Taoufik Bourgou

Maître de conférences HDR
Science politique.
Faculté de Droit

Francophonie, Mondialisation et Relations Internationales
PUBLICATIONS ENCADREMENT DOCTORAL
  • THESE

    L'Etat et la science sous la Ve République : analyse de l'évolution du modèle français de politique publique, soutenue en 1997 à Lyon 3 sous la direction de Émile-François Callot 

  • Taoufik Bourgou, Mourad Chabbi (dir.), Terrorisme: regards croisés dans l'après-11 septembre, l'Harmattan, 2011, 190 p.   

    Taoufik Bourgou, La gestion de projets de recherches interdisciplinaires: études de cas en sociologie des sciences, Éditions universitaires européennes, 2010 

    Taoufik Bourgou, Politiques du risque, Perspectives juridiques, 2006, Monographies, 217 p.   

  • Taoufik Bourgou, Frédéric Ramel, « Les perceptions de la menace en Méditerranée dans l'après-guerre froide », in Michèle Bacot-Décriaud, Jean-Paul Joubert, Marie-Claude Plantin (dir.), La sécurité internationale d'un siècle à l'autre, Éditions L'Harmattan, 2002, pp. 383-411 

    Taoufik Bourgou, Frédéric Ramel, « La transparence dans le nucléaire français », in Joachim Grewe, Jean-Paul Picaper (dir.), L'atome, une énergie européenne, Jean Picollec Éditeur, 2001 

  • Taoufik Bourgou, « Renseignement et terrorisme en phase de transition politique : le cas de la Tunisie », Sécurité et stratégie , 2015, n° 20, pp. 54-61    

    Restauration de l’état d’urgence, instauration de la peine capitale pour crime terroriste, construction d’un mur à la frontière libyenne : la Tunisie est en guerre contre le terrorisme, contrainte de réorienter de manière significative le projet de réforme et de refondation de son système sécuritaire. Taoufik Bourgou, Maître de conférences en science politique à l’Université de Lyon, explique dans cet article comment la menace terroriste locale et régionale pèse sur l’évolution politique et le type de modèle sécuritaire adopté par la Tunisie. Si jusqu’alors la police nationale tunisienne a été le bras armé de la lutte anti-terroriste, l’auteur note la montée en puissance de l’armée qui compense progressivement son retard et dispose dorénavant d’une agence de renseignement. L’article évoque les contours de la récente loi anti-terroriste adoptée par le Parlement tunisien qui confirme que la lutte contre le terrorisme est érigée au rang de priorité nationale.

    Taoufik Bourgou, « Bibliographie - FICHERA (M.), KREMER (J.) (eds.). - Law and Security in Europe : Reconsidering the Security Constitution », RTDEur. Revue trimestrielle de droit européen, 2014, n°01   

    Taoufik Bourgou, « Une sociologie des pratiques d'exécution de contrats de recherche à partir de l'observation de deux équipes de recherche interdisciplinaires sciences dures - sciences sociales. Contrats de recherche en sciences sociales et conventions tacites d'organis », Marché et organisations , 2011, n° ° 13, pp. 137-196    

    RésuméÀ partir de l’observation de l’exécution de deux programmes de recherche en coopération en sciences sociales et sciences dures, cet article ambitionne de défendre la thèse des limites d’encadrement de l’activité de recherche par des mécanismes contractuels. Ainsi que le défend la sociologie des sciences, à laquelle le présent article se réfère, ce sont les conventions tacites et les arrangements entre acteurs qui tiennent lieu de contrats et de règles de conduite dans le cadre de l’exécution des programmes de recherche. À travers une observation participante de deux équipes, nous avons pu évaluer le poids des conventions et des arrangements dans la conduite des programmes de recherche. Au-delà de cette observation, ce sont les « politiques » disciplinaires et sous-disciplinaires qui seraient explicatives des rapports entre disciplines et entre pairs dans le cadre de projets interdisciplinaires.

Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Valère Llobet, Les acteurs privés de la sécurité, de la défense, du renseignement et de l'influence , thèse en cours depuis 2023  

    Dans le contexte actuel de privatisation de la sécurité, de la défense, du renseignement et de l'influence, une grande variété d'acteurs privés ont émergé. Ces derniers sont devenus, des prestataires incontournables pour les entreprises dans l'ensemble des champs économique : la sécurisation des biens, des personnelles, les risques assurantiels engendrés, l'influence, la communication, protection de la réputation, le renseignement d'affaire, la sécurité de l'information, etc. Pourtant, cette abondance d'entités, et le large spectre d'action de celles-ci, soulèvent de nombreux problématiques aussi bien pour les entreprises qui font appel à ces derniers, qu'aux États qui pourraient être concurrencées dans de nombreux secteurs par ces acteurs privés. L'objectif de cette thèse est de répondre à ces interrogations et de traiter dans la globalité́ l'ensemble de ces acteurs privés en se questionnant sur la nature de ces derniers, leur histoire et leur évolution.

    Guillaume Bonnal, Approches civilisationnelles des relations internationales, thèse en cours depuis 2022  

    Les théories occidentales dites 'civilisationnelles' relativisent le rang de l'Etat en tant qu'acteur des relations internationales face à l'émergence de blocs et projets géopolitiques fondés sur des aspirations identitaires de nature civilisationnelle. La définition d'une civilisation peut se faire à partir d'éléments objectifs tels que la langue, l'histoire, la religion ainsi que plusieurs autres éléments d'auto-identification selon l'un des théoriciens civilisationnels les plus notoires, le géopolitologue américain Samuel Huntington. L'islamisme, en tant que pensée et projet politique, réunit les trois critères objectifs de cette acception et sa nature est fondamentalement civilisationnelle. De surcroît, dans la plus orthodoxe de ses déclinaisons, l'islamisme est hostile par essence au concept d'étaticité et à l'institutionnalisation des sociétés islamiques, ne trouvant de légitimité qu'en une communauté confessionnelle non structurée politiquement et en un ordre juridique coranique directement révélé par Dieu. Cependant, les aspirations expansionnistes inhérentes à la pensée islamiste nécessitent l'élaboration d'une organisation politico-juridique en capacité de fournir à la communauté les moyens de ses ambitions de conquête. Dès lors, rejetant l'Etat, les islamistes doivent relever ce défi en répondant au double enjeu de préservation des prescriptions coraniques au sein du 'monde musulman' et d'expansion idéologique, territoriale, politique, au delà de ce-dernier. Le modèle du califat, déjà éprouvé dans l'histoire de la civilisation islamique et symbolisant un islam glorieux et pur, du temps du prophète puis de ses successeurs directs, constitue dès lors l'ultime objectif de réalisation politique que vise l'ensemble des projets islamistes. Tous les islamismes aspirent à la restauration du califat. Mais tous ne préconisent pas le recours aux mêmes moyens pour y parvenir. En définitive, l'édification d'un nouveau califat ne s'apparenterait-elle pas, paradoxalement, à celle d'un Etat, certes islamique ? L'islamisme dénie-t-il vraiment à l'Etat son rang d'acteur principal des relations internationales ou le repense-t-il au contraire sur un modèle différent, plus puissant et plus susceptible encore de peser dans l'ordre mondial que celui de l'Etat-nation ? Enfin, le recours à l'Etat-nation lui-même, comme modèle d'organisation politique, est-il vraiment 'islamiquement inconcevable' dans le cadre de démarches transitionnelles et expansionnistes. Les réponses à ces questions sont à chercher aussi bien du côté d'une pensée islamiste en fait plurielle que dans les formes d'organisation politique qu'elle a déjà inspirées en pratique dans le monde arabo-musulman et qui participent de facto à l'exercice des relations internationales avec leurs propres ambitions. A travers l'exemple de l'islamisme et de son rapport ambigu à l'Etat, il est ici question de démontrer aussi bien la pertinence des théories civilisationnelles des relations internationales que, paradoxalement, la fragilité des thèses transnationalistes.

    Déborah Sellam, Dés-intégration du Moyen-Orient, thèse en cours depuis 2020  

    Depuis sa création, le Moyen-Orient a toujours été étudié comme un ensemble. Or, cette région artificiellement établie par des puissances étrangères a laissé apparaître des fragilités internes. Ces fragilités intrinsèques sont à l'origine du phénomène de dés-intégration régionale qui pourrait remettre en question les théories classiques d'analyse de la région. De l'échec d'une verticalité étatique à l'illusion d'une horizontalité unificatrice, une autre grille de lecture permettant d'analyser cette région s'impose.

    Ibaa Altalib, L’Union européenne une entité supranationale fonctionnelle, thèse soutenue en 2016 à Lyon, membres du jury : Walid Arbid (Rapp.), Jamil Sayah (Rapp.), Brigitte Vassort-Rousset    

    La qualification de l’Union Européenne d’entité juridique supranationale fonctionnelle, nécessite l’application d’une méthodologie fondée sur deux idées principales: la première idée est celle de la supranationalité européenne; caractéristique qui met l’intégration européenne actuelle dans une phase supérieure des formes de la coopération internationale sans pour autant aboutir à l’intégration totale et la fusion complète, telle que cette forme est représentait par l’Etat fédéral, ceci nous oblige à comparer cette entité aux principales personnes internationales tels que l’Etat fédéral et les organisations internationales. La deuxième idée de notre recherche est la notion de la fonctionnalité et son application dans le cadre de la l’Union Européenne , cette idée sera rapprochée selon les théories de l’intégration européenne, tout en privilégiant la théorie néo fonctionnelle qui selon nous est la plus pertinente dans l’explication du processus d’intégration européen, après nous traitons les aspects d’application de cette idée dans le cadre de l’Union et ses différentes formes dans les fonctions et attributions qui lui sont reconnues. Ainsi que les principes et les notions qui régissent les fonctions de l’Union qui ont donné une spécificité et une originalité à cette entité.

    Ali Mazyad, Les partis libanais et la réforme de l'État au prisme des priorités électorales (1992-2009), thèse soutenue en 2016 à Lyon, membres du jury : Ṭalāl ʿAtrīsī (Rapp.), Walid Arbid (Rapp.), Brigitte Vassort-Rousset et Jamil Sayah    

    L’objectif de cette thèse est double. D’une part, il convient de montrer que la réforme de l’État libanais ne progresse pas depuis l’accord de Taëf. Aujourd’hui, le Liban fait face à un blocage en raison de la controverse opposant les partis et forces politiques du pays autour de cette question. D’autre part, il s’agit d’identifier cette controverse sur la base de leurs priorités électorales et de la légitimité des coalitions qu’ils forment.Dans la première partie, nous avons exploré la structure de la Constitution, l'évolution des relations entre les partis libanais et l’État, et la typologie des partis libanais. À l’issue de cette partie, nous avons présenté les diverses tentatives de réforme effectuées dans les domaines du social, de l’économie, de la justice, de la défense, des relations extérieures et de l'environnement.Dans la deuxième partie, nous avons analysé les programmes électoraux présentés par les partis à l’occasion des élections parlementaires et municipales des années 1993, 1996, 1998, 2000 et 2004. Nous avons accordé une large place au projet porté par le Premier ministre Rafic Hariri, concernant la reconstruction du pays et surtout de Beyrouth après des années de guerre. Les diverses positions des partis envers ce projet ont aussi été récapitulées.Dans la troisième partie, nous avons procédé à une étude comparative des programmes électoraux des partis lors des deux élections parlementaires libanaises de 2005 et 2009. Nous avons vu que la transformation du système partisan ont entraîné des changements en termes de priorités électorales au sein des partis ; d’où l’émergence d’autres conceptions de la réforme de l’État. Dans le dernier chapitre, nous avons proposé une étude de terrain portant sur trois principaux éléments: la participation des jeunes Libanais, leurs visions sur les priorités de la réforme de l’État, et leurs perceptions des forces au pouvoir et des partis politiques dans ce processus de réforme. Enfin, nous avons interviewé des membres et des responsables de partis, afin de cerner leurs points de vue et de déterminer si, selon eux, il existe une solution à la crise que vit l’État libanais. Cette étude nous a permis d’ouvrir des nouvelles voies de recherche pour l’avenir du Liban.

    Mohamed Badine El Yattioui, Les enjeux géostratégiques des programmes publics de Washington à destination de l'Amérique Latine, de George Bush père à George Bush fils (1988-2008), thèse soutenue en 2015 à Lyon 3, membres du jury : Frédéric Massé (Rapp.), Raphaël Porteilla (Rapp.), Brigitte Vassort-Rousset    

    Les relations entre les Etats-Unis et l’Amérique latine entre 1988 et 2008 ont connu de nombreux bouleversements et chambardements. Les nombreuses raisons qui en sont les causes ont été abordées dans cette thèse. Après avoir étudié les enjeux théoriques de leurs relations nous nous sommes demandés si la politique étrangère était une politique publique comme les autres. Suite à une comparaison générale nous avons étudié les spécificités de l’aide publique au développement et le cas d’une théorie promue par George Bush Jr qui est la « diplomatie transformationnelle ». Dans un second temps, nous avons étudié les bouleversements diplomatiques apparus dans un certain nombre de pays de cette région du fait de l’arrivée de gouvernements de gauche. Les pages consacrées aux trois programmes élaborés par Washington dans les années 2000 (MCA, les deux plans Colombie et le Plan Merida) montrent leur originalité mais aussi leur application et leurs résultats mitigés tant du point de vue de l’efficacité, de l’efficience que de la consolidation des relations diplomatiques avec les pays de cette région. Enfin, nous avons décrit et analysé l’importance des enjeux énergétiques avec l’Amérique latine pour les Etats-Unis puis développé les raisons qui les poussent à vouloir constituer la ZLEA. Cela démontre l’imbrication des questions économiques, diplomatiques et sécuritaires pour les décideurs américains.

    Sauvinien Cialidi, La question de l'exploitation énergétique en Méditerranée, thèse en cours depuis 2013 

    Cristèle Bernard, La Construction des indicateurs dans les évaluations des politiques publiques d’aide au développement, thèse soutenue en 2013 à Lyon 3 en co-direction avec Babally Sall, membres du jury : Bernard Labatut (Rapp.)    

    La construction des indicateurs dans les évaluations des politiques publiques en matière d’aide au développement est révélatrice des liens et d’échange que les pays occidentaux et africains entretiennent. De la diversité des méthodes aux négociations des normes requises, la construction des indicateurs devient un enjeu pour défendre les visions politiques des types de développement. Il parait, du point de viue de la science politique nécessaire, de déconstruire les systèmes de domination, d’entrer pleinement la construction des indicateurs dans le champ de la négociation et dans celui du pouvoir. Cette thèse interroge le contenu politique des indicateurs, leur abscence de neutralité vis-à-vis d’un projet politique, d’un rapport à l’Etat et à la politique en général.

    Mohamed Badine EL YATTIOUI, Les enjeux géostratégiques des programmes publics de Washington à destination de l'mérique latine, de Georges Bush père à Georges Bush fils (1988-2008), thèse en cours depuis 2011 

  • Libère Bararunyeretse, La contribution de la "communauté internationale" à la résolution des conflits intra-étatiques en Afrique : le cas de la République Centrafricaine (RCA) de 1960 à nos jours, thèse soutenue en 2021 à Lyon sous la direction de Brigitte Vassort-Rousset, membres du jury : Didier Péclard (Rapp.), Élise Féron et Roger Koussetogue Koudé  

    A l’instar des conflits intraétatiques qui relèvent en tant que tels d’une typologie particulière, l’engagement de la « communauté internationale » dans la résolution de ce genre de conflictualité soulève une série de problématiques singulières. Il en est ainsi des résultats plus que mitigés que son action rencontre, en dépit des moyens importants engagés sur le terrain. Dans le cas spécifique de la République centrafricaine qui sert ici de cas d’étude, élucider cette question passe d’abord par remonter aux origines de sa fondation.Création coloniale s’il en est, il apparaît que dès le départ, « ce pays qui n’existait pas » portait en lui les germes de sa propre destruction. L’économie du débat sur cette importante question a eu pour conséquence un départ manqué lors de son entrée dans le monde moderne. Cette situation en a fait un Etat tout à la fois fragile, faible, et défaillant. Comme pour beaucoup d’autres, il ne doit sa survie qu’à l’aide extérieure qui le garde sous perfusion. Les causes de l’échec de « la communauté internationale » dans la résolution des conflits et des crises qui se succèdent depuis l’accession de la RCA à son indépendance sont également à rechercher dans cette problématique de base. A tous les échelons de la société internationale, les différents acteurs, eux-mêmes pris dans leurs propres contradictions principalement liées à leur quête de la puissance et de l’intérêt national, recourent indistinctement à cet effet aux instruments classiques, voire obsolètes, de la médiation et des opérations de maintien de la paix. L’analyse de ces mécanismes aboutit à la conclusion que sans la volonté des Centrafricains eux-mêmes de bâtir leur « vouloir vivre ensemble » sur des fondements solides, toute action extérieure visant à ramener la paix et la sécurité dans leur pays reste soumise à des limites certaines. Dès lors, « la communauté internationale » devrait chercher avant tout à encourager et appuyer les acteurs intérieurs et non à se substituer à eux.

    Nasim Nekouie Naeenie, Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine culturel matériel en Iran depuis 1997 jusqu'en 2015, thèse soutenue en 2017 à Lyon sous la direction de Jean-Louis Marie, membres du jury : Brigitte Vassort-Rousset (Rapp.), Valérie Colomb  

    La Révolution de 1979 a provoqué en Iran une vague de méfiance à l’égard des autres pays et l’hostilité envers les États-Unis a mis le pays dans une position conflictuelle avec le monde occidental. Avec l’affaire de la prise d’otages en novembre 1979, les relations entre l’Iran, les États-Unis et l’Europe ont été coupées. Tout cela n’a pas été sans conséquences sur la conservation du patrimoine culturel : si Persépolis a échappé à la destruction, en revanche le mausolée de Reza Shah a été complétement détruit par les révolutionnaires. Cependant des démarches effectuées par les spécialistes eurent pour résultat l’enregistrement pour la première fois de trois monuments historiques de l’Iran sur la liste du patrimoine mondial : Tchogha Zanbil près de Suse, Persépolis dans la province de Fars et la place de Naghsh-e-Jahan à Ispahan. Malheureusement, le déclenchement subit de la guerre avec l’Irak n’a pas laissé le temps de mettre en place les mesures de protection et pendant huit ans les sites et les monuments historiques de l’Iran ont subi quantité de dégâts.Après la guerre, jusqu’en 1997, le gouvernement de M. Rafsandjani entreprit de relever les ruines résultant de « la Guerre Imposée ». Mais l’inflation, qui pourtant ne fut à aucun moment supérieure à ce qu’elle avait été pendant « l’époque de la Construction », entraîna peu à peu la dépréciation de la monnaie et l’augmentation des inégalités sociales. Cette situation, qui empira jusqu’au gouvernement de M. Rohani, fit qu’on porta moins d’attention au patrimoine culturel. En fait, après la Révolution de 1979, les biens du patrimoine culturel de l’Iran ont été répartis en deux groupes : ceux qui pouvaient être considérés comme le patrimoine religieux, et ceux qui, antérieurs à la conquête musulmane de la Perse, n’avaient aucun rapport avec la spiritualité musulmane chiite. Les investissements pour la restauration et la protection des monuments du premier groupe n’ont été faits que pour propager le chiisme et dans le but d’influencer de plus en plus l’opinion publique, déjà sensible à la question de la religion et aux miracles des imams chiites. Cependant, bien qu’appartenant à ce groupe, certaines mosquées historiques et des caravansérails n’intéressent pas les organismes culturels du pays, du fait de leur faible rentabilité. En soi, la meilleure solution pour réaliser les plans de sauvegarde des monuments historiques serait la participation de la population, mais l’étude du lien entre la société et le gouvernement montre qu’une telle coopération dépasse largement le seul domaine culturel et prend aujourd’hui en Iran un sens politique.

    Mohamed Alkazagli, La réforme administrative et son rôle dans la construction d'un nouvel État en Lybie, thèse soutenue en 2017 à Université Grenoble Alpes ComUE sous la direction de Jamil Sayah  

    Cette étude est liée à l’Etat libyen qui a témoigné d’une faiblesse et d’une instabilité depuis l’Empire ottoman jusqu’à la chute de Kadhafi, ce qui a entravé tout effort de réforme administrative qui aurait pu être entreprise pour confirmer le concept d’Etat, lequel a toujours connu des difficultés voire une véritable absence. Le pays vit sans Etat depuis la chute de Kadhafi en 2011, bien que la période transitoire soit passée par plusieurs étapes comme l’instauration d’une nouvelle Constitution et des élections en vue de mettre en place les institutions importantes. La thèse expose en outre les différents changements et modifications qu’a connus l’administration, en analysant leurs objectifs et leurs impacts. Les objectifs de l’administration doivent aller dans le sens de ceux de l’Etat et des besoins de la société en général et du citoyen en particulier.La nécessité d'un système de gestion efficace dans l'Etat a entraîné des changements considérables aux plans politique, administratif et social. Parmi les préoccupations inscrites à l'agenda politique depuis la chute du régime de Kadhafi figurent les réformes institutionnelles. Cela s'explique par la nature profondément dégradée qui a caractérisé et caractérise encore les rapports entre l'État et la société libyenne, cette situation résultant, dans la majorité des cas, de la faiblesse des appareils étatiques et des carences d'organisation et d'encadrement qui ont suivi. Il convient cependant de préciser que l'administration publique n'est qu'une sphère de l'État, elle ne saurait donc représenter que l'État administratif. Ainsi, elle doit agir en étroite collaboration avec l'État politique et les instances sociales. Pour ce faire, s'imposent à la fois un enracinement de l'institution dans ses valeurs traditionnelles et son ouverture à la nouvelle gestion publique.Mots-clé : l’Etat, l’administration, les réformes administratives, la centralisation, la décentralisation, l’organisation, la sociologie, la fonction publique, le service public, la société, le pouvoir étatique.

    Mohamed Alkazagli, La réforme administrative et son rôle dans la construction d'un nouvel État en Libye, thèse soutenue en 2017 sous la direction de Jamil Sayah, membres du jury : Walid Arbid (Rapp.), Brigitte Vassort-Rousset    

    Cette étude est liée à l’Etat libyen qui a témoigné d’une faiblesse et d’une instabilité depuis l’Empire ottoman jusqu’à la chute de Kadhafi, ce qui a entravé tout effort de réforme administrative qui aurait pu être entreprise pour confirmer le concept d’Etat, lequel a toujours connu des difficultés voire une véritable absence. Le pays vit sans Etat depuis la chute de Kadhafi en 2011, bien que la période transitoire soit passée par plusieurs étapes comme l’instauration d’une nouvelle Constitution et des élections en vue de mettre en place les institutions importantes. La thèse expose en outre les différents changements et modifications qu’a connus l’administration, en analysant leurs objectifs et leurs impacts. Les objectifs de l’administration doivent aller dans le sens de ceux de l’Etat et des besoins de la société en général et du citoyen en particulier.La nécessité d'un système de gestion efficace dans l'Etat a entraîné des changements considérables aux plans politique, administratif et social. Parmi les préoccupations inscrites à l'agenda politique depuis la chute du régime de Kadhafi figurent les réformes institutionnelles. Cela s'explique par la nature profondément dégradée qui a caractérisé et caractérise encore les rapports entre l'État et la société libyenne, cette situation résultant, dans la majorité des cas, de la faiblesse des appareils étatiques et des carences d'organisation et d'encadrement qui ont suivi. Il convient cependant de préciser que l'administration publique n'est qu'une sphère de l'État, elle ne saurait donc représenter que l'État administratif. Ainsi, elle doit agir en étroite collaboration avec l'État politique et les instances sociales. Pour ce faire, s'imposent à la fois un enracinement de l'institution dans ses valeurs traditionnelles et son ouverture à la nouvelle gestion publique.Mots-clé : l’Etat, l’administration, les réformes administratives, la centralisation, la décentralisation, l’organisation, la sociologie, la fonction publique, le service public, la société, le pouvoir étatique.

    Hanaa Harfoush, Mondialisation et nouvelles techniques de communication : approche sociologique et théorique à partir du cas de la jeunesse Syrienne, thèse soutenue en 2016 à Université Grenoble Alpes ComUE sous la direction de Jacques Barou, membres du jury : Yves Gonzalez-Quijano (Rapp.)  

    L’objet de cette thèse est de s’interroger sur l’accès des jeunes syriens aux nouvelles techniques d’information et de communication et sur les usages qu’ils en ont. Après avoir présenté la Syrie dans ses aspects démographiques, économiques, politiques et culturels et avoir souligné le retard du pays en matière d’accès aux NTIC, le texte aborde les grandes orientations de la sociologie des médias et de la communication et s’efforce de situer le débat entre déterminisme technologique et déterminisme socio-économique en l’inscrivant dans le cadre des efforts d’explication des révoltes arabes des années 2010 et 2011. Après avoir présenté les différentes thèses qui se sont affrontées à ce sujet en particulier à propos du rôle des réseaux socio-numériques simples accélérateurs de la circulation des informations pour les uns ou véritables instruments de la révolte pour les autres, le texte aborde la situation des NTIC en Syrie et l’usage qu’en font les jeunes d’abord à partir des informations quantitatives existantes puis à partir d’une enquête sur un échantillon de jeunes syriens contactés par internet. La thèse analyse leur mode d’accès à internet et aux réseaux sociaux et les usages qu’ils en font ainsi que du téléphone mobile en comparaison avec les médias classiques qu’ils délaissent de plus en plus. Après avoir mis en lumière les difficultés d’accès à internet, le sous équipement du pays en matière d’informatique et de connexion ainsi que les fractures qui existent entre les générations, les sexes et les différentes aires géographiques, la thèse conclue que ce qui attire les jeunes vers les réseaux socio-numériques comme source d’information est lié au discrédit et à la méfiance vis-à-vis des médias classiques contrôlés par le régime ou idéologisés par diverses puissances régionales. Mais dans le contexte de guerre que connaît le pays, les informations circulant sur les réseaux sont de plus en plus idéologisés, reflétant les fractures confessionnelles et ethniques de la société syrienne. Les jeunes en font donc un usage avant tourné vers le divertissement pour oublier la tragique réalité quotidienne.

    Ibrahima Berte, La réforme pénitentiaire au Mali : l'enjeu de la légitimation d'une institution exogène dans une société traditionnelle, thèse soutenue en 2016 à Université Grenoble Alpes ComUE sous la direction de Jean-Charles Froment, membres du jury : Nathalie Merley (Rapp.)    

    A la fin du XIXème siècle, sauf à l’intérieur de quelques garnisons et forts de traite européens de la côte, les prisons étaient méconnues en Afrique. Aujourd’hui, 50 ans après les indépendances, les Etats africains utilisent encore massivement le système pénitentiaire légué par les colonisateurs. Comme le rappellent toujours les prisons surpeuplées, le système carcéral s’étend désormais sur l’ensemble des sociétés au sud du Sahara. Aujourd’hui encore ce réseau architectural colonial n’a point été détruit ni remplacé. Il fournit d’ailleurs la majeure partie des bâtiments utilisés par le régime pénal des Etats contemporains. D’autre part, les arsenaux juridiques utilisés s’inspirent de ceux du système colonial et la prison fait partie d’un ensemble plus vaste d’institutions héritées de la colonisation qui sont toujours fonctionnelles dans ce contexte où la tradition est toujours présente. C’est au regard du surpeuplement des prisons au Mali, des conditions inhumaines d’incarcération et de détention et des textes dépassés et inadaptés qui les régissent que nous avons voulu réfléchir à une possible réforme dont les autorités ont toujours parlé, mais qui n’est jamais faite. Il s’agit, dans les présentes recherches, d’examiner l’histoire sociale, culturelle et politique des arsenaux répressifs apparus au Mali depuis l’esclavage au XIXème siècle jusqu’aux prisons actuelles. Il s’agit d’une tentative de compréhension des aspects intellectuels et philosophiques de la prison et l’enfermement dans la tradition des ethnies et des terroirs du Mali, ce qui nous permettra de réfléchir sur la pratique des institutions coloniales de répression dans la vie quotidienne des populations et d’analyser l’actualité des prisons au quotidien pour voir s’il est possible d’avoir des prisons humanisées reposant sur des concepts de justice traditionnelle d’une part, et d’autre part, sur des normes internationalement reconnues en la matière. Cette recherche vise surtout à comprendre les supports sociologiques d’une réforme des prisons au Mali et à répondre à des questions de légitimité qui cherchent à savoir sur quoi doit reposer la réforme : sur la tradition ou sur la modernité ou sur les deux ? En outre, elle sert à se faire une idée sur la faisabilité d’une réforme et à édifier sur l’utilité sociale de la prison dans une société qui ne l’a pas toujours connu et dont la pauvreté incite à imaginer des solutions novatrices et simples qui visent à donner un mieux vivre aux populations, à toutes les populations aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des centres de détention. L’objectif visé est de contribuer à un projet global de bonne gestion de la société malienne, car les programmes de développement initiés dans nos pays africains, mettent en marge le développement de la vie en prison. Pourtant, en prison, vivent aussi des hommes qui doivent être pris en compte par les Etats dans les programmes, les projets de réforme. C’est là, notre ambition de contribuer aux initiatives pouvant aider à développer le pays, à donner aux populations partout où elles se trouvent, le sens de la vie, la considération, enfin à permettre de cerner la place de la prison dans le vaste chantier de la réforme de l’État. Il s’agit donc de réfléchir au lien entre réforme de l’Etat et réforme de la prison, d’autant plus que la réforme pénitentiaire est transversale et ne peut atteindre la légitimité souhaitée sans toucher à beaucoup d’autres secteurs de la société comme la sécurité, la santé, la pauvreté, l’emploi etc.

    Abdulwahab Elhar, Les relations franco-libyennes entre permanence et instabilité : 1969 - 2011, thèse soutenue en 2016 à Université Grenoble Alpes ComUE sous la direction de Jean Marcou, membres du jury : Enric Olivé i Serret (Rapp.)    

    Durant la période 1969-2011, les relations franco-libyennes ont été affectées par plusieurs facteurs qui ont conduit à leur instabilité. En effet, le régime du colonel Kadhafi marqué par les ambitions hégémoniques de ce dernier dans le monde arabo-musulman et africain ont été au cœur des confrontations avec l’Occident en général, et la France en particulier. La guerre du Tchad, ancienne colonie française sur laquelle Kadhafi avait des visées non dévoilées, illustre ces confrontations où se heurtaient deux visions antagonistes quant à son règlement. Le choc des intérêts avait fini par aboutir à la confrontation militaire. Il y a aussi l’accident de l’avion de l’UTA qui venait détériorer davantage ces relations. Enfin, la question du devenir de la Méditerranée où la France tient toujours à marquer une présence mal perçue par le colonel. D’autres facteurs ont, paradoxalement, créé un climat favorable à la continuité des relations franco-libyennes. Tel est le cas de la neutralité observée par le France à travers son refus de permettre le survol de son espace aérien à des avions américains qui allaient opérer un raid sur la Libye en 1986. Plus tôt, la France eut une attitude équilibrée lors de la guerre de 1967 entre l’Égypte et Israël, ainsi que la guerre d’octobre 1973. On peut à cela ajouter la conclusion du contrat des Mirages entre la France et la Libye en 1970. Ces positions ont d’autant été appréciées par la Libye qu’il existe entre les deux pays des relations dont les enjeux politiques et économiques sont importants. Mais l’instabilité de sa politique extérieure a décrédibilisé le colonel Kadhafi aux yeux du monde, parce qu’il ne respectait pas ses engagements internationaux. Ce qui a fini par jeter un discrédit sur la Libye. Pour redorer son blason, la Libye frappée par l’embargo, avait besoin du soutien de la France, une des puissances européennes et internationales. Quant à la révolution libyenne de février 2011, elle a été saluée par la France qui souhaitait un changement sur la scène politique du pays. Cela explique sa position à la tête des forces internationales qui ont soutenu la révolution et dont l’issue a été l’éviction mortelle du colonel Kadhafi. Mais les conséquences complexes de cette révolution mettent les élites politiques devant des défis majeurs pour la construction du pays. L’avenir des relations entre la France et la Libye dépendront nécessairement du résultat du processus démocratique en cours

  • Elshan Mustafayev, Héritage ottoman et politique étrangère de la Turquie sous les gouvernements AKP, thèse soutenue en 2017 à Lyon sous la direction de Mohamed-Chérif Ferjani, membres du jury : Bayram Balci  

    Cette thèse met en perspective l’influence qu’exerce l’héritage ottoman sur les relations entre la Turquie et les pays régionaux et insiste sur l’importance de cet aspect dans l’analyse de la politique étrangère turque. Les acteurs politiques à forte référence religieuse ont toujours porté un discours glorifiant le passé ottoman. Ils ont développé une relecture romantique de l’histoire ottomane qui, d’un côté, a toujours été en décalage avec les recherches universitaires et le discours officiel en Turquie, et de l’autre, diamétralement opposée à la rhétorique dominante dans les autres anciens territoires ottomans partagés entre une vingtaine de pays. Ce travail de recherche montre que les gouvernements AKP, qui ont des origines idéologiques remontant à ces acteurs, se sont appuyés essentiellement sur la perception nationaliste et religieuse de l’histoire pour développer un discours de réhabilitation de l’héritage ottoman dans leur politique étrangère depuis 2002.

    Adrian Alvarado, La Russie en Arctique occidental : strategies d'Etat et interactions des acteurs, thèse soutenue en 2016 à Lyon sous la direction de Pascal Marchand, membres du jury : Yann Richard (Rapp.), David Cumin  

    Au cours de la première décennie du XXIe siècle l'Arctique a fait l’objet d’une attention croissante de la part des chercheurs, des politiciens et des multinationales. En effet, les problématiques liées au changement climatique, et le regain d’interêt politique et économique des Etats côtiers et non côtiers, a peu à peu fait apparaître cette région comme un endroit stratégique sur l'échiquier des grandes puissances. Depuis 2001, la Fédération de Russie a entrepris plusieurs actions afin de garantir ses intérêts nationaux dans ce qu'elle considère comme l’Arctique russe, un espace qui comprend environ 22600 kilomètres de littoral avec l'océan Arctique. Or, le changement climatique, les développements socio-économiques et les impératifs stratégiques ont conditionné cette politique pour l’Arctique. Les oblasts de Mourmansk et d’Arkhangelsk jouent, de nos jours, un rôle majeur dans la mise en œuvre de la stratégie russe pour la région arctique. Ce travail évaluera donc les défis majeurs de stratégie et de sécurité nationale russes en Arctique occidental au regard des récents changements du modèle politique et économique russe, du rôle émergent d'acteurs privés et étrangers ainsi que des spécificités des régions arctiques et sous-arctiques. Dans une première partie de notre travail nous essayerons de souligner l’importance stratégique et économique de l’Arctique Occidental pour la Fédération de Russie. Une approche historique nous permettra de mieux comprendre le rôle actuel des oblasts de Mourmansk et d’Arkhangelsk tandis que l’analyse de l’évolution démographique, industrielle et commerciale de ces régions nous fera apprécier son potentiel socio-économique. Enfin, une analyse de l’adaptation des industries énergétiques et du complexe militaro-industriel aux marchés internationaux sera entreprise ainsi qu’une évaluation des risques liés au changement climatique et à la pollution industrielle. Dans une deuxième partie, nous analyserons les principales problématiques rencontrés par les acteurs étatiques et privés en Arctique occidental. Afin d’identifier les principaux enjeux, nous avons transposé des théories des relations internationales à la géopolitique (Waltz, Keohane, Putnam). Tout particulièrement, nous utiliserons pour cette analyse les modèles conceptuels de Graham Allison et son approche sur les intérêts nationaux.

    Sarah Ait Hamou, La politique d'arabisation, enjeu multidimensionnel de pouvoir en Algérie : l'exemple du système éducatif de 1962 à 2000, thèse soutenue en 2016 à Lyon sous la direction de Brigitte Vassort-Rousset, membres du jury : Stéphane Valter (Rapp.), Jamil Sayah (Rapp.), Lahouari Addi et Henri-Hassan Sahloul    

    La politique d’arabisation commune aux trois pays du Maghreb,a été beaucoup plus problématique en Algérie.En effet,le cas algérien attire particulièrement l’attention dans la mesure où l’équation sociolinguistique demeure irrésolue. Les récentes évolutions en matière linguistique à l’exemple de la reconnaissance de la langue berbère,Tamazight,comme langue officielle, montrent en effet que la question linguistique n’est pas un acquis, mais aussi que celle-ci est fortement liée au pouvoir politique.C’est dans ce cadre que nous avons choisi d’appréhender la politique d’arabisation algérienne de 1962 à 2000 en tant qu’enjeu multidimensionnel,avec pour exemple l’arabisation du système éducatif algérien afin d’en mesurer les conséquences sur l’ensemble du système algérien.Cette thèse s’articule autour de deux parties.La première partie pose les jalons de la construction de l’Etat algérien,à travers une rétrospective historique allant de l’Algérie précoloniale à l’Algérie contemporaine.Dans cette partie, deux chapitres sont abordés,le premier portant sur la genèse du système politique algérien à travers lequel sont analysés les principes et fondements de l’Etat algérien et sa formation nationale;et le second est consacré à la construction identitaire algérienne autour de la politique d’arabisation et particulièrement de la généralisation de l’utilisation de la langue arabe, et dans lequel a été questionné le rapport entre politique d’arabisation et édification nationale et identitaire.D’autre part, dans une deuxième partie traitant des usages politiques de l’arabisation en Algérie,un premier chapitre empirique a été traité afin de cerner la politique d’arabisation de façon plus pragmatique, notamment à travers son application dans l’enseignement algérien; et enfin dans un second et dernier chapitre,c’est la politique d’arabisation au cœur du pouvoir algérien et la mise en exergue des dynamiques, des enjeux et des luttes de pouvoir que cette politique a fait naître qui sont étudiés. Dans cette perspective, nous nous sommes interrogés sur le rôle et la fonction de la politique d’arabisation dans la construction nationale et étatique algérienne, et plus globalement dans l’édification du système politique algérien. En d’autres termes, il s’agit de déconstruire les liens entre une politique dite linguistique et le pouvoir qui l’a mise en place en retraçant l’évolution historique de la politique d’arabisation algérienne depuis l’indépendance du pays en 1962 jusqu’en 2000.L’on verra ainsi comment cette politique est présentée d’abord comme une politique linguistique, puis comme une politique identitaire et idéologique pour enfin se révéler être une politique de pouvoir et véritable enjeu de luttes entre les différentes factions au pouvoir.Ainsi,d’un point de vue strictement théorique,nous avons utilisé une approche constructiviste, de construction nationale mais aussi identitaire,en nous appuyant sur des théoriciens tels qu’Anthony D.Smith,Ernest Gellner,Benedict Anderson,Adrian Hastings,ou encore Juan Linz. Du point de vue idéologique,la politique d’arabisation relève clairement de l’idéologie arabo-musulmane dans laquelle s’inscrit explicitement l’aile conservatrice du parti unique FLN (Front de libération nationale) qui l’a instaurée.A partir de là,nous avons questionné le rapport de la politique d’arabisation à l’idéologie arabo-musulmane.Ce sont donc tous ces éléments, politiques, idéologiques et identitaires qui donnent naissance à la mise en place d’une succession importante de lois d’arabisations.Parmi elles,la principale est la loi n°91-05 portant généralisation de l’utilisation de la langue arabe qui a connu de nombreux bouleversements.Tout cela montre à quel point,la politique d’arabisation a été un processus lent,discontinu,parfois fragile,mais surtout qu’elle a été davantage au cœur de luttes de pouvoir,en servant ce dernier qu’une politique linguistique à proprement parler servant la langue arabe et la population arabophone.

    Seminakpon Arnaud Houenou, Les nouveaux accords de défense franco-africains et la politique de sécurité de la France, thèse soutenue en 2014 à Lyon 3 sous la direction de Brigitte Vassort-Rousset, membres du jury : Louis Balmond (Rapp.), Jean-François Guilhaudis (Rapp.)    

    Initiée dans les années 1960 avec les indépendances des territoires de l’ancien empire français, la coopération de défense a permis à la France ancienne puissance coloniale de continuer à maintenir son influence en Afrique tout en participant à la construction d’armées nationales africaines autonomes. Malheureusement, certains choix politiques et militaires de la France, les risques d’instrumentalisation d’un engagement strictement bilatéral, ont révélé l’archaïsme des relations France-Afrique et engendré la crise de la coopération. Devenue inadaptée en raison des bouleversements du champ politique international intervenus dans les années 1990 caractérisé par la fin de la bipolarisation, la coopération de défense France-Afrique a souffert de la compétition internationale, de l’adhésion de l’Afrique à la mondialisation et à de nouvelles solidarités internationales, et de la menace terroriste.En souscrivant à l’approche réaliste de sécurité, en considérant la théorie politico-sociologique constructiviste de l’intérêt national défendue par Alexander Wendt d’une part, et le concept de complexe régional de sécurité de Barry Buzan d’autre, cette étude se propose de montrer comment la France met en oeuvre une nouvelle politique de sécurité et de défense sur la base de nouveaux accords de défense en Afrique, continent le plus proche de l’Europe dans un contexte de rupture stratégique avérée et de menace contre la sécurité. Après avoir défini celle-ci dans un contexte régional global, cette étude démontre les stratégies de la France et des puissances internationales dans la gestion des conflits et la prévention des crises en Afrique dans un partenariat qui soit à la fois transparent et efficace.