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Alban Jacquemart

Maître de conférences, Science politique.

Université Paris Dauphine

Actualités scientifiques

Journée d'étude
8 nov. 2021 · Paris
Colloque
20 janv. 2011 · La Rochelle

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Les hommes dans les mouvements féministes français (1870-2010) : sociologie d'un engagement improbable, soutenue en 2011 à Paris EHESS sous la direction de Rose-Marie Lagrave 

    Cette thèse prend pour objet un militantisme statistiquement minoritaire et socialement improbable: l'engagement des hommes dans les mouvements féministes en France, depuis leur émergence politique à l'aube de la Troisième République jusqu'à la période contemporaine (1870-2010). À partir d'entretiens biographiques avec des militants et de sources d'archives diversifiées, elle se propose d'analyser ces engagements à la lumière de la sociologie du genre et de la sociologie du militantisme. En mobilisant la notion de « carrière militante », ce travail montre que le militantisme féministe des hommes se saisit à partir de l'articulation de dispositions individuelles, d'expériences de socialisation, de positions dans des réseaux et de contextes organisationnels. L'analyse permet alors de distinguer deux principales modalités d'engagement des hommes dans des collectifs féministes : le registre humaniste, qui fonde les revendications au nom d'un individu universel, et le registre identitaire, mobilisé à partir d'un refus des assignations de genre. Dans l'un et l'autre cas, l'engagement des hommes n'est possible qu'au prix d'une appréhension du féminisme comme un mouvement désindexé de la seule expérience des femmes. Cette thèse contribue ainsi à la compréhension du sujet politique du féminisme, mais aussi plus largement, du sujet politique des mobilisations identitaires

  • Ouvrages

    Alban Jacquemart, Claude-Danièle Échaudemaison, Franck Bazureau, Serge Bosc, Jean-Pierre Cendron [et alii], Dictionnaire d'économie et de sciences sociales et politiques: bac & post-bac spécialités SES - HGGSP, Nathan, 2025, 639 p. 

    Pour comprendre l'économie et le monde contemporain. Pour bien comprendre son cours, réviser son Bac, réussir les concours... Un dictionnaire accessible et pratique : une édition entièrement mise à jour : plus de 2 000 définitions incluant de nombreux mots nouveaux ; des schémas explicatifs, des tableaux de synthèse et des données statistiques ; les grands courants de pensée et les principales lois de l'économie ; tous les domaines traités : économie, sociologie, science politique, droit, finance, comptabilité, démographie, etc. Des cahiers thématiques : un monde en mouvement : 7 synthèses illustrées pour analyser les transformations du monde depuis la fin du XVIIIe siècle ; un monde éclaté : 7 synthèses illustrées pour mettre en valeur la diversité du monde actuel sous l'angle social, démographique et économique. Un cahier de schémas et de données chiffrées. L'éco en schémas de synthèse illustrant certains mécanismes économiques : concurrence parfaite et imparfaite ; externalité positive ou négative ; besoins ou capacités de financement des agents économiques ; défaillances du marché ; l'innovation chez Schumpeter ; les différentes approches de la croissance économique ; comment l'État réduit-il les inégalités ? La France en chiffres : les principales statistiques de la France : balance des paiements ; budget général ; le chômage en France ; les entreprises en France ; la pyramide des âges. Des annexes utiles : l'analyse de 64 grandes oeuvres de l'économie et de la sociologie ; les outils statistiques et calculs de base ; les prix Nobel d'économie ; un lexique anglais-français ; les sigles usuels expliqués.

    Alban Jacquemart, Marion Charpenel, Marion Demonteil, Reguina Hatzipetrou-Andronikou, Le genre des carrières: inégalités dans l'administration culturelle, Ministère de la culture, Secrétariat général, département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation, 2022, Questions de culture, 214 p.  

    Dans l'administration française, les carrières des femmes évoluent toujours sous le plafond de verre. Le ministère de la Culture, souvent perçu comme spécifique parce que très féminisé, ne fait pas exception à la règle. Comment expliquer que les politiques d'égalité au travail peinent, même là, à contrer ce phénomène ? Fondé sur l'analyse de récits de vie de 65 membres de l'encadrement supérieur du ministère, cet ouvrage confirme le caractère très genré de leur parcours professionnel. Si les trois quarts des hommes interrogés ont une trajectoire ascendante, plus de la moitié des femmes rencontrées font l'expérience du plafonnement. Cette inégalité est à comprendre dans les logiques mêmes de la haute fonction publique et dans les règles, formelles et informelles, qui y prévalent pour faire carrière. Mais elle est aussi le fruit de mécanismes propres au secteur culturel

    Alban Jacquemart, Claude-Danièle Échaudemaison, Franck Bazureau, Serge Bosc, Jean-Pierre Cendron [et alii], Dictionnaire d'économie et de sciences sociales, Nathan, 2021, 639 p. 

    Alban Jacquemart, Catherine Marry, Laure Bereni, Sophie Pochic, Le plafond de verre et l'État: la construction des inégalités de genre dans la fonction publique, Armand Colin, 2020, 222 p.   

    A travers une centaine de portraits d'hommes et de femmes élaborés lors d'une enquête dans quatre directions ministérielles, les sociologues reviennent sur la question des inégalités de carrières entre les sexes dans le milieu des élites administratives. ©Electre 2018

    Alban Jacquemart, Claude-Danièle Échaudemaison, Gérard Péhaut, Jean-Yves Le Tessier, Robert Soin, Introduction à la pensée politique économique et sociologique: des clés pour comprendre le monde d'aujourd'hui, Nathan, 2019, Guide, 415 p. 

    Alban Jacquemart, Catherine Achin, Sandrine Lévêque, Marion Paoletti (dir.), Présidentielle 2017, Éditions La Découverte, 2018, 260 p. 

    Alban Jacquemart, Les hommes dans les mouvements féministes: socio-histoire d'un engagement improbable, Presses universitaires de Rennes, 2015, Archives du féminisme, 324 p. 

    "Comment des hommes deviennent des militants féministes ? Dépassant l'apparent paradoxe de la question, ce livre y répond en développant une sociologie historique et politique de cet engagement statistiquement minoritaire et socialement improbable. À partir d'entretiens biographiques avec des militants et de sources d'archives diversifiées, il analyse ainsi les contextes historiques et militants et les trajectoires sociales qui ont rendu possibles ces engagements féministes en France, depuis les débuts de la Troisième République jusqu'à la période contemporaine. Cette approche socio-historique des « carrières militantes » permet alors de distinguer deux principales modalités d'engagement des hommes dans des collectifs féministes : le registre humaniste, qui fonde les revendications au nom d'un individu universel, et le registre identitaire, mobilisé à partir d'un refus des assignations de genre. Dans l'un et l'autre cas, l'engagement des hommes n'est possible qu'au prix d'une appréhension du féminisme comme un mouvement désindexé de la seule expérience des femmes et de trajectoires sociales spécifiques. Au-delà d'un regard original sur les mobilisations féministes, ce livre contribue ainsi à enrichir la compréhension des engagements militants, invitant à saisir les dimensions genrées et les ressorts identitaires du militantisme et à prendre en compte les effets du sujet politique des mouvements sociaux sur les logiques d'engagement." [Source : 4e de couv.]

    Alban Jacquemart, Viviane Albenga, Laure Bereni (dir.), Appropriations ordinaires des idées féministes, De Boeck, 2015, 175 p. 

    Alban Jacquemart, Agnès Netter, Françoise Thibault (dir.), Orientations stratégiques pour les recherches sur le genre: rapport, novembre 2012, Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, 2013, 51 p. 

    Alban Jacquemart, Rose-Marie Lagrave, Les hommes dans les mouvements féministes français (1870-2010): sociologie d'un engagement improbable,, 2011, 480 p.  

    Cette thèse prend pour objet un militantisme statistiquement minoritaire et socialement improbable: l'engagement des hommes dans les mouvements féministes en France, depuis leur émergence politique à l'aube de la Troisième République jusqu'à la période contemporaine (1870-2010). À partir d'entretiens biographiques avec des militants et de sources d'archives diversifiées, elle se propose d'analyser ces engagements à la lumière de la sociologie du genre et de la sociologie du militantisme. En mobilisant la notion de « carrière militante », ce travail montre que le militantisme féministe des hommes se saisit à partir de l'articulation de dispositions individuelles, d'expériences de socialisation, de positions dans des réseaux et de contextes organisationnels. L'analyse permet alors de distinguer deux principales modalités d'engagement des hommes dans des collectifs féministes : le registre humaniste, qui fonde les revendications au nom d'un individu universel, et le registre identitaire, mobilisé à partir d'un refus des assignations de genre. Dans l'un et l'autre cas, l'engagement des hommes n'est possible qu'au prix d'une appréhension du féminisme comme un mouvement désindexé de la seule expérience des femmes. Cette thèse contribue ainsi à la compréhension du sujet politique du féminisme, mais aussi plus largement, du sujet politique des mobilisations identitaires

  • Articles

    Alban Jacquemart, « Au-delà du paradoxe : l’engagement masculin dans les mouvements féministes (France, 1870-2010) », St Etienne : Presses universitaires de Saint-Étienne (PUSE) et PERSÉE : CNRS & ENS de Lyon, 2013, pp. 237-249  

    Cette contribution explore les logiques sociales à l’œuvre dans l’engagement d’hommes dans les mouvements féministes en France, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. La comparaison entre les différentes époques et les diverses organisations féministes permet ainsi, au-delà des spécificités contextuelles, de mettre en évidence des traits récurrents dans les dispositions, positions et trajectoires des militants féministes. À partir de nombreuses archives et d’un corpus de 36 entretiens d’hommes ayant milité ou militant dans des associations ou groupes féministes, trois grands facteurs sont distingués pour comprendre, selon des combinaisons variables, les ressorts de ces engagements a priori paradoxaux. Ainsi, l’engagement féministe de ces hommes est appréhendé par leurs positions et dispositions sociales, leur insertion dans des réseaux politiques et intellectuels proches des mouvements féministes et les rétributions matérielles et/ ou symboliques retirées de leur militantisme.

  • Communications

    Alban Jacquemart, « Les femmes dans le corps préfectoral », le 08 novembre 2021 

    Organisée pour le CERSA, Université Panthéon-Assas / CNRS et l'IHEMI par Natacha Gally, Maîtresse de conférences à l'Université Panthéon-Assas (Paris2), CERSA et Pierre André Peyvel, Préfet honoraire, IHEMI.

    Alban Jacquemart, « Quelles pédagogies pour l’étudiant juriste ? », le 20 janvier 2011 

Encadrement doctoral

  • Thèses dirigées

    Lucie Longuet, La réception des politiques de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans l'enseignement supérieur : une étude comparée., soutenue en 2021 à Université Côte dAzur en co-direction avec Lucie Bargel 

    À l'ère « post-MeToo », les violences sexuelles et sexistes ont récemment connu un fort regain de visibilité dans l'espace public, médiatique et politique, et notamment dans l'Enseignement supérieur et de la Recherche : bien que ces violences soient dénoncées par des collectifs militants depuis le début des années 2000, la reconnaissance de leur existence dans le monde universitaire est assez récente. Néanmoins, la montée en puissance des discours féministes a permis l'émergence de réponses militantes et institutionnelles, tant au niveau national qu'à l'échelle des établissements, ce qui signale la constitution de ce phénomène en problème public. Mais si l'action publique contre ces violences existe et s'est renforcée ces dernières années, les contours de son institutionnalisation – c'est-dire son intégration dans les pratiques et discours des institutions universitaires [Blanchard et alii, 2018] – présentent des variations (parfois fortes) d'un établissement à l'autre. Cette institutionnalisation obéit à une double-dynamique : si elle est souvent synonyme d'une distanciation par rapport aux enjeux militants initiaux, elle contribue aussi à la diffusion de ce type de discours au sein des populations étudiantes. Il s'agira donc d'interroger la réception des politiques de lutte contre les violences sexistes et sexuelles par les populations étudiantes, à travers l'analyse qualitative croisée de 2 groupes établissements d'enseignement supérieur se différenciant à la fois par leurs caractéristiques et par la ligne politique adoptée en la matière. Cela permettra plus largement de saisir les modalités de construction d'un « espace de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles » [Bereni, 2012] au sein des établissements.

  • Membre du jury

    Anne Zhou-Thalamy, La race du marché : enquête sur les cadres supérieur·es racialisé·es comme asiatiques dans le monde des affaires en France, soutenue en 2025 à Paris EHESS sous la direction de Laure Bereni et Sarah Mazouz présidée par Jeanne Lazarus, membres du jury : Sophie Bernard (Rapp.), Sylvie Monchatre (Rapp.), Christelle Avril  

    Fondée sur une enquête de terrain mobilisant socio-histoire, observations et entretiens semi-directifs, la thèse porte sur la gestion racialisée des cadres supérieur·es asiatiques au sein des multinationales en France, ainsi que sur l’appropriation de ces formes raciales de gestion par les cadres qui en font l’objet. Dans une perspective constructiviste de la race, la thèse débute par une socio-histoire inédite de la racialisation des « Asiatiques » en France. Celle-ci met au jour la centralité du travail dans la racialisation de ce groupe. Dans un second temps, et à partir d’une ethnographie au sein de multinationales, la thèse documente un mode de dicibilité légitime de la race dans les grandes entreprises internationalisées : le « management interculturel ». Légitimées par le vocabulaire de la gestion et arrimées à la logique de marché, les différents discours et productions sur les « différences culturelles » réinvestissent presque sans exception les tropes racialisants exposés dans le chapitre premier. La thèse montre ensuite que, dans ce contexte, les cadres racialisé·es comme asiatiques font l’objet d’un management racial, leur assignation raciale étant requalifiée par les gestionnaires en « expertise » sur l’Asie, un marché économique « à conquérir », en forte croissance pour de nombreuses multinationales. En retournant le regard et en mobilisant les entretiens semi-directifs effectués auprès des cadres supérieur·es racialisé·es comme asiatiques, la thèse explore ensuite les liens entre socialisation raciale et travail qualifié. Elle montre que le travail peut être appréhendé, d’une part, comme une instance de socialisation aux normes de la blanchité et, d’autre part, comme un lieu d’apprentissage d’un style d’asianité spécifique, compatible avec la raison des affaires. Enfin, la thèse se centre sur la part stratégique et travaillée de l’assignation raciale des cadres supérieur·es perçu·es comme asiatiques, face à la valorisation contingente et gestionnaire de leur assignation raciale. La thèse propose ainsi deux déplacements. Elle révèle, en se centrant sur l’espace des multinationales, les dimensions proprement racialisées du travail en haut de la hiérarchie organisationnelle de ces organisations capitalistes. Conjointement, elle met au jour la centralité du travail dans la construction sociale de la race, qui contribue à (re)produire les frontières raciales et ce qu’elles renferment.

    Lucia de los Angeles Valdivia Ramirez, Continuités et renouvellements de l’engagement féministe : le cas du Planning familial en Rhône-Alpes, soutenue en 2025 à Lyon 2 sous la direction de Lilian Mathieu présidée par Éléonore Lépinard, membres du jury : Maud Simonet (Rapp.), Sandrine Lévêque (Rapp.), Michelle Zancarini-Fournel  

    Cette thèse de doctorat en science politique analyse les continuités et renouvellements de l’engagement féministe au sein des associations départementales du Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) en Rhône-Alpes. Ancrée dans une perspective sociohistorique, la recherche vise à comprendre comment les militantes du MFPF, une organisation fondée en 1956 et centrale au sein du féminisme français, maintiennent et renouvellent leur engagement face aux changements sociaux et politiques.L’étude s’appuie sur une méthodologie mixte, combinant des observations participantes, des entretiens biographiques avec les militantes actuelles et anciennes, des questionnaires en ligne, et un dépouillement d’archives. Cette approche permet de comparer les trajectoires des générations militantes, de l’ « ancienne » à la « nouvelle » garde, et d’analyser les formes distinctes de socialisation politique, les identités collectives et les carrières militantes façonnées au sein du MFPF.Un des points centraux de l'analyse est de comprendre comment ces militantes, issues de contextes sociaux et politiques variés, intègrent et adaptent leur engagement féministe en fonction des transformations institutionnelles, culturelles et sociopolitiques. À travers une étude des processus de socialisation primaire et secondaire, ainsi que des mécanismes d'institutionnalisation du militantisme au sein du MFPF, la recherche met en lumière les effets biographiques et les capitaux militants mobilisés pour perpétuer cet engagement.Le travail montre également l'importance de la professionnalisation des structures militantes et des coalitions inter-organisationnelles. Ces évolutions contribuent à la pérennité du mouvement tout en posant des défis liés à la formalisation et à l'évolution des pratiques militantes.L’analyse, intégrant des niveaux micro, méso et macro-sociologiques, vise à enrichir les théories des mouvements sociaux féministes en France, en apportant un éclairage sur la persistance et le renouvellement de l’activisme dans une organisation emblématique comme le Planning familial. Elle interroge les conditions de survie d'un tel mouvement dans des contextes de backlash antiféministe, tout en mettant en avant les facteurs de maintien et de renouvellement de l'engagement militant.

    Alix Sponton, Se montrer présent : réception du congé de paternité, parentalités et masculinités de la grossesse à la petite enfance, soutenue en 2023 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Marta Dominguez Folgueras et Ariane Pailhé, membres du jury : Laura Bernardi (Rapp.), Agnès Martial (Rapp.), Olivia Samuel   

    Les congés destinés aux pères sont considérés comme des leviers d’action clefs pour réduire les inégalités de genre. À partir d’enquêtes quantitatives et d’entretiens auprès d’hommes avant et après la naissance de leur premier enfant, cette thèse questionne dans quelle mesure, et par quels procédés, le congé de paternité de deux semaines (2002-2021) favorise effectivement la participation masculine aux tâches parentales et ménagères en France. Elle croise sociologie de l’action publique, de la famille et du genre. Alors que la littérature s’est d’abord intéressée aux effets de la durée des congés, cette thèse montre que la période de recours révèle des interprétations et usages variés de la politique, qui n’ont pas les mêmes implications. Lorsqu’il est posé dès la naissance, le congé entraine un pic d’engagement paternel. A plus long terme, les hommes qui ont posé un congé participent légèrement plus aux tâches les plus valorisées, mais leurs compagnes ne réduisent pas leur investissement temporel. Ainsi, sans la mise en place d’autres arrangements professionnels durables, le recours perturbe peu la division genrée des rôles parentaux. Par ailleurs, le suivi des trajectoires parentales souligne que la façon dont les pères s’approprient la politique préfigure, plus qu’elle n’influence, différents « styles de paternité ».Finalement, le recours au congé est particulièrement emblématique des normes de « présence paternelle » actuelles, en ce qu’il permet à la plupart des pères de rendre visible un intérêt pour l’enfant sans compromettre l’activité professionnelle. Le prestige lié à la démonstration de l’implication paternelle n’est cependant pas également accessible à tous.

    Hélène Demilly, La mixité en ordre de marché : genre et modernisation dans une banque coopérative, soutenue en 2023 à Paris 10 sous la direction de Valérie Boussard et Laure Bereni présidée par Sophie Pochic, membres du jury : Pascale Moulévrier (Rapp.), François Sarfati (Rapp.), Charles Gadéa   

    Cette thèse porte sur les politiques managériales de « mixité » et leurs appropriations dans les organisations à partir d’une enquête monographique menée dans une banque mutualiste, les Caisses Populaires Kairmonys. Interrogeant la transformation des inégalités de genre en lien avec le développement de dispositifs de capitalisme « vertueux », elle combine une sociologie genrée des organisations avec une étude de l'appropriation de la norme d'égalité des sexes et des idées féministes, dans le contexte de l’émergence du mouvement #MeToo. Grâce à des méthodes ethnographiques, elle se situe à la croisée de trois champs de recherche, portant sur le genre des organisations, les politiques managériales d’égalité et les appropriations des idées féministes. Montrant comment la mixité se construit en étroite relation avec un impératif de « modernisation » de l’organisation, cette recherche étudie la manière dont, par le biais de leurs politiques internes, les entreprises contribuent à façonner le sens de l’égalité.

    Cécile Talbot, Lever le rideau sur les rapports sociaux : l'engagement pour l'égalité femmes-hommes comme rapport au travail et à la valeur dans le monde du spectacle, soutenue en 2023 à Université de Lille 2022 sous la direction de Anne-Cécile Douillet, membres du jury : Laure Bereni (Rapp.), Marie Buscatto (Rapp.), Emmanuelle Bouilly et Eve Meuret-Campfort   

    La thèse porte sur le rapport dévalorisé des femmes au travail, à travers l'étude d'une mobilisation pour l'égalité femmes-hommes dans le domaine du spectacle vivant. À partir d'une enquête par entretiens et observation participante, auprès d'un réseau d'associations mixtes de professionnel-les du spectacle vivant engagé-es pour l'égalité femmes-hommes, elle examine les trajectoires des militant-es ainsi que le travail militant des associations, sous le prisme du rapport au travail et de la construction de l'identité professionnelle. L'analyse montre comment, dans le cadre hiérarchisé du théâtre public français, la perception de la division sexuelle du travail et du capital artistiques construisent chez les femmes une identité professionnelle fragile et illégitime. Elle examine les conditions de possibilité de la transformation du sentiment d'injustice en moteur de mobilisation : en observant le rapport subjectif au travail, et aux possibilités d'accès au capital artistique, elle montre que la conscience de classe de sexe alimente tout autant qu'elle contraint la mobilisation, individuellement comme collectivement.

    Rosario López Robles, Imaginaires associatifs féministes : l'engagement militant à l'épreuve de la professionnalisation au sein des associations du Planning Familial (France) et l'União de Mulheres Alternativa e Resposta (Portugal), soutenue en 2020 à Reims sous la direction de Emmanuelle Leclercq présidée par Charles Gadéa, membres du jury : Matthieu Hély (Rapp.), Françoise Laot  

    Cette thèse analyse l'engagement associatif du Planning Familial, mouvement féministe et d'éducation populaire en France, et de l'UMAR, l'União de Mulheres Alternativa e Resposta, organisation féministe au Portugal. Ces deux associations sont définies comme des imaginaires associatifs féministes, concept central de la thèse, qui montre des espaces collectifs comme étant marqués par les controverses, stratégies militantes et tensions résultant des différentes formes d'articulation entre les processus de militantisme et les processus de professionnalisation.La recherche s'appuie sur une démarche analytique qualitative par l’exploitation, de sources historiques, d’observations ethnographiques, de recueil de récits militants, à travers la réalisation d'une quarantaine d'entretiens approfondis et d'une vingtaine d'entretiens courts de bénévoles et de salarié.e.s. Cette recherche se compose de trois parties. Dans un premier temps, l’analyse socio-historique éclaire les processus de construction d'une action militante féministe, mais montre également l'entrée et la consolidation progressives des processus d'institutionnalisation et de professionnalisation dans les différents contextes associatifs. La deuxième partie étudie les dimensions militantes de l'engagement associatif, incluant les parcours d'engagement, les paradigmes et les positionnements féministes portés par les militant.e.s et les groupes associatifs, ainsi que leurs représentations individuelles et collectives. Dans un troisième temps, les approches et les actions professionnelles à caractère politisé sont analysées dans les deux associations, notamment en ce qui concerne la sexualité et l'égalité.