Guillaume Courty

Professeur
Science politique.

Centre Universitaire de Recherches sur l'Action Publique et le Politique - Épistémologie et Sciences Sociales
  • THESE

    Les routiers : contribution à une sociologie politique des groupes d'intérêt, soutenue en 1993 à Paris 10, sous la direction de Hugues Portelli 

  • Guillaume Courty, Marc Milet (dir.), Les Groupes d'intérêt en France, Classiques Garnier Numérique et Classiques Garnier Numérique, 2023, Classiques Garnier en ligne ( Rencontres ) ( Science politique ), 681 p. 

    Guillaume Courty, Guillaume Devin, La construction européenne, 20100e éd., 2019  

    La construction européenne est le produit d'un processus largement non planifié. Depuis son origine, trois logiques y concourent, tantôt antagonistes, tantôt complémentaires : les stratégies des États, la dynamique propre des institutions et l'organisation des intérêts. Leur interaction donne à la construction européenne son caractère de processus politique inachevé. Ce livre, rédigé par deux spécialistes reconnus, n'est pas un essai. Il est conçu comme un outil pédagogique qui rend accessible les débats actuels et l'état de la recherche sur les dynamiques et les soubresauts de la construction européenne. Le lecteur y trouvera les dernières données sur les institutions, leurs réformes et leurs transformations marquantes. Il pourra aussi y découvrir les théories, analyses et débats qui alimentent la production académique sur l'Union européenne. [Résumé éditeur]

    Guillaume Courty, Julie Gervais, Le lobbying électoral. Groupes en campagne présidentielle (2012), 2016e éd., 2019  

    L'élection présidentielle n’a jamais donné lieu en France à une étude portant sur les acteurs centraux des campagnes électorales que sont les associations, les syndicats, les organisations professionnelles, les collectifs, les ONG ou les think tanks. Tous poursuivent alors un objectif commun : tenter de convaincre les candidats et candidates de l’intérêt d’un projet, d’une cause ou d’une proposition de politique publique. Quelles sont les formes de lobbying à l’œuvre pendant une campagne électorale et comment appréhender leurs effets ? Une équipe de politistes et de sociologues répond à cette question inédite en suivant la campagne présidentielle de 2012 au cœur de la mêlée, dans le quotidien des groupes mobilisés. Loin de la vision légitime de l’élection réduite à un simple affrontement de candidats et de candidates arbitré par le vote et les médias, les enquêtes analysent ici la campagne présidentielle comme un terrain privilégié de l’exercice du lobbying.

    Guillaume Courty, La mobilité dans le système scolaire. Une solution pour la réussite et la démocratisation, 2015e éd., 2019  

    Le système éducatif français a intégré récemment la mobilité dans ses objectifs prioritaires. De nouveaux programmes teintés d'espoir tentent à leur manière de corriger l’immobilisme en enseignant les façons d’aller à l’école, en encourageant la réussite par le changement d’établissement ou les études à l’étranger. Cette « mobilité apprenante », devenue une notion centrale de la politique éducative, est encouragée par le Conseil de l’Union européenne qui veut en faire une réalité à l’horizon 2020. Cet ouvrage propose donc de faire un bilan des différentes facettes que prend la mobilité du collège à l’enseignement supérieur. Cet état des lieux montre que la mobilité est très loin d’être une réalité dans le secondaire comme dans le supérieur. Pour autant, elle profite largement aux plus dotés de ressources et peut avoir des effets négatifs sur les autres. Ce bilan est suivi par l’analyse des effets de ces incitations sur les établissements qui ont été créés pour être proches des élèves ou qui ont tenté l’aventure de l’attractivité. La réflexion se prolonge par des questions importantes. Elles tournent autour des limites spatiales ou sociales que la mobilité apprenante rencontre.

    Guillaume Courty, Le lobbying en France. Invention et normalisation d’une pratique politique, 2018e éd., 2019 

    Guillaume Courty, Guillaume Devin, La construction européenne, 4e éd., Cairn et La Découverte, 2018, Repères, 127 p.  

    La 4ème de couverture indique : "Soixante ans après la signature du traité de Rome, la construction européenne a connu des développements considérables. Toute son histoire a été marquée par des phases de stop and go qui ont rendu son cheminement difficilement prévisible. L'institutionnalisation a servi d'aiguillon au dynamisme des intérêts, mais également à des mouvements de résistance, voire de rejet à l'égard d'une entreprise qui paraissait dotée d'une capacité d'extension continue. C'est cette capacité, déjà contestée depuis que l'opinion publique s'est invitée dans les débats européens à partir des années 1990, qui est aujourd'hui sérieusement mise en doute. La nouvelle édition de ce livre, devenu un classique, offre une introduction pédagogique sur la genèse, le fonctionnement et l'état actuel de la construction européenne. Le lecteur y découvrira ce qui donne à l'aventure européenne son caractère de processus largement non planifié. Il y trouvera également de nombreuses données sur les institutions européennes et leurs acteurs."

    Guillaume Courty, Le lobbying en France: invention et normalisation d'une pratique politique, P.I.E Peter Lang, 2018, La fabrique du politique ( Sociologie de l'action publique ), 401 p.  

    La 4e de couv. indique : "Cet ouvrage, résultat de quinze années d'enquêtes, aborde aussi bien la formation des lobbyistes que les scandales médiatisés. Il souhaite, en cinq temps, dépassionner le débat en apportant des réponses aux questions que se posent les journalistes, les hommes politiques ou les citoyens : "combien sont-ils ?", "sont-ils influents ?", etc. Les cinq temps de l'ouvrage suivent la progression de l'invention du lobbying en France. Le premier revient sur la fabrication d'un problème autour du lobbying dans la vie politique française et explique comment l'équation lobbying/corruption a été inventée. Le deuxième temps permet de comprendre comment les français ont été amenés à parler d'histoires de lobbying alors que le mot ne renvoyait qu'à des phénomènes américains avant les années 1950. Cette conversion ne signifie pas que le lobbying soit admis. Au contraire, le plus souvent, il irrite, énerve et alimente la critique du système politique. Les troisième et quatrième temps portent sur les lobbyistes eux-mêmes et présentent les résultats obtenus grâce aux enquêtes menées sur 717 lobbyistes et 155 cabinets conseil. Cette approche permet de comprendre comment le lobbying est devenu un marché dans la vie politique et comment ces professionnels se concurrencent et s'opposent. Enfin, le dernier temps se confronte à la question la plus difficile : en quoi les lobbyistes sont-ils influents ? A l'heure où la France se dote de la première loi se donnant comme objectif de réguler le lobbying, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur ce phénomène qui n'a, à ce jour, jamais fait l'objet de telles enquêtes."

    Guillaume Courty (dir.), La mobilité dans le système scolaire, Presses universitaires du Septentrion et OpenEdition, 2018  

    Le système éducatif français a intégré récemment la mobilité dans ses objectifs prioritaires. De nouveaux programmes teintés d'espoir tentent à leur manière de corriger l’immobilisme en enseignant les façons d’aller à l’école, en encourageant la réussite par le changement d’établissement ou les études à l’étranger. Cette « mobilité apprenante », devenue une notion centrale de la politique éducative, est encouragée par le Conseil de l’Union européenne qui veut en faire une réalité à l’horizon 2020. Cet ouvrage propose donc de faire un bilan des différentes facettes que prend la mobilité du collège à l’enseignement supérieur. Cet état des lieux montre que la mobilité est très loin d’être une réalité dans le secondaire comme dans le supérieur. Pour autant, elle profite largement aux plus dotés de ressources et peut avoir des effets négatifs sur les autres. Ce bilan est suivi par l’analyse des effets de ces incitations sur les établissements qui ont été créés pour être proches des élèves ou qui ont tenté l’aventure de l’attractivité. La réflexion se prolonge par des questions importantes. Elles tournent autour des limites spatiales ou sociales que la mobilité apprenante rencontre.

    Guillaume Courty, Julie Gervais (dir.), Le lobbying électoral: groupes en campagne présidentielle (2012), Presses universitaires du Septentrion et OpenEdition, 2018, Espaces politiques  

    L'élection présidentielle n’a jamais donné lieu en France à une étude portant sur les acteurs centraux des campagnes électorales que sont les associations, les syndicats, les organisations professionnelles, les collectifs, les ONG ou les think tanks. Tous poursuivent alors un objectif commun : tenter de convaincre les candidats et candidates de l’intérêt d’un projet, d’une cause ou d’une proposition de politique publique. Quelles sont les formes de lobbying à l’œuvre pendant une campagne électorale et comment appréhender leurs effets ? Une équipe de politistes et de sociologues répond à cette question inédite en suivant la campagne présidentielle de 2012 au cœur de la mêlée, dans le quotidien des groupes mobilisés. Loin de la vision légitime de l’élection réduite à un simple affrontement de candidats et de candidates arbitré par le vote et les médias, les enquêtes analysent ici la campagne présidentielle comme un terrain privilégié de l’exercice du lobbying.

    Guillaume Courty, Le lobbying en France: Invention et normalisation d’une pratique politique, P.I.E-Peter Lang S.A., Éditions Scientifiques Internationales, 2017, La Fabrique du politique 

    Guillaume Courty, Julie Gervais (dir.), Le lobbying électoral: groupes en campagne présidentielle (2012), Presses universitaires du Septentrion, 2016, Espaces politiques, 267 p.   

    Guillaume Courty (dir.), La mobilité dans le système scolaire, Presses universitaires du Septentrion, 2015, Espaces politiques, 259 p.  

    Les auteurs dressent le bilan de la politique de la mobilité scolaire, du collège à l'enseignement supérieur. L'état des lieux montre que cette mobilité pourtant prônée est très loin d'être une réalité. Elle profite également à ceux qui sont le plus dotés de ressources et peut, a contrario, avoir des effets négatifs sur les autres. Les auteurs analysent et questionnent les limites spatiales ou sociales qu'elle rencontre.

    Guillaume Courty, Les groupes d'intérêt, Cairn et La Découverte, 2011, Repères  

    Ce livre offre un panorama de la recherche sur l’action des groupes d’intérêt, des groupes de pression ou encore des lobbies. Ces trois notions renvoient à un cadre d’analyse américain élaboré au début du XXe siècle pour penser les relations entre les détenteurs du pouvoir et les représentants des groupes non politiques. Pourtant, les recherches se sont tournées vers d’autres problématiques et d’autres objets (les politiques publiques), laissant des discours pseudo-savants alimenter les rumeurs et faire l’actualité politique. En reformulant des questions oubliées (Qu’est-ce qu’un représentant d’intérêt ? Qui gouverne ?), cet ouvrage aide à comprendre comment les groupes se forment et agissent auprès des pouvoirs publics. Trois espaces politiques servent d’exemples et de terrains de comparaison : les États-Unis, la France et l’Union européenne

    Guillaume Courty, Guillaume Devin, La construction européenne, Cairn et La Découverte, 2011, Repères  

    La construction européenne est le produit d’un processus largement non planifié. Depuis son origine, trois logiques y concourent, tantôt antagonistes, tantôt complémentaires : les stratégies des États, la dynamique propre des institutions et l’organisation des intérêts. Leur interaction donne à la construction européenne son caractère de processus politique inachevé. Ce livre, rédigé par deux spécialistes reconnus, n’est pas un essai. Il est conçu comme un outil pédagogique qui rend accessible les débats actuels et l’état de la recherche sur les dynamiques et les soubresauts de la construction européenne. Le lecteur y trouvera les dernières données sur les institutions, leurs réformes et leurs transformations marquantes. Il pourra aussi y découvrir les théories, analyses et débats qui alimentent la production académique sur l’Union européenne

    Guillaume Courty, Guillaume Devin, La construction européenne, 3e éd., La Découverte, 2010, Repères ( Sciences politiques, droit ), 128 p. 

    Guillaume Courty, Annie Collovald, Les grands problèmes politiques contemporains, l'Étudiant, 2007, Les Guides de l'Etudiant ( Série Connaissance ), 166 p. 

    Guillaume Courty, Les groupes d'intérêt, la Découverte, 2006, Repères ( Sciences politiques. Droit ), 121 p. 

    Guillaume Courty, Annie Collovald, Les grands problèmes politiques contemporains, 4e éd., "L'Étudiant" et Numilog, 2005, Les guides de l'étudiant ( Série Connaissance ), 166 p. 

    Guillaume Courty, Guillaume Devin, La construction européenne, la Découverte, 2005, Repères ( Sciences politiques - Droit ), 125 p. 

    Guillaume Courty (dir.), Le travail de collaboration avec les élus, M. Houdiard, 2005, 312 p. 

    Guillaume Courty, Annie Collovald, Les grands problèmes politiques contemporains, 3e éd., L'étudiant, 2003, Les guides de l'étudiant ( Série Connaissance ), 165 p. 

    Guillaume Courty, Annie Collovald, Les grands problèmes politiques contemporains, L'Etudiant, 2001, Les Guides de l'Etudiant ( Série Connaissance ), 165 p.   

    Guillaume Courty, Guillaume Devin, La construction européenne, Éd. la Découverte, 2001, Repères, 124 p. 

    Guillaume Courty, Annie Collovald, Les grands problèmes politiques contemporains, L'Étudiant, 1999, Les Guides de "L'Étudiant" ( Série Connaissance ), 165 p.   

    Guillaume Courty, Ezra N. Suleiman, L'âge d'or de l'État: une métamorphose annoncée, Éd. du Seuil, 1997, L'Histoire immédiate, 334 p.   

    Guillaume Courty, Guillaume Devin, L'Europe politique, Éd. la Découverte, 1996, Repères, 124 p.   

    Guillaume Courty (dir.), Patrons: représentation des intérets et usages d'une représentation, Presses de la Fondation nationale des sciences politique, 1993, 165 p. 

    Guillaume Courty, Loïc Blondiaux (dir.), En vert et contre tout ?: l'écologie en politique, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1990, 111 p. 

    Guillaume Courty, Thomas Alam, Rafaël Cos, Antonio Delfini, Anne-Cecile Douillet [et alii], Pour une sociologie politique de la nuit, 20170e éd.  

    Ce numéro de Cultures et Conflits invite à une sociologie politique de la nuit, en la considérant comme un temps social qui conditionne certains rapports sociaux et dont la régulation constitue un enjeu d’affrontements politiques. Espace-temps aux frontières indéterminées et mouvantes, la nuit et ses usages sont l’objet d’investissements politiques menés par différents groupes ainsi que par les autorités chargées d’arbitrer entre leurs prétentions et d’ordonner, sinon domestiquer, la vie nocturne. A partir d’analyses portant sur différents contextes politiques et sociaux (France, Russie, Sénégal, Etats-Unis) et sur différentes façons de vivre la nuit (nuit de travail, nuit festive, nuit « à la rue ») ce numéro montre comment la nuit, bien qu’objet d’interventions publiques spécifiques et temps de transgressions, est avant tout un révélateur de l’ordre social et politique.

    Guillaume Courty, Thomas Alam, Rafaël Cos, Antonio Delfini, Anne-Cecile Douillet [et alii], Comment vit un « orchestre sans chef » ? Retour sur une enquête collective, 20160e éd.  

    Cet article restitue les logiques d'une enquête collective autour des « politiques de la nuit » à travers un exercice de réflexivité collective visant à analyser les modalités de construction et de coordination d'un collectif d'une quinzaine de collègues lillois. Qu'il s'agisse de la problématisation, de l'engagement sur le terrain ou de l'écriture des résultats, les dynamiques à l'œuvre sont inséparablement intellectuelles, sociales et organisationnelles. L'article propose donc de comprendre les orientations d'une enquête collective en questionnant l'articulation entre trois dimensions : les spécificités et représentations de l'objet ; les dispositions, surfaces sociales et disponibilités des membres de l'équipe ; la division formelle et informelle du travail de recherche.

  • Guillaume Courty, Marc Milet, Julie Gervais, « Introduction. Un ouvrage collectif surles groupes d’intérêt en France ? Enjeux, états des lieux et perspectives de larecherche en science politique », Les groupes d'intérêt en France, Classiques Garnier, 2023, pp. 281-307   

    Guillaume Courty, « Les lobbys font-ils la loi ? », Ecologies. LE vivant et le social, La Découverte, 2023, pp. 264-271 

    Guillaume Courty, « Les lobbies font-ils la loi ? », in Philippe Boursier (dir.), Clémence Guimont (dir.) (dir.), Écologies : le vivant et le social, La Découverte, 2022, pp. 264-271 

    Guillaume Courty, « Circulation et internationalisation des ‘lobbyistes’. À la recherche des frontières de l’espace des professionnels de l’Europe », EU Affairs Sociologie des lobbyistes européens, Peter Lang, 2022, pp. 65-87 

    Guillaume Courty, « Le porte-parolat des groupes d’intérêt : un duo et une interaction », Le porte-parole. Fondements et métamorphoses d'un rôle politique, Presses universitaires Septentrion, 2022, pp. 227-250 

    Guillaume Courty, « Chap. 12. Les consultants en affaires publiques / lobbying », in Courty, G. (éd.), Milet, M. (éd.) (dir.), Les groupes d’intérêt en France, Garnier Flammarion, 2022 

    Guillaume Courty, J. Gervais, « Chap. 23. Les groupes en campagne et le moment électoral », in Courty G. (éd.), Milet M. (éd.) (dir.), Les groupes d’intérêt en France, Garnier Flammarion, 2022 

    Guillaume Courty, Marc Milet, « Chap. 7. L’encadrement institutionnel des représentants d’intérêt », in Courty G. (éd.), Milet M. (éd.) (dir.), Les groupes d’intérêt en France, Garnier Flammarion, 2022 

    Guillaume Courty, Marc Milet, « Chap. 2. La République contre le lobbying ? Les équivoques de la fabrique d’un contre-modèle français », in Courty G. (éd.), Milet M. (éd.) (dir.), Les groupes d’intérêt en France, Garnier Flammarion, 2022 

    Guillaume Courty, « Le porte-parolat des groupes d’intérêt : un duo et une interaction », in Hayat Samuel, Passard Cédric, Kaciaf Nicolas (dir.), Le porte-parole. Fondements et métamorphoses d’un rôle politique, Presses universitaires du Septentrion, 2022 

    Guillaume Courty, « Théorie générale des représentants d’intérêts », in Kerléo J.-F. (dir.), Le lobbying. Influence, contrôle et légitimité des représentants d’intérêts, LGDJ, 2020, pp. 27-42 

    Guillaume Courty, Stéphane Cadiou, « Les groupes d'intérêt et le pouvoir local : entre l'impensé académique et l'impensable des professionnels », Droit et société, 2019  

    Depuis le milieu des années 1990, l'étude des groupes d'intérêt est redevenue un axe de recherche de la science politique française, indiquant de ce fait une transformation du rapport que les politistes entretiennent à nouveau avec ces objets. L'ambiance du champ politique décrite dans les années 1950 par M. Prélot («on ne parlait que de la pression sur les pouvoirs publics» 1) se retrouve même dans les années 2010 : le « lobbying » a simplement pris la place de la « pression » dans les discours et les analyses. Nous n'en sommes pas pour autant revenus à la possible publication d'un bilan annuel de la recherche 2. Les terrains laissés en friche sont nombreux, parmi lesquels le « local » fait partie des vides sidérants. Pour tenter de comprendre comment la recherche se tourne plus vers Bruxelles que vers une collectivité territoriale, il faut déjà commencer par savoir ce que sont les groupes d'intérêt. Ce sont en effet deux choses que l'on gagne à analyser séparément. D'un côté, c'est un cadre théorique forgé aux États-Unis qui invite à comprendre comment nombre d'organisations se concurrencent pour tenter de faire entrer dans le champ politique leurs idées, informations, conceptions ou valeurs. D'un autre côté, les groupes d'intérêt sont la réalité que l'on observe ainsi, ce continuum d'organisations au nom desquelles des individus, de plus en plus professionnalisés, parlent et ont comme activité d'interagir en continu avec les institutions. La face théorique des groupes d'intérêt amène à s'intéresser au « nomadisme » de cette conception issue des États-Unis 3 pour trouver dans l'appareil d'État français des pourfendeurs ou des adeptes : depuis les années 1950, elle n'a que très peu dépassé les portes de la capitale. L'objectif de ce chapitre est donc d'interroger cette frontière du « local » que la théorie des groupes d'intérêt ne fait que commencer à franchir. La deuxième face, pragmatique, des groupes d'intérêt suggère que le lobbying n'existe pas dans l'espace du pouvoir local car, faute d'acteurs, la thèse de l'influence sur le gouvernement local ne peut être testée. Ce serait congédier un peu facilement toutes les organisations présentes, tous les répertoires d'action que cette théorie invite à explorer. Ce serait également ne pas prêter attention à la pratique centrale que cette théorie étudie : la représentation des intérêts. Analyser les deux faces des groupes d'intérêt permet d'insister sur le fait que cet objet est inséparablement composé des façons de le voir et de le penser et des façons de faire et d'agir des acteurs en présence. D'un côté, les territoires sont investis depuis fort longtemps par des groupements de représentation et de mobilisation des intérêts. De l'autre, les chercheurs, les journalistes ou les militants ont, chacun pour de bonnes mais différentes raisons, rarement tenté de chausser les lunettes permettant de voir ainsi cette face de la réalité 4. Pour comprendre cette relative cécité, il convient de revenir sur certains pans de l'histoire intellectuelle des groupes d'intérêt, mais également sur la morphologie des professionnels de la représentation des intérêts. La conclusion de cette double lecture est que les logiques de formation aux métiers de la représentation des intérêts ont, plus encore que le fonctionnement des institutions, tenu à distance ces acteurs des 1 PRELOT M., Sociologie politique, Paris, Dalloz, 1973, p. 619. 2 Ce bilan est celui produit par MEYNAUD Jean, MEYRIAT Jean, « Les « groupes de pression » en Europe occidentale : état des travaux », Revue française de science politique, vol.9, n°1, 1959, p. 229-246. Il est important de noter que dans son oeuvre imposante sur la question J. Meynaud n'a pratiquement pas abordé les pouvoirs locaux. Dans les deux pages qu'il consacre à la question, il n'évoque que le préfet du fait d'un ouvrage traduit sur la question et mentionne que les actions entreprises sont des « leviers » sur les pouvoirs centraux (Les groupes de pression en France, Paris, Armand Colin, 1958, p. 221-222). 3 COURTY G., Les Groupes d'intérêt, Paris, La Découve

    Guillaume Courty, Olivia Bui-Xuan, « L’institutionnalisation des représentants d’intérêts », 5489c97d-3810-49be-845f-f2a64208eb7b, 2019  

    Ce chapitre n'a pas pour objet les nombreux débats qui se sont tenus autour de la représentation des intérêts. En se portant sur l'institutionnalisation de ceux qui l'exercent, il ne sera pas non plus question de retenir la seule face institutionnelle de la représentation des intérêts avec le CESE 1 au centre. Ces thèmes laissés de côté, le sujet est loin d'être clos. L'objet de cette contribution est de montrer comment un poste particulier de travail dans le champ politique, celui de représentant d'intérêts, a été reconnu et normalisé entre les années 1980 et 2015. Ce poste fera l'objet d'une double attention : une portée sur les logiques de recrutement de ceux qui l'occupent et une sur les effets de ce travail particulier. Avant ces deux parties, un point s'impose pour savoir où en la notion de représentants d'intérêts. On ne peut plus en effet faire l'économie d'un retour réflexif sur ce concept depuis qu'il est devenu la désignation officielle des individus devant s'enregistrer pour pouvoir exercer de l'influence (version européenne depuis le livre vert sur la transparence) ou pour pouvoir entrer dans les locaux parlementaires (version française depuis 2009). Les chercheurs ont en effet maintenant entre les mains un outil conceptuel chargé du sens que les institutions lui ont conféré 2. En passant par les institutions, ce concept a en effet fait l'objet d'une double transformation. Il est désormais focalisé sur ce que la langue politique ordinaire appelle des « lobbyistes », focale qu'il faut rouvrir sur les différentes façons de représenter des intérêts et non sur cette seule acception. Il est également assimilé à des personnes dont on prétend qu'il faut se méfier puisque ces réglementations sont l'objet de codes de bonnes conduites et d'une attention particulière de la part d'organisations pro-transparence qui en publient les avancées. Ne pas faire de morale politique est donc la seconde difficulté que pose cette nouvelle acception.

    Guillaume Courty, Hélène Michel, « Les apports de l’analyse sectorielle à l’étude des milieux d’affaires : le monopole des groupements de transporteurs routiers à Bruxelles », Représenter le patronat européen. Formes d’organisation et modes d’action collective, 2019  

    Ce chapitre sur l'approche sectorielle des groupes d'intérêt souligne que tous les milieux d'affaires ne cadrent pas avec la prime qui leur serait octroyée par le système politique européen. Certains secteurs n'ont pas à leur disposition toutes les pièces du répertoire d'action collective et tous, du fait de leur histoire et des compétences politiques disponibles, ne sont pas légitimes ou actifs dans les mêmes arènes institutionnelles. Cette conclusion ne minore en rien l'efficacité des représentants dominants de ce secteur. Réguler le transport sur route ne peut faire l'économie des groupements transnationaux. Cette " donne " qui court tout au long du XXe siècle produit encore des effets au XXIe.

    Guillaume Courty, « Les groupes d'intérêt font-ils la loi ? », Pluralisme juridique et effectivité du droit économique, 2019  

    Ce Chapitre a pour objectif de présenter ce qu'est la critique néo-pluraliste en insistant sur ces deux apports méconnus : comment et par qui la loi est produite. Il sera également question de préciser que le pluralisme, introduit en France à la fin des années 1950, est également utilisé pour penser l'Union européenne même si le débat n'a ni la même intensité ni la même publicité qu'aux Etats-Unis. En somme, le pluralisme est toujours le mode de pensée ordinaire de la vie politique dont la critique n'a pas réussi à faire réviser certains postulats

    Guillaume Courty, « Mobilité professionnelle et identité », Se déplacer pour se situer. Places en jeu, enjeux de classes, 2019  

    Enquête sur la stigmatisation des routiers qui permet d'explorer une logique particulière de construction de l'identité d'un groupe social : l'invention par les sédentaires des représentations de ceux qui sont au loin. Cette construction exogène de l'identité d'un groupe social, analyse pertinente pour les routiers français, permet, au-delà de ce terrain d'enquête, d'interroger trois logiques identitaires impliquées par l'accroissement des déplacements physiques et sociaux. Comment échapper ici aux représentations vécues là ? Comment ne plus s'identifier là aux stéréotypes en vigueur ici ? Comment se présenter et assumer ici ce qu'on est là ?

    Guillaume Courty, « L'attitude ambivalente à l'égard du lobbying en France et les évolutions perceptibles », Acteurs de la société, 2019  

    La représentation des intérêts en France est-elle ou non favorable au lobbying

    Guillaume Courty, « L'automobilisme et l'État », La mobilité généralisée. Formes et valeurs de la mobilité quotidienne, 2019  

    Qu'est-ce que l'automobilisme? Comme tout "isme" c'est une idéologie, formée pendant les mobilisations inaugurales de l'automobile de la Bourgeoisie urbaine, recontextualisée depuis. Mais, l'automobilisme n'est pas uniquement le produit d'une mobilisation politique ayant présidé à la mise en forme des règles de conduite (Courty, 1992). C'est également une mobilisation inséparablement esthétique (des expositions, des salons, des concours), médiatique (des revues, des journalistes), économique (des entreprises et des ménages), linguistique (un vocabulaire plus ou moins accessible) et scientifique (des ingénieurs qui construisent aux médecins qui auscultent ou soignent).

    Guillaume Courty, Julie Gervais, Jacques Gerstlé, Raul Magni Berton, « L'autre élection présidentielle : les groupes d'intérêt en campagne »: les groupes d'intérêt en campagne, in Jacques Gerstlé et Raul Magni Berton (dir.), 2012 La campagne présidentielle, L'Harmattan - éditions Pepper, 2019, pp. 183-194    

    Une tradition d'analyse américaine permet d'étudier les élections comme des conjonctures où les groupes d'intérêt agissent. A priori cette tradition est étrangère au cas français. Pourtant elle offre un cadre original et stimulant pour comprendre les campagnes électorales. C'est là le pari que nous avons fait pour les élections présidentielles et législatives françaises de 2012. A partir d'une question centrale (comment les groupes d'intérêt français agissent-ils pendant une campagne électorale ?), le protocole d'enquête élaboré ouvre une nouvelle perspective sur les élections françaises. Ce chapitre présente le protocole et les premiers résultats obtenus.

    Guillaume Courty, Hélène Michel, Didier Georgakakis, Jay Rowell, « Interest groups and lobbyists in the European political space: the permanent Eurocrats », European administrative governance series, 2019 

    Guillaume Courty, Marc Milet, Charlotte Halpern, Patrick Hassenteufel, Philippe Zittoun, « Economic interest groups and Policy Analysis in France », Policy analysis in France, 2019 

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, Élisabeth Lambert Abdelgawad, Hélène Michel, « Mobilities », Dictionary of European Actors, 2019 

    Guillaume Courty, Thomas Ehrhard, « L’Europe : un objet de science politique à contre-courant », Vies politiques. Mélanges en l’honneur de Hugues Portelli, 2019 

    Guillaume Courty, Mustapha Mekki, Pierre-Yves Monjal, « Deux leçons de sociologie sur le lobbying. De son invisibilité à son institutionnalisation », Le "lobbying responsable" : info ou intox ?, 2019 

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, Vincent Kaufmann, Emmanuel Ravalet [et alii], « Les mobiles sont-ils tous motiles ? Critiques et propositions sur la mobilité et son capital », Motilité et mobilité : mode d’emploi, 2019 

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, Élisabeth Lambert Abdelgawad, Hélène Michel, « Mobilités », Dictionnaire des acteurs de l'Europe, 2019 

    Guillaume Courty, « Le droit du lobbying en France : perspectives d'évolution depuis La loi Sapin II », in Institut Universitaire Varenne (dir.), Transparence et déontologie parlementaires : bilan et perspectives, 2019   

    Guillaume Courty, « Le droit du lobbying en France : Perspectives d’évolution depuis la loi Sapin II  », in Kerléo J.-F., Lemaire E., Rambaud R. (dir.), Transparence et déontologie parlementaires : bilan et perspective, Institut universitaire Varenne, 2019, pp. 257-262 

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « La coproduction de l’offre politique. Contribution à une sociologie de l’action des représentants d’intérêts dans le champ politique », in Barrault-Stella, Lorenzo, Gaïti, Brigitte, Lehingue, Patrick (dir.), La politique désenchantée. Perspectives sociologiques autour des travaux de Daniel Gaxie, PUR, 2019, pp. 67-86 

    Guillaume Courty, Delphine Placidi-Frot, « Mary Douglas : comprendre les institutions », in Guillaume DEVIN, Michel HASTINGS (dir.) (dir.), Dix concepts d’anthropologie en science politique, CNRS Éditions, 2018     

    Guillaume Courty, « L’Europe : un objet de science politique à contre-courant », Vies politiques. Mélanges en l’honneur de Hugues Portelli, Dalloz, 2018 

    Guillaume Courty, « Le lobbying en France. Entre dénonciation et énonciation d’un problème public », in Cesare Mattina, Frédéric Monier, Olivier Dard, Jens Ivo Engels (dir.), Dénoncer la corruption. Chevaliers blancs, pamphlétaires et promoteurs de la transparence à l’époque contemporaine, Demopolis, 2018, pp. 201-218 

    Guillaume Courty, Marc Milet, « Economic interest groups and Policy Analysis in France », in Halpern, Charlotte, Hassenteufel, Patrick, Zittoun, Philippe (dir.), Policy analysis in France, Policy Press, 2017, pp. 225-242 

    Guillaume Courty, « Les groupes d'intérêt et le pouvoir local : entre l'impensé académique et l'impensable des professionnels », in Stéphane Cadiou (dir.), Gouverner sous pression. La participation des groupes d'intérêt aux affaires territoriales, LGDJ, 2016, pp. 57-70   

    Guillaume Courty, « L'institutionnalisation des représentants d'intérêts », in Olivia Bui-Xuan (dir.), Représentation et représentativité dans les institutions, Institut universitaire Varenne, 2016, pp. 27-41   

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Conclusion La dimension collective de l'élection : des impensés du don électoral au vécu de la campagne en groupe », in Guillaume Courty, Julie Gervais (dir.), Le lobbying électoral. Groupes en campagne (2012), Presses universitaires du Septentrion, 2016, pp. 227-246   

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Chapitre 1 Enquêter sur les groupes en campagne. Quelles leçons de sociologie tirer de la science politique états-unienne ? », in Guillaume Courty, Julie Gervais (dir.), Le lobbying électoral, Groupes en campagne (2012), Presses universitaires du Septentrion, 2016, pp. 49-75   

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Introduction. Le répertoire d'actions électorales des groupes en campagne », in Guillaume Courty, Julie Gervais (dir.), Le lobbying électoral. Groupes en campagne (2012), Presses universitaires du Septentrion, 2016, pp. 17-48   

    Guillaume Courty, « Deux leçons de sociologie sur le lobbying. De son invisibilité à son institutionnalisation », Le Lobbying responsable : info ou intox ?, 2016   

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, « Les mobiles sont-ils tous motiles ? Critiques et propositions sur la mobilité et son capital », in Kaufmann, Vincent, Ravalet, Emmanuel, Dupuit, Élodie (dir.), Motilité et mobilité : mode d’emploi, Alphil-Presses universitaires suisses, 2015, pp. 197-233 

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, « Mobilities », in Lambert Abdelgawad, Élisabeth, Michel, Hélène (dir.), Dictionary of European Actors, Larcier, 2014 

    Guillaume Courty, Hélène Michel, « Interest groups and lobbyists in the European political space: the permanent Eurocrats », in Georgakakis, Didier, Rowell, Jay (dir.), The Field of Eurocracy: mapping EU actors and professionals, Palgrave, 2013, pp. 166-187 

    Guillaume Courty, « Les apports de l’analyse sectorielle à l’étude des milieux d’affaires : le monopole des groupements de transporteurs routiers à Bruxelles »: le monopole des groupements de transporteurs routiers à Bruxelles, in Michel, Hélène (dir.), Représenter le patronat européen. Formes d’organisation et modes d’action collective, PIE – Peter Lang, 2013, pp. 65-91   

    Guillaume Courty, « Les groupes d'intérêt font-ils la loi ? »: Les critiques du pluralisme dans la science politique, Pluralisme juridique et effectivité du droit économique, Larcier, 2011, pp. 205-222   

    Guillaume Courty, « Mobilité professionnelle et identité »: Trois logiques de la construction de la stéréotypée des routiers, Se déplacer pour se situer. Places en jeu, enjeux de classes, Presses universitaires de Rennes, 2011, pp. 107-123   

    Guillaume Courty, « L'attitude ambivalente à l'égard du lobbying en France et les évolutions perceptibles », Lobbying Portraits croisés, Autrement, 2008, pp. 157-165   

    Guillaume Courty, « L'automobilisme et l'État »: Restauration, dévalorisation et mobilisations de l'automobile, La mobilité généralisée. Formes et valeurs de la mobilité quotidienne, Bruylant, 2007, pp. 89-99   

  • Guillaume Courty, « Les groupes d’intérêt dans les campagnes électorales : une omniprésence mal connue », La vie des idées, 2022   

    Guillaume Courty, CANDELA Collectif, Thomas Alam, Rafaël Cos, Antonio Delfini [et alii], « Pour une sociologie politique de la nuit : Introduction », Cultures & conflits, 2020, n°2017  

    Ce numéro de Cultures et Conflits invite à une sociologie politique de la nuit, en la considérant comme un temps social qui conditionne certains rapports sociaux et dont la régulation constitue un enjeu d’affrontements politiques. Espace-temps aux frontières indéterminées et mouvantes, la nuit et ses usages sont l’objet d’investissements politiques menés par différents groupes ainsi que par les autorités chargées d’arbitrer entre leurs prétentions et d’ordonner, sinon domestiquer, la vie nocturne. A partir d’analyses portant sur différents contextes politiques et sociaux (France, Russie, Sénégal, Etats-Unis) et sur différentes façons de vivre la nuit (nuit de travail, nuit festive, nuit « à la rue ») ce numéro montre comment la nuit, bien qu’objet d’interventions publiques spécifiques et temps de transgressions, est avant tout un révélateur de l’ordre social et politique.

    Guillaume Courty, Thomas Alam, Rafaël Cos, Antonio Delfini, Anne-Cecile Douillet [et alii], « Comment vit un orchestre sans chef ? Retour sur une enquête collective », ethnographiques.org, 2019, n°2016-09-01  

    Cet article restitue les logiques d'une enquête collective autour des « politiques de la nuit » à travers un exercice de réflexivité collective visant à analyser les modalités de construction et de coordination d'un collectif d'une quinzaine de collègues lillois. Qu'il s'agisse de la problématisation, de l'engagement sur le terrain ou de l'écriture des résultats, les dynamiques à l'œuvre sont inséparablement intellectuelles, sociales et organisationnelles. L'article propose donc de comprendre les orientations d'une enquête collective en questionnant l'articulation entre trois dimensions : les spécificités et représentations de l'objet ; les dispositions, surfaces sociales et disponibilités des membres de l'équipe ; la division formelle et informelle du travail de recherche.

    Guillaume Courty, « Radiographie du lobbying en France », Diriger en collectivité territoriale, 2019, n°2004  

    Les résultats de l'enquête présentée ici proviennent des recherches coordonnées dans le séminaire de sociologie du lobbying du DESS de Droit de la vie politique de l'université Paris X Nanterre durant l'année 2003-2004.

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Les représentant.e.s d’intérêt et la campagne présidentielle de 2012. Rapports au politique et formes de coopération avec les candidat.e.s », Politix, 2019, n°2016 

    Guillaume Courty, Marc Milet, « La juridicisation du lobbying en France », Politique européenne, 2019, n°2018 

    Guillaume Courty, « Faire voir les routiers », Chaines et métiers du transport, 2019, n°2014-12  

    Les routiers, chauffeurs, artisans comme entrepreneurs ont été les sujets de quelques œuvres de fiction dont le Salaire de la peur est la plus connue en France. En partant d’un corpus de ces œuvres, cet article propose de comprendre comment les artistes, qu’ils soient prédisposés à s’intéresser à ces personnages ou qu’ils soient incités à le faire dans un contexte particulier, utilisent un même dispositif pour rendre leurs héros sensibles : ils les inscrivent dans le social et, précisément, dans ce qu’ils pensent emblématiques des classes populaires. Avec ces œuvres s’observe en fait une autre forme de domination, celle exercée par les dominants culturels (les critiques notamment) qui objectivent les stéréotypes des routiers, classent ces œuvres dans des collections « populaires », commentent et jugent les performances des acteurs comme la cohérence du scénario. De leur côté les représentants des routiers, journalistes et syndicalistes, constatent parfois avec un peu d’amertume que la copie n’est pas l’original qu’ils connaissent et souhaiteraient voir rendus publics. Car en fait ces œuvres jouent un rôle particulier en rendant visibles et sensibles des personnages qui ne le sont pas ou peu. Elles contribuent in fine à faire des routiers ce que leur plus grand nombre ne veulent pas être, ces exemples de la classe ouvrière en mutation.

    Guillaume Courty, « La sociologie politique des groupes d'intérêt et la construction européenne », Fare. Frontières, Acteurs et représentations de l'Europe, 2019, n°2011 

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, « Trois mobilités en une seule ? », EspacesTemps.net, 2019, n°2014  

    À la fois un concept, une croyance collective et diffuse, et une composante de l’idéologie dominante, la mobilité est abordée comme une triple coproduction anonyme dans laquelle sont intervenus, dans le désordre et sans avoir toujours conscience de le faire à dessein, des chercheurs, des artistes et des politiques. Pour objectiver la construction de cette notion, nous proposons de repérer quelques éléments de sa carrière, c’est-à-dire de la suivre à la fois dans les champs qu’elle traverse et les significations qu’elle prend. Et c’est en se focalisant sur sa construction dans le champ scientifique, en lien avec son usage dans le champ politique, que la mobilité apparaît à la fois comme un vecteur idéologique de diffusion d’autres normes et comme l’une des formules de ces normes qui expriment ce qu’est ou devrait être la société.

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Les représentants d’intérêt et la campagne présidentielle de 2012. Rapports au politique et formes de coopération avec les candidats », Politix, 2019, n°2016 

    Guillaume Courty, Simon Borja, « La conduite inégale : le permis de conduire au prisme des sciences sociales », Recherche Transport et Sécurité (RTS), 2019, n°2017 

    Guillaume Courty, « Faire voir les routiers. Les artistes et le dispositif de relégation dans les classes populaires », Travail Emploi Formation (TEF), 2019, n°2014 

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, « Trois mobilités en une seule ? Esquisses d’une construction artistique, intellectuelle et politique d’une notion », https://www.espacestemps.net/articles/trois-mobilites-en-une-seule/, 2019, n°2014-10-14  

    À la fois un concept, une croyance collective et diffuse, et une composante de l’idéologie dominante, la mobilité est abordée comme une triple coproduction anonyme dans laquelle sont intervenus, dans le désordre et sans avoir toujours conscience de le faire à dessein, des chercheurs, des artistes et des politiques. Pour objectiver la construction de cette notion, nous proposons de repérer quelques éléments de sa carrière, c’est-à-dire de la suivre à la fois dans les champs qu’elle traverse et les significations qu’elle prend. Et c’est en se focalisant sur sa construction dans le champ scientifique, en lien avec son usage dans le champ politique, que la mobilité apparaît à la fois comme un vecteur idéologique de diffusion d’autres normes et comme l’une des formules de ces normes qui expriment ce qu’est ou devrait être la société.

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, « Mobilité : la dynamique d’une doxa libérale », Regards sociologiques, 2019, n°2013  

    La « mobilité » ne va plus, depuis qu'elle est inscrite dans le « dictionnaire des idées reçues » de la pensée néolibérale, sans un impressionnant cortège d'injonctions (« soyez mobiles »), d'incantations (« Si vous alliez (ici ou là), vous…») ou de déplora-tions (« Ah s'il-s étai-en-t mobiles, ils… »). Dans le dernier lexique en vigueur, elle s'énonce, se décline, s'ajoute ou résonne aux côtés de la fluidité, de la créativité, de « solutions adaptées », des projets quand il ne s'agit pas de liberté, d'autonomie, d'épa-nouissement ou de dynamisme personnel-s. « La » mobilité accompagne et connote ainsi toute expression de mouvement, que cette dernière concerne des biens (ie : moy-ens de transports collectifs ou individuels), des personnes (ie : étudiants, salariés), des compétences (ie : agilité, ouverture d'esprit), des idées (ie : politiques, scientifiques) ou des informations (ie : média, avoir un « mobile », être en réseaux). Terme récurrent dans un certain nombre de discours, des plus officiels et so-lennels aux plus anodins et quotidiens, la « mobilité » s'est donc imposée sans qu'elle soit pour autant interrogée par ceux qui l'imposent aux autres. Telle une évidence, la notion apparait ainsi, diffuse, comme un principe cardinal, sinon une nécessaire vertu de l'activité humaine en général et de l'organisation de la société contemporaine en particulier. Or, à l'instar d'autres notions à caractère universaliste, la mobilité est le produit d'un « travail de normalisation » 2 qui se manifeste sous diverses formes spéci-fiques lesquelles, lorsque la mobilité est tour à tour « moteur du développement hu-* La mise en avant d'un travail "pluridisciplinaires" tout en valorisant toujours davantage les modes de reconnaissance nominatifs (par rang ou par nom unique) nous incite à préciser que l'ordre alphabétique des auteurs indique, simplement, un travail où ces personnes ont contribué à cet article à part égale, et "au même titre", dans un souci de mettre la recherche collective au fondement des activités scientifiques.

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, « De la valorisation de la mobilité à la domination par la mobilité ou comment la mobilité dit, fait et dispose l’individu », Regards sociologiques, 2019, n°2013  

    L'actuelle « promotion » de la mobilité est autant ambigüe du coté de ses promoteurs qu'elle est diversement vécue et expérimentée par ceux qui doivent l'expérimenter. Il suffit de songer aux dispositifs valorisant la mobilité de certaines catégories sociales soutenus par nombre d'acteurs du champ du pouvoir (des fonctionnaires aux responsables politiques en passant par des associations de citoyens concernés) alors que dans le même temps, d'autres dispositifs ont pour objectifs de limiter les déplacements d'autres catégories, quitte à les stigmatiser quand bien même le nomadisme 2 est au coeur de leur existence (les « gens du voyage » par exemple). Ainsi, aux programmes de mobilité souvent équivoques s'ajoutent des instances chargées de rendre les populations mobiles de plus en plus doctrinaires et rigoristes. Les exemples tirés du monde du travail sont nombreux pour illustrer la manière dont la « mobilité » participe, entre autres, au renforcement des contraintes qui pèsent déjà sur les situations professionnelles et stigmatise toujours davantage le-la travailleur-euse lor-sque « la mobilité » n'est pas acceptée : « peu enclin-e à l'ouverture », « réfractaire », « passé-iste », « peu motivé-e », « paresseux-se », « peu désireux-se de s'investir », « ne sachant pas saisir les opportunités ». À ces mises en cause des salariés 3 s'ajoute le lot des chantages fré-quemment entendus : « Vous pouvez partir, il y a suffisamment de monde derrière vous qui attend », ou encore « vous n'êtes pas très fiable ! ». Ces échanges ordinaires exposent la personne, au travers des valeurs assignées à la mobilité, à une mise en cause éthique ou morale pour avoir rompu la confiance plus ou moins contractuelle du monde du travail ou d'autres sphères de la vie quotidienne. Et lorsque ce n'est pas l'intention (réfractaire) de la personne qui est mise en cause, celle-ci est (fortement) enjointe à se fondre dans le moule * La mise en avant d'un travail "pluridisciplinaires" tout en valorisant toujours davantage les modes de reconnaissance nominatifs (par rang ou par nom unique) nous incite à préciser que l'ordre alphabétique des auteurs indique, simplement, un travail où ces personnes ont contribué à cet article à part égale, et "au même titre", dans un souci de mettre la recherche collective au fondement des activités scientifiques.

    Guillaume Courty, Marc Milet, « Moraliser au nom de la transparence. Genèse et usages de l’encadrement institutionnel du lobbying en France (2004-2017) », Revue française d’administration publique, 2018, n°1, pp. 17-31 

    Guillaume Courty, « Moraliser au nom de la transparence. Genèse et usages de l’encadrement institutionnel du lobbying en France (2004-2017) », Revue française d'administration publique , 2018, n° 165, pp. 17-31    

    RésuméCet article vise à rompre avec une lecture héroïque d’un encadrement juridique du lobbying introduit au sein de l’article 25 de la loi Sapin II du 9 décembre 2016, réduite aux seules pressions des ONG prônant la transparence et aux seuls membres de l’équipe du ministre porteur de la réforme. Il s’agit de montrer dans quelle mesure la fabrique de ce texte procède de l’investissement d’une diversité d’acteurs enrôlés, directement ou indirectement, dans la saisie du lobbying par le droit et s’inscrit dans un processus de résistances à l’élévation du lobbying comme sujet de débat législatif et à sa mise à l’agenda de l’exécutif. C’est un sujet à risque par sa capacité à redéfinir les acteurs impliqués et à dévoiler les règles peu visibles du jeu politique. La sociogenèse de son encadrement montre en premier lieu dans quelle mesure seule l’insertion du lobbying dans la politique plus générale de réassurance de la confiance publique a rendu possible une élévation de traitement au sein de la hiérarchie des normes (des dispositifs réglementaires de 2009 et 2013, à l’adoption d’un dispositif législatif en 2016). Est mis au jour en second lieu dans quelle mesure la loi Sapin II manifeste toute l’ambivalence de la question et du traitement du lobbying en France. Car son insertion au sein d’une loi anti-corruption consacre l’aporie de cette légitimation sociale par le droit : l’association entre lobbying et corruption vaut aussi acceptation du modèle critique et manifeste la persistance des désaccords originaires entre acteurs enrôlés.

    Guillaume Courty, Marc Milet, « La juridicisation du lobbying en France », Politique européenne, 2018, n°3, p. 78 

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, « La conduite inégale : le permis de conduire au prisme des sciences sociales », RTS. Recherche, transports, sécurité, 2017, n°0102, pp. 41-48   

    Guillaume Courty, Thomas Alam, Rafaël Cos, Antonio Delfini, Anne-Cécile Douillet [et alii], « Pour une sociologie politique de la nuit »: Introduction, Cultures & conflits, 2017, n°105106   

    Guillaume Courty, Thomas Alam, Rafaël Cos, Antonio Delfini, Anne-Cécile Douillet [et alii], « Comment vit un orchestre sans chef ? Retour sur une enquête collective », Ethnographiques.org : revue en ligne de sciences humaines et sociales, 2016, n°32   

    Guillaume Courty, « Les représentant.e.s d’intérêt et la campagne présidentielle de 2012. Rapports au politique et formes de coopération avec les candidat.e.s », Politix , 2016, n°  113, pp. 117-139    

    L’élection présidentielle de 2012 a fait l’objet d’un protocole de recherche original visant à observer les pratiques d’agents peu étudiés de l’élection : les représentant.e.s d’intérêt. L’article porte sur les sollicitations que les groupes mobilisés en campagne ont adressées aux candidat.e.s et à leurs équipes (soit des revendications, des invitations, des propositions, des requêtes ou encore des questionnaires). Il en ressort notamment que ce qui préside à la coopération des agents politiques et des représentant.e.s d’intérêt tient avant tout à la position sociale homologue qu’ils détiennent dans leurs espaces respectifs ainsi qu’aux compétences politiques de ces dernier.e.s.

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Les représentant.e.s d’intérêt et la campagne présidentielle de 2012. Rapports au politique et formes de coopération avec les candidat.e.s », Politix, 2016, n°1, pp. 117-139 

    Guillaume Courty, « Faire voir les routiers »: Les artistes et le dispositif de relégation dans les classes populaires, Travail, Emploi, Formation, 2014, n°12, pp. 31-56     

    Guillaume Courty, Simon Borja, Ramadier Thierry, « Trois mobilités en une seule ? »: Esquisses d’une construction artistique, intellectuelle et politique d’une notion, EspacesTemps.net, 2014, pp. ----   

    Guillaume Courty, « Faire voir les routiers. Les artistes et le dispositif de relégation dans les classes populaires », Travail Emploi Formation (TEF), 2014, pp. 31-56 

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, « De la valorisation de la mobilité à la domination par la mobilité ou comment la mobilité dit, fait et dispose l’individu », Regards Sociologiques, 2013, pp. 101-110 

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, « Mobilité : la dynamique d’une doxa libérale », Regards Sociologiques, 2013, n°46, pp. 5-12 

    Guillaume Courty, « La sociologie politique des groupes d'intérêt et la construction européenne », Fare. Frontières, Acteurs et représentations de l'Europe, 2011, n°1, pp. 93-111   

    Guillaume Courty, « Radiographie du lobbying en France », Diriger en collectivité territoriale, 2004, n°7, pp. 53-57   

    Guillaume Courty, « Barrer, filtrer, encombrer : les routiers et l'art de retenir ses semblables », 1993  

    Par trois fois ces huit dernières années, les routiers ont barré les routes de France. En février 1984, novembre 1991 et juillet 1992. Ces mouvements qui étaient à l'origine localisés se sont diffusés sur pratiquement l'ensemble du réseau routier français (et même européen pour 1984). Ces mobilisations posent deux types de problèmes d'analyse. Le premier qui sera développé tout au long de cet article est celui de l'apparition et de la "réussite" de cette technologie particulière d'action coll...

    Guillaume Courty, « Le ministre, les affaires et son portefeuille », 1992, pp. 51-78    

    Le ministre, les affaires et son portefeuille. Guillaume Courty. [51-78]. Comment et par qui sont entendues les causes catégorielles plaidées par des porte-parole d'intérêts économiques ? Répondre à cette question implique de comprendre comment le titulaire du portefeuille des travaux publics évite que sa gestion ne devienne une affaire dans le champ politique. Il doit alors maintenir la distance avec les intérêts qu'il représente, d'une part, en démontrant que son intérêt pour ces intérêts particuliers ne s'explique que par sa vocation d'homme politique et, d'autre part, en utilisant son cabinet, instrument de perception dont les membres sont l'incarnation de ce jugement désintéressé.

    Guillaume Courty, Daniel Boy, Loïc Blondiaux, « Comment devient-on un parti ? », Politix, 1990, n°9, pp. 15-17   

    Guillaume Courty, Daniel Boy, Loïc Blondiaux, « L’électorat écologiste : données de base », Politix, 1990, n°9, pp. 53-00   

    Guillaume Courty, « Le sens unique. La codification des règles de conduite sur route (1894-1922) », 1990, pp. 7-20    

    Courty Guillaume. Le sens unique. La codification des règles de conduite sur route (1894-1922). In: Politix, vol. 3, n°10-11, Deuxième et troisième trimestre 1990. Codification(s) sous la direction de Bastien François et Jean-Philippe Heurtin. pp. 7-20.

    Guillaume Courty, Fitzpatrick S., Le stalinisme au quotidien. La Russie soviétique dans les années 30 - Novick P., L'Holocauste dans la vie américaine, Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2003, pp. 202-208    

    Courty Guillaume. Fitzpatrick S., Le stalinisme au quotidien. La Russie soviétique dans les années 30 - Novick P., L'Holocauste dans la vie américaine. In: Politix, vol. 16, n°63, Troisième trimestre 2003. Fréquentations militantes, sous la direction de Jean-Philippe Heurtin. pp. 202-208.

    Guillaume Courty, Gumperz (John), Engager la conversation. Introduction à la sociolinguistique interactionnelle, Paris, Minuit, 1989., Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1990, pp. 154-156    

    Courty Guillaume. Gumperz (John), Engager la conversation. Introduction à la sociolinguistique interactionnelle, Paris, Minuit, 1989.. In: Politix, vol. 3, n°10-11, Deuxième et troisième trimestre 1990. Codification(s) sous la direction de Bastien François et Jean-Philippe Heurtin. pp. 154-156.

    Guillaume Courty, Berger (P.), Luckmann (T.), La construction sociale de la réalité, Paris, Méridiens Klincksieck, 1986, Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1988, pp. 91-93    

    Courty Guillaume. Berger (P.), Luckmann (T.), La construction sociale de la réalité, Paris, Méridiens Klincksieck, 1986. In: Politix, vol. 1, n°1, Hiver 1988. Mobilisations étudiantes, automne 1986. pp. 91-93.

    Guillaume Courty, Abensour (Miguel), L'esprit des lois sauvages. Pierre Clastres ou une nouvelle anthropologie politique, Paris, Seuil, 1987, Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1988, pp. 88-89    

    Courty Guillaume. Abensour (Miguel), L'esprit des lois sauvages. Pierre Clastres ou une nouvelle anthropologie politique, Paris, Seuil, 1987. In: Politix, vol. 1, n°2, Printemps 1988. Regards sur les organisations politiques. pp. 88-89.

  • Guillaume Courty, « Lobbys et Europe », in Centre de recherche sur les médiations (Crem, Université de Lorraine) (dir.), Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics, 2019, pp. --201903--   

  • Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, Mobilités, Larcier, 2015 

    Guillaume Courty, Les contraintes de l'action politique: retours sur la sociologie des groupes d'intérêt d'entrepreneurs, 2008   

    Guillaume Courty, Pierre Mazeaud, Raymond Forni, Georges Hage, Claude Bartolone [et alii], Au perchoir. Présider la séance à l'Assemblée nationale (entretiens), Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1992, pp. 54-62    

    Mazeaud Pierre, Forni Raymond, Hage Georges, Bartolone Claude, Courty Guillaume, Heurtin Jean-Philippe. Au perchoir. Présider la séance à l'Assemblée nationale (entretiens). In: Politix, vol. 5, n°20, Quatrième trimestre 1992. L'ordre parlementaire, sous la direction de Bastien François, Brigitte Gaïti et Jean-Philippe Heurtin. pp. 54-62.

    Guillaume Courty, Henri Mendras, Jean-Louis Briquet, Observer le changement social, Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1989, pp. 17-20    

    Mendras Henri, Briquet Jean-Louis, Courty Guillaume. Observer le changement social. In: Politix, vol. 2, n°7-8, Octobre-décembre 1989. L'espace du local, sous la direction de Jean-Louis Briquet et Frédéric Sawicki. pp. 17-20.

    Guillaume Courty, Simon Borja, Ramadier Thierry, Victor Lepaux, Passe ton permis d’abord, 2023   

    Guillaume Courty, Les groupes d’intérêt dans les campagnes électorales : une omniprésence mal connue, 2022   

  • Guillaume Courty, « Les groupes d'intérêt en France », le 06 avril 2023  

    Table ronde organisée par le CECP, Université Paris Panthéon-Assas, le CERAPS, le CURAPP et le CERSA

    Guillaume Courty, « Transferts, exports-imports, circulations. Quels paradigmes pour la science politique ? », le 19 décembre 2019  

    Organisé par Cécile Leconte, MCF en science politique HDR à Sciences Po Lille, CERAPS et Guillaume Courty, Pr. de science politique à l'Université de Lille, CERAPS, en partenariat avec le CERAPS et l'Université de Lille

    Guillaume Courty, Collectif CANDELA, Thomas Alam, Rafaël Cos, Antonio Delfini [et alii], « Un orchestre sans chef ? Un exercice de réflexivité collective autour d’une enquête sur les "Politiques de la nuit" », le 29 octobre 2019 

    Guillaume Courty, « Des “hommes de l’ombre”. Comment l’encadrement institutionnel du lobbying en France invisibilise les représentants d’intérêt et leur travail », le 23 octobre 2019 

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « When money can’t buy influence: lobbies without funding on the French campaign trail », le 23 octobre 2019 

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, « Moins ils bougent plus la mobilité s’accroit ! Réflexions sur les paradoxes des valeurs de la mobilité », le 23 octobre 2019 

    Guillaume Courty, « La double contrainte du porte-parolat dans les groupes d’intérêt : (d)écrire le groupe et parler à deux voix », le 23 octobre 2019 

    Guillaume Courty, Marc Milet, « Réguler pour (dé)légitimer ? Genèse et usages de l’encadrement institutionnel du lobbying en France », le 23 octobre 2019 

    Guillaume Courty, « "Pro" et "anti" lobbying en France. Sociologie de la fabrique d’un problème public », le 23 octobre 2019  

    Ces journées d’études internationales sont proposées par un groupe de chercheurs de différentes disciplines qui, depuis plusieurs années, travaillent à une socio-histoire de la corruption politique à l’époque contemporaine et à l’échelle internationale, en particulier entre l’Allemagne et la France. Ce programme de recherches est soutenu, entre autres, par la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG) en Allemagne et par l’Agence nationale de la recherche (ANR) en France.

    Guillaume Courty, « Que font les consultants en lobbying en France ? De la transformation de la structure de la représentation des intérêts à la coproduction des biens politiques », le 23 octobre 2019  

    En mettant en perspective des recherches menées dans différents pays, et qui portent sur plusieurs « types » de consultants, ce colloque poursuit un double objectif : interroger l’évidence de l’existence même d’un « conseil », comme ensemble de pratiques proches ou homogènes ; progresser dans l’étude des pratiques de conseil et de leurs contributions aux caractéristiques et aux évolutions de la société.

    Guillaume Courty, « Circulation et internationalisation des "lobbyistes" : à la recherche des frontières de l’espace des professionnels de l’Europe », le 23 octobre 2019 

    Guillaume Courty, « L’institutionnalisation des représentants des intérêts », le 23 octobre 2019 

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Dépasser la vision légitime de l’élection. Les professionnel-les de la représentation en campagne (SPEL 2012) », le 23 octobre 2019 

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Écrire pour s'opposer. Mobilisations de papier contre le "Mariage pour tous" », le 23 octobre 2019 

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Les représentants d’intérêt dans le champ politique : professionnalisation du lobbying et tropismes politiques », le 23 octobre 2019 

    Guillaume Courty, Etienne Penissat, Manuel Schotté, « Lille, ses bars et leurs clients. Enquête sur des usages de la vie nocturne », le 23 octobre 2019 

    Guillaume Courty, « La double contrainte du porte-parolat dans les groupes d’intérêt : (d)écrire le groupe et parler à deux voix », Colloque "Porter la parole", Lille, le 11 janvier 2018 

    Guillaume Courty, « Porter la parole. Modalités, contraintes et métamorphoses d'un rôle politique », le 11 janvier 2018  

    Organisé par Cédric Passard et Nicolas Kaciaf, Maîtres de conférences en science politique à Sciences Po Lille et Samuel Hayat, Chargé de recherche au CERAPS-CNRS

    Guillaume Courty, « Des “hommes de l’ombre”. Comment l’encadrement institutionnel du lobbying en France invisibilise les représentants d’intérêt et leur travail », Congrès de l'Association française de science politique (AFSP), Montpellier, le 10 juillet 2017 

    Guillaume Courty, Marc Milet, « Réguler pour (dé)légitimer ? Genèse et usages de l’encadrement institutionnel du lobbying en France », Congrès de l'Association française de science politique (AFSP), Montpellier, le 10 juillet 2017 

    Guillaume Courty, « "Pro" et "anti" lobbying en France. Sociologie de la fabrique d’un problème public », Journées d’études "Dénonciations et dénonciateurs de la corruption. Chevaliers blancs, pamphlétaires et promoteurs de la transparence à l’époque contemporaine", Aix-en-Provence, le 18 novembre 2016 

    Guillaume Courty, « Que font les consultants en lobbying en France ? De la transformation de la structure de la représentation des intérêts à la coproduction des biens politiques », Colloque international "Que font les consultants au monde social ? Propriétés, pratiques et contributions du 'conseil' à la construction de la réalité", Paris, le 20 juin 2016 

    Guillaume Courty, « Circulation et internationalisation des "lobbyistes" : à la recherche des frontières de l’espace des professionnels de l’Europe », Colloque "Lobbying et groupes d’intérêt au cœur du champ européen du pouvoir", Lyon, le 10 mars 2016 

    Guillaume Courty, « L’institutionnalisation des représentants des intérêts », Colloque "Représentation et représentativité dans les institutions", Évry, le 05 novembre 2015 

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Dépasser la vision légitime de l’élection. Les professionnel-les de la représentation en campagne (SPEL 2012) », Débats autour des travaux de Daniel Gaxie, Paris, le 10 septembre 2015 

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Écrire pour s'opposer. Mobilisations de papier contre le "Mariage pour tous" », Congrès de l'Association française de sociologie (AFS), Saint-Quentin-en-Yvelines, le 29 juin 2015 

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « Les représentants d’intérêt dans le champ politique : professionnalisation du lobbying et tropismes politiques », Congrès de l'Association française de science politique (AFSP), Aix-en-Provence, le 22 juin 2015 

    Guillaume Courty, Etienne Penissat, Manuel Schotté, « Lille, ses bars et leurs clients. Enquête sur des usages de la vie nocturne », Congrès "Cohabiter les nuits urbaines", Marne-la-Vallée, le 05 mars 2015 

    Guillaume Courty, Simon Borja, Thierry Ramadier, « Moins ils bougent plus la mobilité s’accroit ! Réflexions sur les paradoxes des valeurs de la mobilité », Colloque Mobilité(s) de l'Association canadienne des sociologues et anthropologues de langue française, Ottawa Canada (CA), le 14 octobre 2014 

    Guillaume Courty, Thomas Alam, Rafaël Cos, Antonio Delfini, Anne-Cécile Douillet [et alii], « Un orchestre sans chef ? Un exercice de réflexivité collective autour d’une enquête sur les " Politiques de la nuit " », Enquêtes collectives en sciences sociales, Dijon, le 26 juin 2014 

    Guillaume Courty, Julie Gervais, « When money can’t buy influence: lobbies without funding on the French campaign trail », Political Studies Association (PSA) Annual International Conference, Cardiff United Kingdom (GB), le 25 mars 2013 

    Guillaume Courty, Thomas Alam, Rafaël Cos, Antonio Delfini, Anne-Cecile Douillet [et alii], « Un orchestre sans chef ? Un exercice de réflexivité collective autour d’une enquête sur les " Politiques de la nuit " », le 30 novembre -0001 

Actualités Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Romane Da camara, La censure autour de la sexualité en littérature de jeunesse de 1949 à aujourd'hui, thèse en cours depuis 2023 en co-direction avec Stéphanie Guyon  

    La question de la censure de la littérature de jeunesse est un objet ignoré par la science politique. Ce projet de thèse propose de venir combler ce manque en rendant compte des formes et modalités de censure autour de la sexualité dans ce genre littéraire depuis la promulgation de la loi n°49-956 sur les publications destinées à la jeunesse le 16 juillet 1949. À partir du constat que les acteurs sociaux ainsi que les acteurs institutionnels conçoivent la production littéraire de jeunesse comme un vecteur de socialisation morale, il s'agira d'étudier les moyens employés et les ressources déployées pour contraindre les discours littéraires. Pour se faire, cette recherche s'articulera autour de trois dimensions. Dans un premier temps, elle analysera le travail d'application de la loi susmentionnée et les mobilisations des groupes d'intérêt via la sociologie de l'action publique afin de mettre en avant l'influence des acteurs institutionnels sur la diffusion des normes sociales liées à la sexualité. Dans un second temps, elle se servira de la sociologie de la littérature pour s'intéresser à l'hétéronomie caractéristique de la littérature de jeunesse qui encadre – plus ou moins fortement – la « bonne manière » d'écrire à des publics jeunes. Ces deux approches conjuguées permettront, dans un troisième et dernier temps, d'appréhender les processus de (re)production des représentations dominantes des identités sexuelles et de genre.

    Blandine Fontaine, Les collectifs des Colleuses dans les Hauts-de-France depuis 2019. Sociologie d'une mobilisation féministe, thèse en cours depuis 2022 en co-direction avec Stéphanie Guyon  

    Ce projet de thèse consacré aux nouvelles formes de mobilisation féministe a trois objectifs centraux. Le premier est de contribuer à explorer les transformations de l'espace de la cause des femmes en adoptant une approche par le bas : les collectifs de colleuses dans les Hauts-de-France. Ces mobilisations, très récentes, sont beaucoup plus connues par la force et le nombre des affiches collées dans de très nombreux centres urbains (voir les photos proposées) que par l'étude de leurs réseaux, des trajectoires de leurs membres et de leurs paroles. Le deuxième objectif concerne autant la sociologie des mouvements sociaux que la sociologie de l'art car ces mobilisations concernent d'un côté l'étude des nouvelles formes d'action collective et de l'autre les usages des pratiques et usages de l'art contemporain. Enfin, le troisième objectif est mémoriel. Ces mobilisations utilisent des sites historiques, mobilisent des monuments ou des événements connus sans produire et proposer d'autres discours et slogans que ceux inscrits sur leurs collages. Art éphémère, ces collages nécessitent d'être compilés et archivés comme le sont régulièrement les affiches qui marquent des mobilisations. Slogans périssables, ils impliquent d'être analysés et restitués dans une perspective historique et sociologique plus large.

    Eléonore Pellé, L’encadrement des lobbyistes au Canada, au Québec, en Ontario, en France, et au sein des institutions européennes, thèse soutenue en 2021 à Université de Lille 20182021    

    L’encadrement des lobbyistes au Canada, au Québec, en Ontario, en France, et au sein des institutions européennes RésuméLe système fédéral canadien d’encadrement des lobbyistes, mis en place dès 1989 avec l’adoption de la loi sur l’enregistrement des lobbyistes, est souvent cité comme le modèle à atteindre par les Etats démocratiques. Cette thèse vise à comparer ce système d’encadrement, particulièrement abouti, à ceux existants au Québec, en Ontario, en France et au sein des institutions européennes. Trois grands enjeux majeurs sont ainsi analysés dans ce travail de recherche : les raisons structurelles et conjoncturelles justifiant le recours au droit pour encadrer les représentants d’intérêt/lobbyistes dans ces terrains; le fonctionnement et les acteurs chargés de cette règlementation (analyse des nomenclatures, dispositifs juridiques existants, mise en place d’une administration spécifique, etc.), ainsi que ceux auxquels elle s’applique; et enfin la variété des formes de réglementation et les effets induits par celle-ci, au regard des objectifs initiaux fixés par les législateurs et les gouvernements. Ce travail universitaire offre une analyse réflexive sur la capacité des législateurs et des gouvernants à atteindre les objectifs fixés initialement par les réglementations en matière de lobbying (limitation de la corruption, et diminution des scandales politiques), à travers l’ambition démocratique d’une transparence plus efficace et plus efficiente.

    Remi Cornillet, Approximations de rang faible semi-supervisées et Transport Optimal, thèse en cours depuis 2021 

    Juliette Bresson, Les conditions de la professionnalisation des primo-député.e.s du groupe LREM à l'Assemblée nationale, thèse en cours depuis 2018  

    Les conditions de la professionnalisation des primo-député.e.s du groupe LREM à l'Assemblée nationale

    Aurore Le Mat, Parler de sexualité à l'école : Controverses et luttes de pouvoir autour des frontières de la vie privée, thèse soutenue en 2018 à Université de Lille 20182021    

    Comment parler de sexualité à l’École ? Cette question controversée trouve une première réponse officielle en 1973, dans une circulaire du ministère de l’Éducation nationale intitulée « information et éducation sexuelles » : c'est le début de la politique d'éducation à la sexualité en milieu scolaire en France. Depuis, les réponses apportées à cette même question ont évolué et ont fait l'objet d'affrontements entre différents acteurs. Et si la ligne de front est mouvante, celle-ci se structure toujours autour d'un même enjeu : la définition du public et du privé en matière de sexualité. Cette thèse propose de s'intéresser à cette frontière qui structure la politique d’éducation à la sexualité des années 1970 à nos jours, au prisme de trois histoires qui se déroulent des bureaux du ministère jusque dans la salle de classe. La première intrigue est celle d'un « récit de guerre », où des troupes de volontaires se relaient depuis les années 1970 pour définir ce que l’École a le droit de dire ou non aux enfants. La seconde est une incursion au cœur des stratégies élaborées par les institutions étatiques pour rendre légitime le rôle de l’École dans l'éducation à la sexualité. Enfin, le troisième récit s'apparente à une pièce de théâtre parfois comique, parfois tragique, sans rideau rouge et devant le tableau noir de la salle de classe.

    Guillaume Bagayoko, L'exploitation industrielle de l'or au Mali. Genèse et fonctionnement d'un réseau transnational, 1896-2017, thèse en cours depuis 2013  

    Ce travail questionne les logiques et modalités permettant d'industrialiser l'extraction de l'or au Mali. Il démontre que l'exploitation industrielle de cette ressource dans cet État, en tant que forme de capitalisme, est structurée par un réseau transnational historique, composé d'acteurs étatiques, d'acteurs internationaux (politiques et économiques) et d'acteurs territoriaux. La démonstration de cette thèse se déroule en trois temps. Le premier retrace la genèse de ce réseau. Il montre comment l'accumulation de connaissances sur le sous-sol malien, en tant que préalable au capitalisme industriel minier, s'est traduite après l'action coloniale française par la structuration d'un réseau de coopération intergouvernementale dédié au «développement». Ce réseau associe notamment le Mali, l'URSS, la France, le PNUD, la Belgique et la Communauté économique européenne. Le deuxième temps traite de la métamorphose de ce réseau intergouvernemental. D'une part, il montre comment celui-ci s'est traduit en coopération entre firmes transnationales, et entre celles-ci et le gouvernement malien. D'autre part, il examine l'expropriation de populations riveraines au profit de la mise en place de l'industrie aurifère, ainsi que les registres par lesquels les firmes essaient de légitimer leur présence auprès de ces populations. Enfin, le troisième temps analyse les actions protestataires des populations riveraines et des travailleurs contre les sociétés extractives. Ces actions révèlent le soutien constant de l'État malien au capitalisme industriel aurifère depuis la colonisation française, ainsi que le processus de construction continu du réseau transnational à travers lequel ce capitalisme opère.

    Sandrine Collette, De la loterie nationale à la française des jeux (1933-1998) , thèse soutenue en 1999 à Paris 10  

    Le 31 mai 1933 en france, une nouveaute budgetaire dont le succes et la duree sont alors a peu pres imprevisibles, vient d'etre votee : la creation de la loterie nationale. Aujourd'hui, ce mecanisme peu connu des finances publiques procure au budget l'equivalent de 5% de l'impot national sur le revenu. Sa suppression ne fait plus l'objet d'aucune discussion parlementaire, alors qu'il aura fallu quatorze annees (de 1919 a 1933) pour l'inclure dans une loi de finances. Le cadre de la sociologie de l'etat moderne donne sa dimension a l'objet un peu particulier qu'est le jeu : a la fois une pratique que l'on ne peut pas penser sans faire reference a l'etat, a ses missions, a son lexique de termes, et une activite qui permet d'elargir les frontieres communement admises comme celles de l'etat. Cette recherche s'articule autour de trois axes : en premier lieu, l'analyse de la genese d'une rencontre inedite entre le jeu et l'etat. Pour que la loterie soit votee en 1933, il a fallu que la valeur du jeu varie suffisamment pour que les parlementaires considerent qu'il etait acceptable de faire de ce jeu un jeu d'etat - mais il a aussi fallu que la valeur de l'etat varie, pour qu'on lui accorde la possibilite de faire autre chose que ce qui se faisait jusque la. En second lieu, il s'agit d'etudier l'inscription dans la duree d'une loterie adoptee, au depart, pour un an seulement. De la vocation sociale a la rentabilite d'entreprise, le jeu d'etat s'est acquis un nombre croissant de groupes d'individus interesses a ce qu'il continue - si bien qu'a un moment, il est devenu inenvisageable de le supprimer. Enfin, les usages sociaux du jeu d'etat sont au coeur d'une troisieme partie. La recherche se porte ici sur les joueurs et la signification sociale du jeu d'etat, puis sur les categories "gagnants" et "perdants" et la facon dont elles sont vecues au quotidien.

  • Vakana Miaina Andriamasinoro, Territoire et répertoire du lobbying patronal : le cas des Chambres de commerce et d'industrie en Rhône-Alpes, thèse soutenue en 2014 à Grenoble sous la direction de Olivier Ihl, membres du jury : Yves Déloye (Rapp.), Alain Chatriot (Rapp.)  

    "Le pouvoir n'est rien, seule compte l'influence". Cette pensée du philosophe grec Hérodote constitue le points de départ et le fil conducteur de la présente recherche. Elle pose l'idée de l'influence qui fait partie intégrante du processus décisionnel. La décision politique contemporaine obéit à ce même principe, celui d'un pouvoir qui ne peut plus décider seul, sans concertation, sans choisir de subir la pression des lobbies de toute nature qui se constituent à l'occasion d'une décision (Giuliani, 1991). Le lobbying, en tant qu'activité d'influence, apparaît alors comme un phénomène indissociable de la décision publique. Pour déterminer l'État, il faut alors prendre en considération les « rapports de forces mouvants » (Culpepper et al., 2006) qui y existent. En France, lobbying et groupes d'intérêt connaissent un discrédit qui tend à ignorer le rôle qu'ils peuvent jouer dans les politiques publiques. Les Chambres de commerce et d'industrie font partie de ces groupes qui restent méconnus malgré leur mission de représentation de l'intérêt économique des entreprises. Il est alors intéressant de rendre compte de ce lobbying dans le contexte français à travers l'usage qu'en font les Chambres de commerce et d'industrie. La recherche représente un double intérêt : celui d'étudier un acteur de politique publique original et le répertoire d'action qu'il mobilise pour tenter d'influer sur la décision publique. Ainsi, si Robert Dahl s'interrogeait de savoir « qui gouverne » (1961), il nous apparaît important de nous demander aussi : « comment gouverner » et « avec qui gouverner » aujourd'hui ? Notre recherche vise alors à répondre à la problématique : dans quelle mesure un groupe d'intérêt peut-il concrètement agir sur le processus de politique publique ? Ainsi, pourrons-nous analyser ce que le groupe, notamment ses moyens d'action, enseignent sur le fonctionnement de l'action publique contemporaine, car comme l'avait affirmé Arthur Bentley dès 1908 dans son célèbre ouvrage The process of government : A study of social pressure : « Quand le groupe est expliqué, tout est expliqué ».

    Sophie Grilliat, L'action collective métropolitaine des entreprises ordonnatrices de la globalisation : analyse comparée des stratégies d'influence à Londres et en Ile-de-France, thèse soutenue en 2014 à Paris Est sous la direction de Christian Lefèvre, membres du jury : Gilles Pinson (Rapp.), Peter Newman (Rapp.), Lydie Laigle    

    L'action collective métropolitaine des entreprises ordonnatrices de la globalisation. Analyse comparée des stratégies d'influence à Londres et en Ile-de-France

  • Rémi Boura, Les mondes des lobbyistes. Influencer la loi : une entreprise collective, thèse soutenue en 2022 à Ecole doctorale SDOSE Paris sous la direction de Dominique Méda, membres du jury : Nadège Vezinat (Rapp.), Bénédicte Zimmermann, Sabine Rozier et Julie Gervais  

    Le lobbying désigne généralement l’influence de la sphère économique sur l’élaboration de la loi. Il est surtout une volonté de peser sur la production normative en tentant d’orienter les choix ou les opinions d’un des acteurs gravitant autour du processus législatif. Depuis quelques décennies, le lobbying s’est professionnalisé. Des individus ont pour fonction de représenter les intérêts de leur employeur ou de leur mandant dans les sphères décisionnelles. Cette thèse, s’inscrivant dans la tradition de la sociologie interactionniste, revient sur le travail du lobbying pour mieux apprécier sa division, sa fragmentation, son séquençage. Nous observerons que le lobbying d’une entité économique manifeste un ordre interactionnel divisé selon les positions fonctionnelles des acteurs ainsi que les attributions sociales ou symboliques que confèrent leur statut, à l’heure où l’ensemble de ces dispositions sont dépendantes du contexte organisationnel et institutionnel dans lesquels les acteurs agissent. Le lobbying est une activité divisée car l’existence de professionnels de la représentation d’intérêts suppose des profanes, mais aussi des « para-métiers » permettant aux experts d’accomplir leur mission. Son exercice est fragmenté car le mandat de représentation se confie, se délègue à des entités spécialisées dans la promotion d’intérêts sectoriels ou à des acteurs titulaires d’un savoir spécifique. Son déploiement est séquencé car le parcours de la norme est sinueux et navigue entre différents pouvoirs, auxquels s’agrègent une kyrielle d’acteurs ou de fonctions ayant des aspirations plurielles, parfois contradictoires. Grâce à une plongée de presque quatre ans dans une direction dédiée à la représentation d’intérêts dans l’environnement de la protection sociale, ce travail permet d’observer la genèse, les tensions organisationnelles, l’exécution, les pratiques et les effets du lobbying pour mieux apprécier le poids des professionnels de la représentation d’intérêts sur la fabrique de la loi.

    Anne Lancien, La Ligue de l’enseignement : mutations d'une institution d'éducation populaire (1958-2018), thèse soutenue en 2019 à Paris Sciences et Lettres ComUE sous la direction de Philippe Portier, membres du jury : Philippe Raynaud (Rapp.), Jean-Louis Laville, Jean Baubérot et Bleuwenn Lechaux  

    La Ligue de l’enseignement, mouvement laïque et républicain d’éducation populaire, est l’une des principales confédérations associatives de France. Par l’analyse de celle-ci, nous souhaitons mettre en lumière les mutations opérées par les organisations de masses et les structures porteuses de sens face à l’incertitude caractéristique de nos sociétés de la modernité avancée. Trois axes structurent ce travail. Le premier porte sur la transformation des stratégies institutionnelles de la Ligue de l’enseignement. Il présente les évolutions opérées par l’organisation pour répondre aux mutations du champ politique, intégrant un soutien oscillant au socialisme et la transformation de ses rapports à la puissance publique. Il porte également sur les ajustements de la politique éducative du mouvement, face à la dépolitisation de l’éducation populaire et à la sécularisation de la question scolaire. Le deuxième axe concerne la refondation des principes doctrinaux, conséquence de la difficulté de défendre un socle axiologique fondé sur la laïcité au sein d’une société sécularisée. Cette partie évoque l’ouverture doctrinale de l’organisation, sa réponse aux nouvelles revendications identitaires, l’instauration d’une laïcité dite « plurielle ». Le troisième axe développe enfin la reconfiguration des pratiques militantes, entre rationalisation organisationnelle, rénovation de la politique communicationnelle et expertise militante. Ce travail constitue ainsi une illustration de l’adaptabilité de la société civile organisée face aux nombreuses mutations induites de la modernité avancée, de même qu’une démonstration du rôle central que peut jouer l’associatif dans la restructuration de celle-ci.

    Vincent Carlino, L’énergie de la contestation : formes de désaccord et arènes du conflit sur le nucléaire en Lorraine, thèse soutenue en 2018 à Université de Lorraine sous la direction de Jacques Walter et Marc Lits, membres du jury : Claire Oger (Rapp.), Marieke Stein    

    De la construction de centrales jusqu’au traitement des déchets radioactifs, le nucléaire ne cesse de susciter les désaccords. La thèse se focalise sur le cas de la Lorraine, qui entre dans le nucléaire français dès 1978 avec la centrale de Cattenom (Moselle) et poursuit son développement avec le projet de centre de stockage de déchets radioactifs Cigéo (Meuse/Haute-Marne). Situé à l’échelle des territoires, le travail montre comment les populations essaient d’empêcher ces projets. Cette approche questionne l’opposition classique entre « pro » et « anti » nucléaires, pour observer ce qui pose problème à ceux qui décident d’entrer dans la contestation. Pour cela, la notion de désaccord montre la diversité des oppositions à Cattenom et Cigéo, qui ne sont pas toujours menées par des écologistes. Selon leur forme, les désaccords induisent une certaine perception des situations, orientent les conduites des acteurs, produisent du sens pour ceux qui y participent ou y assistent par médias interposés. Menée en sciences de l’information et de la communication, la thèse brosse les régimes de désaccord qui marquent la contestation du nucléaire en Lorraine depuis quarante ans. Celle-ci s’organise autour de deux pôles : les controverses des « citoyens-enquêteurs » et les polémiques de militants occupants le territoire. L’enquête de terrain couplée au corpus de documents médiatiques et numériques montre que les acteurs s’expriment dans des arènes qui orientent l’action et les discours. Enfin, l’évolution de la communication vers des formes narratives comme le film ou le jeu vidéo traduisent une volonté de raconter l’histoire passée et à venir de la controverse

    Sidy Cissokho, Le contrat social sénégalais au ras du bitume (1985-2014) : de la formation du groupe professionnel des chauffeurs au renforcement des institutions politiques, thèse soutenue en 2016 à Paris 1 sous la direction de Isabelle Sommier et Jérôme Lombard, membres du jury : Laurent Fourchard (Rapp.), Marie-Émmanuelle Pommerolle  

    La thèse examine la formation et le fonctionnement routinier d'une configuration d'acteurs associant la population des chauffeurs de transport en commun et leurs représentants avec ceux de l'administration et des partis politiques au Sénégal. Ce travail permet de réexaminer l'hypothèse majoritairement admise pour expliquer la stabilité politique du Sénégal, celle d'un « contrat social» de type religieux. Il permet d'analyser la forme dudit «contrat» en dehors du religieux, dans un contexte urbain post-ajustement structurel. Il met au jour un processus circulaire par lequel les institutions politiques participent à la construction d'un groupe social, qui vient à son tour les consolider. Les politiques d'ajustement structurel ont bouleversé la stratification sociale du monde du transport et permis l'émergence de nombreux chauffeurs-propriétaires. Ces derniers ont alors investi les groupements d'entraide, déjà existants, de significations nouvelles, pour en faire des associations représentant la profession. Tout au long des années 1990, aidés par des représentants syndicaux, ils se sont progressivement insérés dans une configuration politico-administrative, ce qui leur a donné des moyens supplémentaires pour faire exister le groupe. Aujourd'hui, l'entretien du groupe passe par l'encadrement du travail de la population des chauffeurs, mais aussi par la désignation des représentants de ce groupe professionnel, avec le concours de l'administration et du parti présidentiel. La légitimation de ces deux institutions repose sur la mise en scène d'échanges illustrant leur porosité avec le groupe professionnel des chauffeurs. Dans le même temps, ce processus repose aussi sur l'entretien de l'idée qu'il existe une frontière entre elles et le groupe professionnel. Les formes prises par les pratiques d'intermédiation des représentants des chauffeurs auprès des institutions partisanes et administratives permettent d'observer cette ambivalence.

    Sung-Eun Shim, L’évolution des procédures décisionnelles du Parlement européen : 1952-1986, thèse soutenue en 2015 à Paris 10 sous la direction de Jean-Marie Demaldent, membres du jury : Renée Fregosi (Rapp.), Jean-Charles Szurek    

    Le Parlement européen (PE) n’a occupé en 1957 qu’une place secondaire, ce qui entraînait une grande déception auprès des parlementaires, mettant en cause ses pouvoirs consultatifs qui ne portait qu’un sens symbolique. En valorisant la démocratie et la séparation des pouvoirs, le PE pourrait sortir de l’impasse à travers l’exploitation maximale de la procédure consultative. Jusqu’à l’Acte unique européen, le champ d’application de la consultation ne cesse de s’élargir. Idem pour l’augmentation des revendications du respect de son droit d’information et de consultation envers le Conseil. Le manque de moyens juridiques de contraindre le Conseil à accepter les avis du PE, qui se voient systématiquement refusés, nécessite le changement de position parlementaire dans les années 70 dans les relations entre les deux institutions. Les nouvelles procédures à effets juridiques, telles que la reconsultation, le droit d’approbation sur les accords internationaux et la codécision, ont été revendiquées, pourtant de manière irrégulière. Les mesures pour le renforcement des pouvoirs budgétaires se voient s’adopter, de sorte qu’elles favorisent non seulement le contrôle parlementaire en la matière, mais aussi le renforcement des pouvoirs dans les questions non-budgétaires : les pouvoirs législatifs. Le droit d’information et le pouvoir de consultation sur les activités budgétaires, ainsi que le contrôle effectif sur les budgets et leurs dépenses, font eux aussi l’objet de revendications parlementaires. Le Conseil européen et la Cour des comptes étaient également invoquées comme destinataires de ces revendications afin de persuader le Conseil et la Commission. Cette présente analyse démontre que le PE, tel qu’il est aujourd’hui, est un résultat de la collaboration dans les premières décennies avec les autres institutions et les grandes figures des États membres, lesquels jouent un rôle important pour orienter la discussion dans les Communautés.

    Sonia Lorenzani, L'industrie du Lobbying. Les stratégies d'influence des groupements de consommateurs en Europe, à l'heure d'Internet, thèse soutenue en 2014 à Nice sous la direction de Nadine Tournois, membres du jury : Jean-François Lemoine (Rapp.), Nicole Fontaine et Robert Teller  

    Notre recherche porte sur la façon dont en Europe les groupements des consommateurs cherchent à gagner en pouvoir en développant leurs stratégies d’influence au sein de l’industrie du lobbying. Nous avons aussi cherché à évaluer l’incidence d’Internet sur leur degré de compétitivité et leur capacité d’influence. Nous avons mobilisé des éléments de réflexion théorique utiles à l’analyse du lobbying, tels que le concept d’influence, divers concepts de l’économie industrielle et les groupements de consommateurs. Nous concluons que les groupements de consommateurs lobbyistes sont des stakeholders (Freeman, 1984) à part entière et nous proposons notre propre définition du lobbying, ainsi qu’un enrichissement du lobbying-mix en lien avec Internet. Nous faisons le constat de l’émergence d’une nouvelle force (Porter, 1979, 2008), celle du lobbying, qui innerve de façon larvée l’ensemble de la structure de toute industrie. Notre stratégie d’accès au réel s’est construite autour de deux études de cas et d’une enquête qualitative auprès d’une population d’associations de consommateurs de 31 pays d’Europe, permettant de faire une synthèse exhaustive de l’existant. Nos apports théoriques et méthodologiques comprennent une description et une définition de l’industrie du lobbying. Ils concernent aussi la notion de stratégie d’influence et la recherche sur les groupements de consommateurs. Les apports opérationnels concernent l’analyse et la compréhension du rôle et des stratégies des associations de consommateurs à l’échelle européenne, des interactions entre acteurs de l’industrie du lobbying et de l’impact d’Internet sur les stratégies d’influence des associations de consommateurs.

    Victor Collet, Du bidonville à la cité , thèse soutenue en 2013 à Paris 10 sous la direction de Annie Collovald, membres du jury : Olivier Fillieule (Rapp.), Stéphane Beaud, Sandrine Lefranc et Olivier Masclet    

    Fin des années 1950. Nanterre, terre communiste et d’immigration. Terre de luttes. La politisation ouvrière et communiste rencontre la guerre d’Algérie et les bidonvilles où vivent des milliers d’Algériens, de Marocains et de Portugais. A l’éloignement municipal avec ces Nanterriens venus d’ailleurs et au traitement exceptionnel infligé à ces derniers répond la naissance d’une cause des étrangers. Cette thèse explore les différents « âges » de cette cause, en les liant au cadrage public du problème par la municipalité. L’histoire sociale et l’action collective de longue durée examinent ces luttes de l’immigration souvent oubliées, depuis les bidonvilles à l’engagement dans les cités aujourd’hui, et interrogent les rapports entre champ politique et mouvement social. Déportant le regard, la sociohistoire montre l’écart entre passé et présent, pensable et possible : de l’inventaire des problèmes par les pionniers chrétiens, de l’hybridation des luttes dans l’après 68 radicalisant la cause des « travailleurs immigrés » à gauche, à son éclatement actuel en autant d’engagements particuliers – socioculturel et de cité, pour une mémoire positive de l’immigration ou la diversité en politique, en soutien aux étrangers ou au pays d’émigration. S’y éclaire un changement majeur du répertoire militant : la déradicalisation et l’ascension associative, qui croisent au début des années 1980, le dédoublement entre soutien aux immigrés (enracinés) et défense des étrangers (fraichement arrivés). Moment où, paradoxalement, les enfants d’immigrés prennent en main leur défense pour en finir avec les derniers vestiges du « ghetto français » dans lequel on les a placés : les cités de transit.

    Sonia Lemettre, Gouverner le fret ferroviaire en France et en Allemagne (1990-2010) : processus de diffusion d'énoncés réformateurs à l'ère du développement durable, thèse soutenue en 2013 à Grenoble sous la direction de Alain Faure et Philippe Zittoun, membres du jury : Anne-Cécile Douillet (Rapp.), Steven Griggs  

    L'objectif de faire transporter plus de marchandises par le train est un leitmotiv des politiques de transport depuis les années 1990, notamment à l'ère du développement durable. Cette thèse analyse les formulations et les recompositions d'énoncés de politique de fret ferroviaire en France et en Allemagne entre les années 1990 et 2010, à travers l'étude de quatre cas. Le développement durable a diversement servi des énoncés réformateurs, légitimant parfois des mesures totalement différentes sur l'un et l'autre terrain. La réforme allemande des chemins de fer de 1994, dont la préservation de l'environnement n'était qu'un des objectifs, a abouti après un processus large d'intéressement des acteurs et la construction d'une conviction partagée de la nécessité de mener une réforme d'ampleur. Le récit de sa réussite a contribué à verrouiller l'énoncé de 1994, obligeant les acteurs souhaitant réformer certains éléments de la politique des transports à redéfinir le problème du fret ferroviaire, notamment lors de l'élaboration du Masterplan (2007-2008), pour proposer de nouvelles solutions. L'injonction au développement durable a été autrement mise en avant en France sous le ministère Gayssot pour légitimer un soutien public d'ampleur à Fret SNCF. Les usages du développement durable se transforment dans les années 2000 et à l'occasion du Grenelle de l'Environnement, donnant lieu à des énoncés réformateurs partiellement concurrents, qui peinent à s'imposer. Le résultat de la thèse encourage l'étude des batailles argumentatives qui rythment l'élaboration de l'action publique, pour en tracer les changements.