Eric Soriano

Maître de conférences
Science politique.
Faculté des Sciences Sociales, des Organisations et des Institutions

ART-Dev
PUBLICATIONS ENCADREMENT DOCTORAL
  • THESE

    Une trajectoire du politique en Mélanésie : construction identitaire et formation d'un personnel politique : l'exemple Kanak de Nouvelle-Calédonie, 1946-1999, soutenue en 2000 à Montpellier 1 sous la direction de Michel Miaille 

  • Eric Soriano, Éric Soriano, La fin des indigènes en Nouvelle-Calédonie: le colonial à l'épreuve du politique 1946-1976, Karthala et MSH-M, 2013, Karapaa, 302 p.  

    Comment peut-on se décoloniser ? L’action politique peut-elle contribuer à une émancipation ? Peu après 1946, après plus d’un siècle de répression, de spoliations foncières et de cantonnement dans des réserves, les populations colonisées de Nouvelle-Calédonie accèdent au suffrage universel.

  • Eric Soriano, Éric Soriano, « L’arabe à l’école : Hiérarchie des mobilités géographiques, inégalités des conditions linguistiques », 2019  

    Introduction L’enseignement des langues étrangères dès l’école primaire semble aujourd’hui faire l’objet d’un relatif consensus. Pourtant, lors de la rentrée scolaire 2018, alors qu’il énumérait les langues susceptibles d’être enseignées dès le plus jeune âge, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer s’est trouvé pris dans une polémique démontrant combien cette unanimité ne fonctionne qu’une fois la liste délestée d’une des langues : l’arabe. Focalisés sur la lutte contre la ...

    Eric Soriano, Éric Soriano, « Un ajustement postcolonial. À propos de Gilles Dagneau et des années calédoniennes du Gendarme Citron », 2019  

    À partir des années 1980, la constitution d’un patrimoine culturel kanak représente un enjeu de taille en Nouvelle-Calédonie. Pour les indépendantistes kanak comme pour le pouvoir métropolitain, le patrimoine devient le moyen privilégié de la reconnaissance d’une spécificité culturelle et d’une richesse créative (Graille, 2016). La mise en œuvre d’une politique patrimoniale dans l’archipel s’opère à la faveur de la création de l’Office culturel scientifique et technique canaque (cosstc) en 19...

    Eric Soriano, Éric Soriano, «  …comme le petit bout d’une communauté  », 2017  

    À partir du milieu des années 60, Colette Guillaumin engage le travail d’une œuvre au fondement d’une lecture inédite des rapports sociaux de race et de sexe (Naudier & Soriano, 2010). Son parcours retient aussi l’attention par ce contraste entre une forte influence intellectuelle et une reconnaissance scientifique relative. Il est à la fois le produit d’une trentaine d’années de mise à distance des travaux féministes par le monde académique et d’une volonté personnelle d’autonomie institutio...

  • Eric Soriano, Éric Soriano, Mohammed Hachemaoui, Clientélisme et patronage dans l’Algérie contemporaine, Liens Socio, 2014  

    Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, le régime politique algérien s’est stabilisé autour d’une pratique a priori contradictoire avec sa réalité autoritaire : les élections. Depuis 1995, des élections présidentielles sont régulièrement convoquées. La nouvelle constitution de 1996 a même été confirmée par le suffrage et Abdelaziz Bouteflika a toujours été reconduit à la tête de l’État par voie élective. Pour autant, parce que ces élections ont toujours été entachées de fraudes et marquées...

Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Sabrina Urbani, La France et le Piémont : une volonté partagée de transmettre une mémoire commune, thèse soutenue en 2019 à Montpellier 3 sous la direction de Isabelle Felici, membres du jury : Alessandro Giacone (Rapp.)  

    La proximité géographique favorisant les échanges de toutes natures, la France et le Piémont entretiennent depuis toujours des rapports privilégiés qui, au fil du temps, ont progressivement développé chez les populations concernées un sentiment d’appartenance à une même communauté. C’est la raison pour laquelle la grande majorité des Piémontais a choisi la France comme pays d’accueil au XIXe siècle lorsque la situation économique et démographique de l’Italie s’est aggravée. La mémoire collective franco-piémontaise déjà bien ancrée s’en est trouvée renforcée. Les liens que les immigrés piémontais et leurs descendants entretiennent avec leur culture d’origine ou celle de leurs ancêtres diffèrent selon les individus et dépendent de la manière dont le déracinement est vécu, de l’accueil reçu en France ainsi que de l’intégration au sein de la société française. L’intérêt porté au passé migratoire est également très variable. Certains s’en préoccupent peu tandis que d’autres cultivent leurs liens avec le passé car ils y voient le moyen de renforcer leur identité personnelle. Au niveau individuel et familial, la mémoire se transmet par le maintien des liens avec la terre des origines. Il peut s’agir par exemple de la langue des ascendants, du maintien des échanges, des témoignages écrits, de la littérature, des films ou bien encore des chansons. Au niveau collectif, la transmission de la mémoire est assurée par la coopération transfrontalière, les associations et les jumelages. Aujourd’hui encore, les échanges entre la France et le Piémont restent nombreux et permettent la consolidation et la perpétuation des mémoires individuelles, familiales et collectives. En interaction constante, ces mémoires se renforcent mutuellement. Mon travail entend montrer que la mémoire du passé se transmet, volontairement ou non, d’une génération à la suivante. Il s’agit parfois d’un legs tout juste perceptible et difficilement descriptible mais qui n’en demeure pas moins bien présent.

    Caroline Graille, Des Militants aux Professionnels de la Culture : les représentations de l'identité kanak en Nouvelle-Calédonie (1975-2015), thèse soutenue en 2015 à Montpellier 3 sous la direction de Alain Babadzan, membres du jury : Denis Monnerie (Rapp.), Marc Kurt Tabani  

    Symbole de la « renaissance culturelle kanak », le festival d’arts mélanésiens de Nouvelle-Calédonie, Mélanésia 2000, vient de fêter en 2015 son quarantième anniversaire. Cette manifestation a vraisemblablement constitué le ferment culturaliste de la revendication nationaliste qui, dans les années 1980, parvint à ériger la coutume en symbole unificateur du peuple kanak, contre le statu quo colonial. Engagée depuis plus de deux décennies dans un processus de décolonisation – dont l’issue politique et institutionnelle demeure incertaine –, la Nouvelle-Calédonie connaît les effets d’une politique de rééquilibrage au profit du peuple autochtone, notamment sous la forme d’une valorisation sans précédent de l’identité culturelle kanak, d’une sauvegarde des patrimoines traditionnels matériel et immatériel, et d’une action soutenue en faveur du développement culturel et de la création artistique à dimension océanienne.Il convient de retracer la genèse de cette « renaissance identitaire », à la lumière des débats épistémologiques qui ont agité l’anthropologie océaniste de l’époque, notamment autour des questions de la (ré)invention des traditions, et de leur utilisation à des fins de conscientisation identitaire et de mobilisation politique. Plus encore, le travail des sciences sociales – et de l’anthropologie en particulier – permet d’inscrire dans une perspective historique le processus, toujours en cours, d’édification des cultures en tant qu’identités collectives objectivées, données à voir, et sanctifiées (ou non) par une reconnaissance officielle et une inscription à l’intérieur de l’espace public. Avec l’émergence d’un nouveau champ social, qui prend en charge cette « gestion du symbolique » (Dubois, 1999), une recherche ethnographique menée auprès des acteurs sociaux permet de montrer en quoi les représentations de l’identité kanak, qui furent longtemps l’apanage de militants autochtones et d’intellectuels engagés, incombent désormais à une catégorie constituée de professionnels de la culture, de l’art, et du patrimoine.Au final, cette étude largement rétrospective entend contribuer à une compréhension à la fois épistémologique et sociologique du changement social et culturel en Nouvelle-Calédonie, depuis la conversion d’une crispation identitaire nationaliste (1975-1988) jusqu’au projet multiculturel d’une « communauté de destin » induit par la mise en œuvre de l’accord de Nouméa (1998-2018).

    Marion Lièvre, Nationalisme ethnoculturel et rapport à la culture des Roms en Roumanie post-communiste et multiculturaliste, thèse soutenue en 2013 à Montpellier 3 sous la direction de Alain Babadzan, membres du jury : Alain Reyniers (Rapp.), Jean-François Gossiaux (Rapp.)  

    Cette recherche analyse les processus d’identifications collectives inhérents à unnationalisme ethnoculturel ainsi que les usages sociaux et politiques de la culture et de la"tradition". Elle porte sur les Roms en Roumanie post-communiste à l'heure de l'intégrationeuropéenne. Privilégiant une étude du nationalisme en deux champs, politique et quotidien,elle procède d'un terrain multi-situé basé sur l'ethnographie de la mobilisation ethnoculturelledes Roms de Roumanie et de familles roms en Roumanie et en France.Cette thèse postule l’émergence de la nation rom sur la scène nationale roumainecomme une construction récente, intrinsèque à la modernité et au nationalisme ethnoculturelrom roumain. En cela, ce dernier est exploré autour de trois axes qui sont les trois parties dethèse. Le premier, politico-historique, interroge la cristallisation du rapport à la culture enmiroir avec l'émergence du nationalisme ethnoculturel et du contexte de changement socialpropice à son avènement (post-communisme, démocratisation et multiculturalisme). Mêlanttrajectoires sociales de militants et analyses discursives, historiques et politiques, il revient surla genèse de l'opposition entre "Roms traditionnels" et "Roms roumanisés". Le second traitedes usages politiques de la "tradition" et de la "modernité" au travers des pratiques militanteset de l’analyse du discours sur la communauté de culture : la nation rom. Il illustre le rapportmoderne à la culture. Le dernier propose une description ethnographique du fonctionnementde l'ethnicité au travers de deux lignes d'analyse. La première appréhende la réception auprèsdes Roms militants et non militants de ce processus d'identification collective à la catégorierom. La seconde rend compte des logiques de l’appartenance ethnique et sociale au quotidien.Ces trois axes visent à interroger le lien entre construction d'une identification collective et etthnogenèse.