Cette nouvelle visibilité de la mouvance ultra-droite tend à confirmer son potentiel réel à commettre aujourd'hui des actions violentes qui, depuis les années 1970, semblaient davantage l'apanage de l'ultra-gauche, notamment avec les « Brigades rouges » en Italie, la « Fraction armée rouge » en Allemagne, ou encore « Action directe » en France. En quête de repères, les membres des mouvements d'ultra-droite, recherchant une cohésion au travers de codes partagés ou d'actions subversives qui leur sont propres, semblent désormais prêts à franchir un cap : l'embrasement d'une France fracturée n'est désormais plus une hypothèse. Ainsi, la prise du Congrès américain par des militants pro-Trump le 6 janvier 2021 a contribué à renforcer certaines théories complotistes présentes dans l'hexagone et a conduit à une porosité notable entre les mouvements étrangers et français. L'imprévisibilité des possibles actions de l'ultra-droite, fondée sur de multiples discours, doit désormais inquiéter. En effet, en France, cette mouvance est polymorphe, allant de la participation de certains éléments aux manifestations de Gilets Jaunes à la constitution de groupuscules violents capables de projeter des actions à caractère terroriste. Ce constat conduit à s'interroger sur les points suivants : Quelle est la finalité des mouvements constituant l'ultra-droite ? Leur tendance au repli sur soi, voire au séparatisme, apparaît découler d'une volonté de vivre en marge d'une société estimée moribonde. A long terme, leur volonté est l'instauration d'un ordre nouveau, dont la défense de la race blanche n'est que l'un des aspects. Quels sont leurs moyens d'action ? Avec les passages à l'acte imprévisibles, notamment par des « loups solitaires », terme récemment popularisé et improprement utilisé par les médias, ces mouvements posent d'importantes difficultés d'identification par le renseignement. La présente recherche doit permettre de mieux cerner le réel niveau de dangerosité de cette mouvance et les risques qu'il fait courir à l'ordre public en France : D'un côté, les fragilités et les faiblesses de ces mouvements sont évidentes : effectifs peu nombreux, courants divisés et opaques, donnant l'image d'une nébuleuse fragmentée. De l'autre, leur potentiel est certain : cohésion de leur corpus idéologique (idéologie violente, xénophobe, raciste, antisémite, révisionniste, conservatrice, néofasciste, islamophobe, royaliste…), avec une évolution marquée vers le néopopulisme (« ultra-jaunes »). Le morcellement des mouvements est compensé par une haine commune de la mondialisation, une fixation sur l'immigration, une culture de la méfiance et de la clandestinité. La force de l'idéologie particulièrement belliqueuse de l'ultra-droite doit servir, dans cette étude, de vecteur d'analyse afin de répondre à la question posée, dans un contexte sécuritaire complexe, accumulant les sources et types de dangers auxquels est exposée la population.

    Louise Dalibert, Les retraits de la vie politique : un regard décalé sur la professionnalisation de la vie politique, thèse soutenue en 2022 à Nantes Université en co-direction avec Arnauld Leclerc, membres du jury : Didier Demazière (Rapp.), Sébastien Michon (Rapp.), Florence Haegel  

    Les retraits de la vie politique n’ont guère été abordés dans la littérature scientifique française du fait d’une idée force sous-jacente selon laquelle « on ne quitte pas la vie politique ». En effet, les rétributions conférées par le métier politique (en termes de statut, de pouvoir d’agir, de gains économiques) dissuaderaient nécessairement les élus de se retirer volontairement de leurs mandats et dans le même temps, les retraits « involontaires » de la politique seraient également rares (du fait notamment de la pratique répandue du cumul des mandats). Cette enquête s’appuie sur une étude quantitative et qualitative d’un corpus d’élus français : les députés (élus entre 1997 et 2017), les maires de grandes villes (1977-2020) et les ministres (1995-2017) qui ont quitté leurs mandats électifs (soit au total 1279 acteurs). Elle entend aborder la question de la professionnalisation des activités politiques sous l’angle du processus de sortie. Ainsi, si les contraintes naturelles (le décès, la maladie, la vieillesse) causent environ un tiers des retraits, c’est la défaite qui constitue le premier motif de retrait de la vie politique (35%). Les élus sont parfois également contraints de renoncer à leurs mandats lorsqu’ils sont empêtrés dans des scandales (6,5%). Plus contrintuitives, les sorties peuvent également émaner de décisions apparemment volontaires des acteurs (25%) : lorsqu’ils sont nommés à un emploi public, pour se reconvertir professionnellement ou bien tout simplement pour se consacrer à leur retraite. Les contraintes liées à la difficile conciliation entre vie politique et vie familiale ainsi que les considérations financières sont également des éléments qui peuvent peser dans les décisions des acteurs. Cette thèse s’intéresse également aux nouvelles activités principales des anciens élus (leurs « vies d’après »). Si deux tiers des sortants optent pour la retraite, un tiers se reconvertit professionnellement. Ces circulations permettent ainsi de nuancer le caractère clos du monde politique et invitent à penser de nouvelles formes de circulation des élites. L’étude des sorties vient ainsi questionner l’analyse du métier politique en montrant d’abord que les retraits sont un objet d’étude en tant que tel et qu’ils progressent durant notre période. En effet, les retraits involontaires augmentent (notamment du fait de la combinaison des alternances à la pratique relativement récente du non-cumul des mandats) tout comme les retraits volontaires (retraites et reconversions professionnelles notamment). Au final, longtemps assimilé à un « engagement total » à forte dimension vocationnelle, le métier politique tend à se professionnaliser au sens de sa banalisation et de sa normalisation progressive.

    Tiffen Le gall, La stratégie de communication du groupe État Islamique, sociologie d'un discours guerrier et violent de propagande et de sa réception par le droit pénal français, thèse soutenue en 2022 à CY Cergy Paris Université, membres du jury : Laurent Bonelli (Rapp.), Nathalie Duclos (Rapp.), Olivier Cahn et Gilles Ferragu  

    Dans le sillage du groupe djihadiste Etat Islamique, un discours de propagande à la fois sophistiqué, violent et séduisant, pluri-supports et plurilingue, a investi largement le web 2.0, pour recruter des partisans partout dans le monde, et terroriser les ennemis de l’organisation. Face aux chiffres des départs de français vers la zone irako-syrienne, puis à la vague d’attentats sur le territoire, le droit pénal a dû s’adapter dans l’urgence pour venir endiguer ce phénomène relativement nouveau. Le droit s’était également saisi dans des termes proches mais non identiques de la propagande anarchiste au XIXème siècle.La problématique tournera autour de la compréhension du terme propagande, et de sa réappropriation par l'organisation terroriste djihadiste État Islamique. Elle se penchera sur la compréhension de ce discours, de ses acteurs et de son succès pour terroriser et recruter, afin de comprendre comment la réponse pénale s'est construite en opposition à ce phénomène. On cherchera à comprendre comment le droit tente d'endiguer ce discours par la prévention et la sanction, en créant et durcissant les infractions relatives à la consultation et à la diffusion de la propagande djihadiste, et comment la justice l'utilise pour condamner les aspirants djihadistes. On s’interrogera sur la participation de cette justice à la construction de ce que la doctrine appelle un droit pénal de l'ennemi. L'axe principal de la recherche tournera donc autour de la compréhension et l'analyse de ce discours, qui terroriste et recrute, et sa réception du point de vue de la société pénale. Nous analyserons dans un premier temps le discours proposé par l'État Islamique et ses acteurs, afin de comprendre comment celui-ci a émergé, quels sont les moyens mis en place pour le diffuser, mais surtout pour décrypter comment celui-ci parvient à terroriser et recruter. Dans un second temps, nous étudierons les politiques préventives et pénales mises en place pour lutter et endiguer ce phénomène, notamment les sanctions qui s'appliquent aux personnes qui consultent et relaient ces fichiers. Nous nous intéresserons à la manière dont l'émergence d'un discours violent peut contraindre le droit pénal à se saisir dans l'urgence d'un phénomène nouveau en s'appuyant sur un versant avant tout sécuritaire et punitif, préférant placer la sanction en amont de l'infraction. Il apparait que la justice et le droit vont lutter mais aussi utiliser la propagande : on va lutter en créant de nouvelles infractions en lien avec la propagande et sa consultation, sa diffusion, et durcir l'infraction d'apologie du terror isme ; et également l'utiliser à des fins de condamnation durant les procès ; consulter, relayer de la propagande devient un élément à charge mais aussi une infraction à part entière.Mots-clés : propagande, radicalisation, justice pénale, droit pénal de l’ennemi, antiterrorisme

    Aurélie Garbay, Démocratie(s), transition et lutte contre le terrorisme : le cas basque saisi par le droit, thèse soutenue en 2019 à Université ParisSaclay ComUE sous la direction de Carlos Miguel Pimentel, membres du jury : Amane Gogorza (Rapp.), Xabier Itçaina (Rapp.), Thibaut Charles Fleury et Philippe Lauvaux  

    Pour les sociétés démocratiques, le terrorisme représente une menace exceptionnelle. Exceptionnelle, d’abord, parce qu’un Etat n’est pas face à une menace traditionnelle telle qu’une déclaration de guerre adressée par un autre Etat. Exceptionnelle ensuite parce parfois – souvent dans le cadre du terrorisme basque –, elle implique ses propres citoyens. Exceptionnelle, enfin, parce que pour aussi extraordinaire que soit cette menace, les éléments précédents imposent à la Démocratie de se protéger avec les armes mises en place dans des circonstances ordinaires, par des procédures ordinaires, contre des menaces ordinaires. Il s’agit ici de la contradiction fondamentale qui apparaît à l’étude des appareils mis en place par des Etats démocratiques afin de se protéger contre le terrorisme.Dans cette perspective, l’étude du cas basque présente des singularités appelant à s’interroger sur les effets du terrorisme sur la construction de la démocratie. La lutte contre le terrorisme basque est en effet née dans le cadre d’un Etat dictatorial qui n’a pas hésité à user de tous les moyens contre cet ennemi. Elle s’est poursuivie alors que l’Etat Espagnol opérait une transition vers la Démocratie, et a perduré au-delà, alors que nombre d’indicateurs tendent à valider le caractère démocratique de son nouveau régime. La question qui se pose alors est de savoir dans quelle mesure la permanence d’une lutte contre un ennemi sur lequel les changements de régime n’ont eu que peu de prise a influencé la perception de cet opposant et les moyens internes et de coopération interétatique mis en œuvre pour lui faire face.

    Bilel Ainine, Islam politique et entrée en radicalité violente. Le cas des salafistes radicaux violents algériens, thèse soutenue en 2016 à Université ParisSaclay ComUE, membres du jury : Nathalie Duclos (Rapp.), Gilles Dorronsoro (Rapp.), Luis Martinez et Emmanuel Blanchard  

    Résumé : Cette thèse s’intéresse à la question de la radicalisation violente chez les salafistes algériens. Elle tente de comprendre comment s’effectue le glissement d’un militantisme (ou d’une sympathie) en faveur d’un islam politique légal, vers un activisme clandestin versé dans l’action violente sous le seau du djihad armé. Saisir le cheminement de cette entrée en radicalité, nous amène d’abord à réfléchir sur la radicalisation de la pensée religieuse comme première étape du processus étudié. L’engagement au profit du djihad est ensuite tributaire d’une construction (ou reconstruction) identitaire fondée sur un renversement moral de l’ordre socioreligieux établi. Les représentationsqui en émanent sont le produit d’une socialisation de l’individu à une pensée radicalisée qui, lorsqu’elle est combinée à d’autres variables facilitatrices ou incitatrices, le prédispose à passer à l’acte. Ainsi, au niveau macro, les opportunités/menaces agissent comme des facteurs facilitateurs ou précipitateurs dans l’engagement armé ; la répression et la fermeture du champ politique sont à ce titre, les variables les plus redondantes dans l’explication de l’entrée en radicalité chez les salafistes algériens. Au niveau méso et micro, l’influence des réseaux préconstitués (organisations armées, réseaux de soutiens logistiques…) et des liens sociaux (amis, voisins, famille…) pèse lourdement sur le choix de l’engagement collectif et individuel. Enfin, les chocs moraux et les récits mémoriels sur la répression subie peuvent aussi nous éclairer à saisir un certain nombre de trajectoires de radicalisation violente chez les djihadistes algériens

    Jennifer Boirot, Experts psychiatres et crimes sexuels en Europe , thèse soutenue en 2015 à Université ParisSaclay ComUE, membres du jury : Laurie Boussaguet (Rapp.), Martine Kaluszynski (Rapp.), Laurence Dumoulin et Rafael Orellana de Castro  

    Cette étude comparée, à la fois transdisciplinaire et transnationale, permet d’esquisser un portrait de « l’expert psychiatre » européen, mais aussi de mieux comprendre son rôle et les enjeux de sa mission, à chaque stade de la procédure judiciaire (de la phase d’instruction jusqu’au procès, de la réception de la mission à la rédaction du rapport). L’immersion dans l’univers de travail de l’expert psychiatre (observation d’examen, de rapports, entretiens), dans le quotidien de la Justice (entretiens, observations d’audiences, de dossiers judiciaires), offre une analyse dynamique permettant de saisir au plus près les enjeux liés au rôle de l’expert psychiatre dans le processus pénal et judiciaire autour des affaires de crimes sexuels. Cette porte d’entrée confronte la rigueur juridique des textes qui régulent la procédure pénale à leurs mises en contexte dans la pratique judiciaire. Elle interroge la transformation de la place de l’expert psychiatre dans les politiques pénales, sous l’effet des mutations conceptuelles qui ont affecté l’appréhension de la délinquance sexuelle et du risque de récidive. De la scène judiciaire à l’action publique, émerge une nouvelle figure de l’expert psychiatre sur la scène européenne.

    Mélanie Péclat, Représentations de la déviance fiscale en France du consentement sous contrôle à la concertation citoyenne, thèse soutenue en 2015 à VersaillesSt Quentin en Yvelines en co-direction avec Marc Leroy, membres du jury : Carla Nagels (Rapp.), Alexis Spire (Rapp.), Laurent Mucchielli  

    Cette thèse se fonde sur les résultats d’une enquête sur les représentations de la déviance fiscale construites par l’opinion publique en France et donne une réponse nouvelle à la question du consentement à l’impôt. Mêlant les méthodes quantitatives et qualitatives et se situant au carrefour de la science politique, de la sociologie, de la philosophie et de la psychologie, cette enquête révèle la manière dont la considération des représentations de la déviance fiscale peut conduire à la construction du civisme fiscal. En partant de l’influence des valeurs et des normes sous-jacentes aux représentations des évitements légaux et illégaux de l’impôt sur le comportement du contribuables, cette thèse propose une réflexion sur la nécessité d’un dépassement de l’opposition binaire entre le légal et l’illégal imposée par les réponses administratives et judiciaires aux évitements de l’impôt. Pour être efficace, la lutte contre l’« insécurité fiscale », pensée comme une voie de sortie possible de la crise économique, doit se construire dans et par la réappropriation citoyenne de la question fiscale et dans la défense d’une conception particulière du juste soutenue par un renouvellement du contrat social fiscal.

    Daniel Ventre, Impact de la cyberguerre sur les conflits armés, thèse soutenue en 2014 à VersaillesSt Quentin en Yvelines  

    L’émergence de la société de l’information fut souvent définie comme l’une des variables majeures de l’évolution du système international au cours des dernières décennies. Cette thèse, qui souhaite contribuer aux réflexions sur la guerre et son évolution, s’intéresse à la notion de « cyberguerre », laquelle suggère que l’ère de l’information et la société en réseau ont donné naissance à une nouvelle catégorie de conflit armé, qui se déploie sur un champ de bataille planétaire, le cyberespace, et dépasse le cadre conventionnel du conflit armé interétatique. En analysant les discours sur la cyberguerre, en nous intéressant aux multiples acteurs et aux stratégies de la cyberguerre, nous essayons de comprendre comment les nouvelles technologies de l’information modifient la manière de faire et percevoir la guerre, et plus largement au travers de ces nouvelles capacités guerrières, peuvent contribuer à la transformation des rapports de force internationaux

    Faisal Almejfel, Les Relations franco-saoudiennes après le 11 septembre 2001, thèse soutenue en 2012 à VersaillesSt Quentin en Yvelines  

    Depuis la guerre des Six jours en 1967, et lorsque ses relations avec Washington se détériorent, l’Arabie Saoudite a pour habitude de se rapprocher de Paris. Cela s’est vérifié pendant le crise de la Guerre d’octobre 1973 et celle de l’occupation de la Kaaba en 1979. Mais les attaques du 11 septembre représentent un grand tournant dans l’histoire mondiale, en général, et saoudienne, en particulier. Quel a été l’impact de ces événements sur les relations franco-saoudiennes ? Pendant cette crise, l’alliance avec la France a-t-elle remplacé celle avec les Etats-Unis ? Cette recherche essaie de montrer l’impact du 11 septembre, le rôle de Paris dans son soutien à Riyad pendant cette crise et l’influence de la presse française sur les relations entre Paris et Riyad. Les médias français accusaient l’Arabie Saoudite, entre autres, d’exporter le terrorisme et d’avoir un système d’enseignement cultivant l’extrémisme. Cette recherche examinera, de même, les relations entre les deux pays à la lumière de certains dossiers régionaux, notamment libanais, syrien, irakien et iranien. Enfin, nous aborderons aussi la question des échanges commerciaux, civils et militaires, celle du rôle des élites, des relations personnelles entre les responsables politiques et le dossier de la lutte antiterroriste, des échanges culturels et universitaires

    Dalia Zina Ghanem, Sociologie de la violence extrême en Algérie , thèse soutenue en 2012 à VersaillesSt Quentin en Yvelines  

    La nuit du 22 au 23 septembre 1997 restera à jamais gravée dans la mémoire collective du peuple algérien. L’objet d’une telle recherche, outre le fait de garder en mémoire les atrocités commises par les groupes islamistes armés sur des civils, est de tenter de dévoiler la violence extrême survenue en cette nuit d’automne 1997. Il est question de trouver des explications, tout en restant le plus objectif possible, aux processus qui mènent l’homme à vouloir détruire son semblable. Quelle est la rationalité de cette violence extrême qui a conduit le GIA du djihad au djihadisme, et à la guerre contre les civils ?

  • Maud Benichou Duhil de Benaze, Modélisation hybride de réseaux dans un "champ criminel" : contribution des sciences sociales et d'outils logiciels au renseignement criminel, thèse soutenue en 2023 à Bordeaux 3 sous la direction de Sébastien-Yves Laurent, membres du jury : Gilles Venturini (Rapp.), Olivier Ribaux (Rapp.), Christophe Fagot, Guy Melançon, Jérôme Barlatier, Bruno Pinaud et Gautier Cloix  

    Ce travail, fondamentalement pluridisciplinaire, est une thèse CIFRE, sous la direction de l’Institut de Recherche Montesquieu, financé par l’entreprise Intactile DESIGN et en partenariat avec le Service Central du Renseignement Criminel de la Gendarmerie Nationale.Il a pour objet de proposer une méthodologie d’analyse et de modélisation des réseaux criminels appuyant l’analyste dans son travail et aboutissant à des modèles adaptés aux cas d’usages traités. L’objectif est de permettre de détecter des patterns dans les données afin d’identifier les individus occupant les positions et fonctions clefs au sein d’un réseau donné.Il s’agit d’appréhender et décrypter les réseaux criminels par des connaissances sociologiques, l’expertise des enquêteurs et analystes, ainsi que la combinaison de méthodes de modélisation issues de l’Analyse de Réseaux Sociaux (ARS), de l’analyse criminelle, de la sémantique, de la statistique, ou encore de l’informatique.Le travail consiste en l’analyse, d’un point de vue sociologique et sociométrique, de la structure et du fonctionnement du réseau criminel issu du cas d’usage à disposition, à savoir une enquête de grande envergure sur une organisation de trafic de fonds et de blanchiment en France.La première phase consiste à développer un premier modèle permettant d’extraire du graphe n-modes brut le réseau un-mode de personnes. Dans un deuxième temps, des calculs de sociométrie seront effectués sur le réseau social ainsi obtenu. Enfin, ces résultats seront interprétés et discutés sous le prisme de la théorie du champ social de Bourdieu.L’objectif est de proposer un modèle concret applicable par les analystes criminels sur les données telles qu’elles sont collectées par les enquêteurs.

    Jean-François Lable, Sortie et sortants de prison : une réinsertion déterminée, thèse soutenue en 2015 à Université ParisSaclay ComUE sous la direction de Laurent Mucchielli, membres du jury : Philippe Mary (Rapp.), Jean-Christophe Marcel (Rapp.), Christian Mouhanna, Annie Kensey et Grégory Salle  

    Plus de 80 000 libérations des prisons de France ont été enregistrées chaque année au cours de la dernière décennie. La question du devenir pénal des sortants de prison s’impose dans une réflexion générale sur la récidive et la réinsertion sociale. Un échantillon de la population carcérale a été constituée à partir d’un terrain professionnel afin d’étudier les parcours et les profils sociaux des sortants. Cette recherche, dans une approche quantitative et qualitative, tente de dégager les déterminants sociaux les plus prédictifs de l’évolution du parcours post-carcéral.L’analyse des effets des fins de peines aménagées, et plus généralement les parcours de vie, permet d’isoler un certain nombre de facteurs qui marquent, en tendance, la poursuite d’un parcours pénal. La nature et la qualité du lien social qui caractérise l’individu avant l’incarcération, déterminent la poursuite d’un parcours pénal ou son interruption. Se trouve également réaffirmée la plus forte répression de l’illégalisme populaire (vol, violence, infraction au code de la route), délinquance touchée le plus largement par la récidive, et caractéristique des couches sociales les plus pauvres.

  • Khalyla Aude Coëffic, Les mobilisations du Hezbollah et la cause palestinienne : les raisons évolutives des émotions militantes, thèse soutenue en 2018 à AixMarseille sous la direction de Christophe Traïni, membres du jury : Pénélope Larzillière (Rapp.), Mounia Bennani-Chraïbi, Sabrina Mervin et Myriam Catusse    

    Cette thèse analyse l’évolution des modalités selon lesquelles la cause palestinienne est appréhendée par les partisans du Hezbollah entre 1982 et 2014. L’attention portée aux émotions permet de mieux interroger comment procède le travail constant de (ré)ajustement entre, d’une part les mots d’ordre préconisés par l’organisation, et d’autre part les sens subjectifs des engagements qui résultent de l’histoire personnelle et familiale des membres du Hezbollah. Alors même que la cause palestinienne constitue une thématique de mobilisation classique du Hezbollah libanais, l’observation des partisans de l’organisation à référent chiite, à l’occasion de la guerre de Gaza de l’été 2014, révèlent des émotions entremêlées et diverses. Pour analyser au mieux ces dernières, plusieurs grands registres émotionnels ont été reconstitués, sous une forme « idéaltypique », afin de mieux rendre compte des évolutions qui se manifestent à travers des manières différentes de se rapporter à la cause palestinienne. L’enquête auprès des militants, réalisée aujourd’hui, montre que l’organisation oscille entre ces deux registres émotionnels dont il convenait de retracer la genèse. Chacune des deux parties qui composent ce travail est consacrée à l’étude d’un des registres émotionnels qui constituent les types alternatifs de registres dont disposent aujourd’hui les militants du Hezbollah

    Thomas Ehrhard, Le découpage électoral en France sous la Vème République : entre logiques partisanes et intérêts parlementaires, thèse soutenue en 2014 à Paris 2 sous la direction de Hugues Portelli, membres du jury : Michel Hastings (Rapp.), Ilvo Diamanti, Sylvie Strudel et Jean-Michel De Waele  

    Le découpage électoral est marqué par le mythe du gerrymandering, ou du « charcutage électoral ». Gouvernements et majorités l’utiliseraient dans l’objectif d’établir une carte électorale favorable par la délimitation de circonscriptions visant produire des gains électoraux. Il serait un outil électoraliste utilisé à des fins partisanes. En France, cette perception prédomine notamment en raison du peu de travaux consacrés au découpage électoral qui est, pourtant, un objet important au sein de la littérature politiste internationale. La thèse propose une étude du découpage des circonscriptions législatives sous la Ve République selon deux axes. Le premier, relatif au processus, interroge le rôle et l’action du gouvernement. Grâce à une analyse pluridisciplinaire, il apparaît que le découpeur est soumis à de fortes contraintes, et que les députés y occupent un rôle majeur. Le second porte sur les conséquences des délimitations. Après l’élaboration d’une méthode permettant d’appréhender l’aspect politique des découpages, l’étude empirique – statistique et cartographique – établit que les circonscriptions sont découpées en fonction des députés – sortants –, avant d’être favorables aux partis politiques, ou à la majorité qui y procède. S’il apparaît également que les changements de délimitations ne produisent pas toujours les effets escomptés, ils disposent de conséquences structurelles qui se vérifient sur la compétition électorale. Sous la Ve République, les découpages électoraux peuvent être qualifiés d’interparlementaires et d’intrapartisans. In fine, ni le processus, ni les conséquences des découpages électoraux ne correspondent à sa représentation cognitive classique.

    Johanna María González Mojica, Les FARC et la lutte pour la reconnaissance : aspects symboliques, émotionnels, moraux et identitaires de la violence armée en Colombie, thèse soutenue en 2013 à Bordeaux 4 sous la direction de Thomas Lindemann, membres du jury : David Garibay (Rapp.), Jacques Faget, Olivier Dubos et Nathalie Duclos  

    RESUME en français : La confrontation armée en Colombie se distingue par sa durée, son intensité et sa complexité. L’un des acteurs principaux de cet affrontement est la guérilla des FARC. Leur étude, à partir de la théorie de la reconnaissance d’Axel Honneth, permet de prendre en compte le rôle des besoins de reconnaissance, exprimés par ce groupe et ses membres, dans le développement du conflit. En effet, la violence guérillera plonge ses racines dans des dénis de reconnaissance dans les sphères de l’affection (maltraitance infantile, violence intrafamiliale, exactions des groupes armés), du droit (privation de droits-exclusion) et de la solidarité (indignité-injustice). Les aspects de la lutte pour la reconnaissance, menée par ce mouvement, ont évolué dans le temps, en fonction des interactions avec d’autres acteurs comme le gouvernement colombien et des variables comme le narcotrafic, passant d’une lutte pour l’obtention de la dignité et de l’égalité, à une lutte pour le prestige et l’affirmation d’identités idéalisées.

  • Marion Jacquet-Vaillant, Le mouvement identitaire français : Pour une approche mixte des marges en politique, thèse soutenue en 2021 à Paris 2 sous la direction de Sylvie Strudel, membres du jury : Cécile Leconte (Rapp.), Vincent Martigny (Rapp.), Caterina Froio et Marc Milet  

    Juin 2020. Alors qu’à Paris, place de la République se déroule une manifestation organisée par le Comité Adama, une contre-manifestation s’engage depuis le toit d’un immeuble surplombant la place. Ce sont des militants de Génération identitaire, venus dire « Stop au racisme anti-blanc ». Qu’est-ce que le mouvement identitaire ? Qui sont ceux qui s’y engagent, et pourquoi ? Cette thèse ambitionne de répondre à ces questions grâce à un protocole de recherche mixte croisant observations, entretiens, données quantitatives sur les adhérents et archives. En recourant aux approches organisationnelle, idéelle et sociétale des partis politiques et au cadre théorique des mouvements sociaux, cette thèse analyse les organisations qui structurent ce « monde identitaire », les individus qui y participent et les représentations qui le traversent. Elle contribue ainsi à divers champs de la science politique : organisations politiques, histoire sociale des idées, diffusion des mouvements sociaux, sociologie du militantisme et des pratiques militantes. La thèse interroge les effets de la marginalité sur les organisations et l’engagement politique. Les résultats montrent que la marginalité produit des effets singuliers sur la façon dont les groupes s’organisent, pensent, recrutent et agissent. L’agir des militants identitaires ne se limite pas à la sphère publique, il se prolonge dans la sphère privée, s’actualise au quotidien, envahit la vie, l’être. La thèse soutient que la marginalité peut être considérée comme un stigmate, en tant qu’elle est apparemment dépréciative mais peut être « retournée » par le groupe en un attribut valorisant.

    Galip Emre Yildirim, Sociologie historique de l'Etat turc : une institutionnalisation inachevée, thèse soutenue en 2019 à Université ParisSaclay ComUE sous la direction de Patrice Duran, membres du jury : Benjamin Gourisse (Rapp.), Ronan Hervouet  

    Cette thèse a pour objet d’analyser l’État turc ainsi que les mutations sociopolitiques et économiques que connait son entité sociale. Elle vise à explorer en profondeur ladifficile construction de l’État en Turquie face aux problèmes multiples qui affectent profondémentson développement politique. Qu’est-ce qui fait que l’État ne soit pas parvenu à produire uneintégration politique du territoire suffisamment solide pour qu’elle corresponde au modèle de l’Étatnation ? La question est bel et bien de nature politique et nous conduit à essayer de comprendre etd’expliquer la nature du pouvoir politique turc, autrement dit à saisir et à étudier la réalité et laspécificité de l’ordre politique dont l’État a été le vecteur. Notre enjeu est bien de réfléchir sur l’État,son cadre, sa nature et sa portée. Autrement dit, il s’agit de faire un travail de nature historique quinous amène à examiner la question de l’institutionnalisation dans le cadre d’une sociologie de l’Étatturc qui récapitule le processus de construction spécifique de ce dernier.Cette recherche inclut la genèse de l’État turc, son évolution politique et administrative jusqu’audéveloppement actuel du pays. Pour mieux comprendre cela, il a fallu analyser les mécanismes deconstruction de l’État. La situation actuelle de l’État turc se caractérise clairement par la permanencedes trois points que nous paraissent fondamentaux : l’existence d’une bureaucratie déterminante,l’importance d’un pouvoir charismatique fort et la présence d’une armée qui occupe une placepolitiquement puissante et limite l’action indépendante des gouvernements. Le maintien de ces troisfacteurs a empêché la construction d’un État institutionnalisé doté d’un système politiquedémocratique au sens occidental du terme. On assiste alors à la difficile construction d’un ordrepolitique stable.

    Patrice Toreau, Le renseignement français dans la lutte contre l’islamisme armé de la guerre du Golfe (1990) à l’attentat du Bataclan (2015), thèse soutenue en 2019 à Bordeaux 3 sous la direction de Sébastien-Yves Laurent, membres du jury : Frédéric Ocqueteau (Rapp.), Bertrand Warusfel  

    Bien souvent les médias abordent la question de la lutte antiterroriste contre l’islamiste armé après un attentat ou lors des arrestations opérées par la police. Malgré ces interventions médiatisées pour rassurer la population, la véritable clé de la réussite d’une lutte antiterroriste demeure le renseignement au sens large (prévisionnel, offensif, …) en ne le réduisant pas seulement aux arrestations des terroristes ce qui serait réducteur. Cette recherche est d’autant plus nécessaire que le terrorisme islamiste est en perpétuel mutation autant pour échapper à la destruction que pour mener des attaques surprenantes qui déstabilisent les démocraties. Dans ce contexte les services de renseignement ont opéré une véritable métamorphose pour adapter leurs structures et leurs organisations de travail. En dehors de l’aspect fonctionnel et organisationnel le renseignement cherche sa place entre une justice organisée par un code de procédure pénal et une police qui se trouve écartelée entre un monde judiciaire et administratif. À ce carrefour le renseignement devient un sujet épineux entre des mondes qui ont des objectifs parfois inconciliables : arrêter les terroristes ou attendre pour connaître les réseaux. Cet équilibre est déjà bien instable est amplifié par nos décideurs politiques qui méconnaissent ce monde l’ombre et éprouvent une méfiance historique que ne ressentent pas les services alliés. Or cette méfiance a une réelle influence sur la politique antiterroriste puisque les débats portent sur les formes et les missions des services comme sur leur place dans l’architecture institutionnelle. Ce débat se prolonge dans le domaine des relations internationales puisque pour contrer efficacement ce terrorisme islamiste les services français coopèrent avec leurs homologues alliés qui disposent ou utilisent des méthodes qualifiées d’illégales dans l’Hexagone. Ainsi cette thèse mettra en relief les multiples aspects et spécificités du renseignement français pour s’opposer aux islamistes depuis la guerre du Golfe.

    Jordi Gomez, Coopération transfrontalière et fabrique identitaire : le cas catalan, thèse soutenue en 2015 à Paris 2 sous la direction de Jacques Chevallier, membres du jury : David Giband (Rapp.), François Rangeon (Rapp.), Alain Faure  

    L’intérêt d’une étude portant sur les espaces périphériques européens découle des transformations qui affectent les frontières depuis les années 1980 : alors que l’intensification de flux transnationaux de différentes natures semble les ignorer, la disparition des marques physiques les symbolisant tend à les invisibiliser, et la promotion de politique de coopération au niveau communautaire, à les dépasser. Parmi les zones frontalières, celles qui partagent une histoire commune offre un véritable intérêt heuristique : l’analyse de l’évolution des rapports sociaux, économiques, politiques et institutionnels qu’entretiennent les sociétés frontalières se double d’une interrogation sur la permanence de liens identitaires par-delà la frontière. Dans le département des Pyrénées-Orientales, l’attrait pour la Catalogne se traduit, depuis le début des années 2000, par deux phénomènes concomitants : tandis que les projets de coopération se sont multipliés et diversifiés, des acteurs politiques et sociaux ont entrepris de revivifier le sentiment d’appartenance à la localité. L’étude tend à montrer que l’intensification des interactions n’a pas abouti à l’avènement d’un espace transfrontalier intégré et que les actions identitaires ne semblent pas redessiner le circuit des allégeances territoriales. Tout se passe comme si, au rebours de l’idée préconçue d’une Europe « sans frontières », les limites territoriales jouaient toujours un rôle dans la structuration des représentations et l’orientation des conduites.

    Luc Semal, Militer à l’ombre des catastrophes : contribution à une théorie politique environnementale au prisme des mobilisations de la décroissance et de la transition, thèse soutenue en 2012 à Lille 2 sous la direction de Pierre Mathiot, membres du jury : Andrew Dobson, Michel Hastings, Bruno Villalba et Edwin Zaccaï    

    Au cours des années 2000, deux mobilisations parallèles ont contribué à renouveler le paysage de l’écologie politique : la décroissance en France, et les Transition Towns au Royaume-Uni. Nous proposons une approche comparative internationale de ces deux mouvements, d’abord distincts, mais qui se sont progressivement imbriqués à mesure qu’ils s’internationalisaient. Nous nous intéresserons particulièrement à la dimension catastrophiste de ces deux mouvements, entendue comme un mode de pensée politique fondé sur l’anticipation de ruptures écologiques majeures (pic pétrolier, mais aussi réchauffement climatique ou effondrement écosystémique) qui mettraient fin à la version moderne du projet démocratique. Loin de n’être qu’une posture intellectuelle, le catastrophisme s’incarne dans ces mouvements en des pratiques délibératives expérimentales qui invitent à questionner la temporalité continuiste dans laquelle se conçoit généralement la théorie démocratique. L’étude de ces deux mobilisations vise à nourrir une réflexion d’ordre plus théorique sur les outils dont dispose la science politique pour penser l’insertion des communautés politiques dans leur environnement. En nous appuyant sur les travaux pionniers de la green political theory, nous montrerons qu’une théorie politique environnementale pourrait contribuer à interroger la théorie démocratique en invitant à la réinsérer dans un contexte de déstabilisation écologique globale.

    Julien Fragnon, Le discours antiterroriste : la gestion politique du 11 septembre en France, thèse soutenue en 2009 à Lyon 2 sous la direction de Paul Bacot, membres du jury : Christian Le Bart et Gabriel Périès  

    Les discours politiques sur le terrorisme sont avant tout des discours contre le terrorisme. Pour répondre aux incertitudes produites par un attentat, les responsables politiques poursuivent trois objectifs : mobiliser la population, la rassurer et lui expliquer le problème social en le politisant. La visée mobilisatrice s’effectue à l’aide d’un partage de sentiments et de valeurs communes et de la réprobation de l’ennemi terroriste. Ce discours émotionnel se conjugue à un discours décisionnel qui vise à rassurer la population. Celui-ci s’illustre par la diffusion d’un ethos de maitrise et par la légitimation de la judiciarisation présentée comme une approche équilibrée de la lutte contre le terrorisme. Enfin, les dirigeants intègrent le terrorisme dans un méta-récit susceptible d’expliquer la continuité des réponses politiques depuis les années 1980 et le rattache aux désordres du monde.

    Pascaline Gaborit, La confiance après un conflit civil , thèse soutenue en 2009 à Lille 2 sous la direction de Élise Féron  

    Comment contribuer à la reconstruction sur le long terme des sociétés fortement ébranlées par des conflits sanglants et qui se trouvent dans des périodes de déstructuration/restructuration ? A la fin des conflits civils, les populations qui ont survécu dans des pays dévasté s par la guerre, connaissent un manque de confiance envers les institutions publiques émergentes mais aussi au sein de la société civile et au niveau social ou interpersonnel. Le concept de confiance est un terme transversal kaleidoscopique et polysémique, dont les différents sens peuvent servir d'outil d'analyse des situations de post-conflit (Möllering 2006 ; Khodyakov 2007). C'est aussi un terme transversal au sein des sciences sociales. Dans un contexte de reconstruction et d'instabilité politique, ponctué d'éruption de violences sporadiques ; cette étude cherche à montrer comment la confiance et un paramètre central de compréhension des situations de post-conflit. L'étude va au-delà de la littérature existante en ajoutant des résultats d'enquête de terrain : à savoir 308 entretiens effectués dans les trois pays d'étudiés : le Cambodge, le Mozambique et la Bosnie-Herzégovine. L'étude propose aussi quelques pistes de réflexion sur l'intervention des organisations internationales dans la construction de la paix et de la justice

    Chloé Langeard, Le théâtre des tensions , thèse soutenue en 2007 à Bordeaux 2 sous la direction de Didier Lapeyronnie  

    La croissance des effectifs des professions culturelles, accompagnée du développement de "nouveaux" métiers, attestent de la vitalité d’un secteur pourtant en crise. En effet, depuis vingt ans, cette croissance de l’emploi a surtout profité à une population que l’on nomme les "intermittents du spectacle". Près de 40 000 en 1990, ils sont aujourd’hui plus de 100 000. En partant de l’hétérogénéité socio-économique et professionnelle de cette population, ce travail de recherche tente de saisir la dynamique d’un groupe professionnel à travers le prisme de l’expérience de travail, de l’action collective et de l’engagement individuel. En effet, depuis plus de vingt ans, chaque remise en cause du régime d’indemnisation spécifique, octroyé aux intermittents du spectacle, engendre de fortes mobilisations. Et pour cause, ce dernier agit comme un support individuel et collectif au cœur de leur identité professionnelle. L’État-providence a donc un impact direct sur la structuration de ce groupe professionnel dont l’analyse laisse entrevoir combien les pratiques sociales se sont réappropriées les règlements juridiques pour en donner une signification particulière. Travail et emploi, risque individuel et espace d’autonomie, stratégies défensives et réflexives, protection de l’État et liberté individuelle, expériences individuelles et actions collectives : le conflit social des intermittents du spectacle interroge profondément la société et le groupe lui-même, face à la décomposition des modes de régulation institutionnels tant du point de vue des finalités du système de protection sociale que du point de vue de la représentation politique.