Trente ans après l’affaire du voile islamique de Creil, et malgré l’abondante littérature qui lui a été consacrée, on peine encore à saisir la logique profonde qui a gouverné les différentes prises de position sur cette question. D’autant que l’arbitrage juridique qui, en mars 2004, a interdit le port de signes religieux ostensibles, n’a pas fait cesser toute querelle, comme cela aurait pourtant dû être le cas. Nous proposons ici une sorte de reconstruction synthétique et idéaltypique (et non pas « vraie » ou « historique ») des grandes logiques qui, d’après ce que nous avons pu lire (et nous n’avons pas pu tout lire, même si notre démarche a des allures de note de synthèse), s’entrechoquent encore souterrainement. Entrechoquement structurel qui empêcherait ce qui n’est pourtant, en surface, qu’une simple controverse, de prendre fin.