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Samuel Hayat

Chargé de recherche, Sociologie et sciences du droit.

Centre d'Études et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales — CERAPS
Centre National de la Recherche ScientifiqueCentre d'Études et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales

Actualités scientifiques

Journée d'étude
19 sept. 2024 · Paris
Atelier
3 juin 2024 · Paris
Journée d'étude
5 juin 2023 · Paris
Atelier
30 sept. 2022 · Fontainebleau
Parution
28 juin 2022
Journée d'étude
29 nov. 2021 · Paris
Séminaire
5 nov. 2019 · Paris
Séminaire
12 juin 2019 · Saint-Etienne
Parution
14 fév. 2019
Journée d'étude
14 fév. 2019 · Lille
Colloque
15 nov. 2018 · Lille

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Au nom du peuple français : la représentation politique en question autour de la révolution de 1848 en France, soutenue en 2011 à Paris 8 sous la direction de Bertrand Guillarme 

    Sous la Restauration, le mouvement libéral invente une forme politique nouvelle, le gouvernement représentatif. Après la révolution de 1830, sous la monarchie de Juillet, sa mise en œuvre fait naître parmi les mouvements ouvrier et républicain en construction des usages inclusifs de la représentation politique, visant l’émancipation des représentés par l’association, en opposition avec ceux du gouvernement représentatif, qui reposent sur l’usage exclusif de la représentation comme moyen de gouvernement. La révolution de février 1848 ouvre une période où coexistent plusieurs institutions de représentation du peuple : le Gouvernement provisoire, la Garde nationale, le mouvement clubiste et la Commission de gouvernement pour les travailleurs. S’appuyant sur les usages ouvriers et républicains de la représentation, la réalisation de leur mandat suppose la participation des représentés. Ce système est mis à l’épreuve au cours des journées du 17 mars, du 16 avril et du 15 mai ; chaque fois, la question de la représentation politique est au centre des affrontements sur l’interprétation de ces événements. Les antagonismes qui se révèlent alors aboutissent à la constitution progressive de deux conceptions de la République, la République modérée et la République démocratique et sociale, fondées sur des usages distincts de la représentation politique. Elles s’affrontent au cours de l’insurrection de juin 1848, et la victoire des modérés condamne la République démocratique et sociale à l’oubli. Cette expérience n’est néanmoins pas perdue : après juin 1848, elle est théorisée par Pierre-Joseph Proudhon, pour devenir un des fondements du socialisme démocratique contemporain.

  • Ouvrages

    Samuel Hayat, Julien Talpin, Sarah Abdelnour, Bruno Amable, Sophie Bernard [et alii], Nouveau peuple, nouvelle gauche, Éditions Amsterdam, 2026 

    Samuel Hayat, Corinne Péneau, Yves Sintomer (dir.), La représentation avant le gouvernement représentatif, Presses universitaires de Rennes, 2025, Histoire, 366 p.  

    Ce volume collectif réunit des contributions d’historiens et de politistes spécialistes de la représentation politique au sein d’espaces variés (France, Aragon, Saint-Empire, Suède, péninsule italienne, Chine, etc. ) aux époques médiévale et moderne. Le volume souligne le rôle joué par la représentation symbolique (rituels, images, cérémoniaux) dans les pratiques politiques et éclaire, à partir d’une large palette d’exemples, les pratiques parlementaires médiévales et modernes et les différentes manières de représenter le peuple, par des procédures inscrites dans la loi ou, au contraire, apparues lors de périodes de révoltes. Il constitue ainsi une invitation à mieux évaluer, par contraste, la signification de la démocratie représentative contemporaine

    Samuel Hayat, Vincent Martigny, Claire Alet, Laurent Berger, Audrey Célestine [et alii], Les temps nouveaux: en finir avec la nostalgie des Trente Glorieuses, Éditions du Seuil, 2025, 249 p. 

    Les Trente Glorieuses sont-elles un mythe indépassable ? Dans notre époque incertaine, la nostalgie de ces années de prospérité et d'insouciance s'invite partout. Pas un jour ne passe sans que soient vantés un monde de liberté adossé à des valeurs traditionnelles, une société éprise de travail, une France culturellement homogène, traversée par des clivages politiques invariables. Des temps plus simples et plus optimistes, dans lesquels la fin du mois et la fin du monde étaient moins confondues qu'aujourd'hui. La mélancolie pour le passé semble naturelle lorsqu'elle pleure le paradis perdu de la jeunesse et des illusions éteintes. Mais lorsqu'elle se mue en récit politique, ne nous empêche-t-elle pas de faire face aux défis du présent et de préparer l'avenir ? Ce livre donne la parole à quatorze autrices et auteurs qui se penchent sur cette tendresse pour un passé vécu comme une promesse brisée. En posant leur regard sur différentes facettes de notre société, de la sexualité à la croissance, de la consommation à l'environnement et au travail, de la famille à l'autorité politique et aux mouvements sociaux, tous constatent l'impasse d'un hypothétique retour aux solutions d'antan. Pour en sortir, ils proposent les coordonnées d'un nouvel imaginaire politique afin d'entrer dans les temps nouveaux qui sont les nôtres.

    Samuel Hayat, Julien Talpin, Sarah Abdelnour, Bruno Amable, Sophie Bernard [et alii], Nouveau peuple, nouvelle gauche, Éditions Amsterdam, 2025, Les livres de l'Institut La Boétie, 278 p. 

    Samuel Hayat, Julien Weisbein, Introduction à la sociohistoire des idées politiques, De Boeck supérieur, 2025, Ouvertures politiques, 272 p. 

    Alors que la démocratie contemporaine est fondée sur le débat d'idées, il est parfois difficile de s'y retrouver entre les différents courants : libéralisme, conservatisme, socialisme, républicanisme, communisme, fascisme, national-socialisme, etc. Ce manuel décrit et analyse ainsi, des révolutions du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, les soubassements sociaux, institutionnels et théoriques des idées politiques contemporaines et de leurs regroupements dans des idéologies en compétition. Il propose une histoire des idées politiques en contexte, en les réinscrivant dans les sociétés et les grands débats de leur temps et en les resituant dans les transformations sociohistoriques plus amples de l'Etat et des structures sociales, économiques et techniques. Cette nouvelle édition aborde les questions contemporaines de la politisation des identités, notamment de genre et de race, et de la crise écologique

    Samuel Hayat, Revolutionary republicanism: participation and representation in 1848 France, Routledge et Taylor & Francis Group, 2024, Routledge studies in radical history and politics, 229 p. 

    Samuel Hayat, Jonathan Barbier, Ludovic Frobert, Bernadette Bensaude-Vincent, José Ramón Bertomeu Sánchez [et alii], Une imagination républicaine: François-Vincent Raspail, 1794-1878, Presses universitaires de Franche-Comté, 2022, Les Cahiers de la MSHE Ledoux (Archives de l'imaginaire social), 260 p.  

    Longtemps décrite comme de simple vulgarisation, l’œuvre de François-Vincent Raspail (1794-1878) mérite aujourd’hui un nouvel examen. Il doit être conduit en portant attention à la multiplicité des expressions de cette œuvre – chimie, économie, médecine, agronomie, météorologie, pensée politique et sociale – ; et en tentant d’en signaler la portée créative ainsi que sa volonté d’en diffuser les lumières au plus grand nombre afin de lui permettre de participer aux progrès en cours. Il s’agit aussi de mettre en exergue le développement de cette réflexion avec une inscription souvent décisive de Raspail dans les événements de son temps, de la révolution de 1830 jusqu’à la Troisième République.

    Samuel Hayat, Nicolas Kaciaf, Cédric Passard (dir.), Le porte-parole: Fondements et métamorphoses d'un rôle politique, Presses universitaires du Septentrion, 2022, Espaces politiques, 380 p.  

    Samuel Hayat, Julien Talpin, Audric Vitiello (dir.), Dispositifs de la démocratie: entre participation, délibération et représentation, Classiques Garnier Numérique, 2022, Classiques Garnier en ligne (Bibliothèque de science politique), 304 p.  

    Samuel Hayat, Carole Christen, Caroline Fayolle (dir.), S'unir, travailler, résister: les associations ouvrières au XIXe siècle, Presses universitaires du Septentrion, 2021, Histoire et civilisations, 288 p.  

    Samuel Hayat, Démocratie, Anamosa, 2021, Le mot est faible, 91 p.  

    Samuel Hayat, Aux origines de la République démocratique et sociale: associations ouvrières et journaux rouges en 1848 conférence-débat, Institut CGT d'histoire sociale du livre parisien, 13 mars 2019, Institut CGT d'histoire sociale du livre parisien, 2020, 59 p. 

    Samuel Hayat, Julien Weisbein, Introduction à la sociohistoire des idées politiques, De Boeck supérieur, 2020, Ouvertures politiques, 255 p. 

    Samuel Hayat, Karl Marx, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, Nouveau monde éditions, 2018, Chronos, 174 p.  

    Samuel Hayat, Judith Lyon-Caen, Federico Tarragoni (dir.), La singularité, ENS Éditions, 2018, 254 p. 

    Samuel Hayat, Corinne Péneau, Yves Sintomer (dir.), La représentation-incarnation, Presses de Sciences Po, 2018, 197 p. 

    Samuel Hayat, Amina Damerdji, Natalia La Valle, Anthony Pecqueux, Christelle Rabier (dir.), Les sciences humaines et sociales au travail, ENS Éditions, 2018, 265 p. 

    Samuel Hayat, Camille Paloque-Bergès (dir.), Pirater, ENS éd., 2014, 250 p. 

    Samuel Hayat, Quand la République était révolutionnaire: citoyenneté et représentation en 1848, Éditions du Seuil, 2014, 404 p. 

    "L'insurrection imprévue de février 1848 a fait naître une République. Mais que recouvre exactement ce mot ? Loin de s'enfermer dans des discussions savantes, cette question fait l'objet de débats publics, de manifestations et d'affrontements, en particulier dans les rues de Paris. Deux conceptions opposées de la République se constituent. D'un côté, la République modérée, défendue par la majorité du Gouvernement provisoire puis de l'Assemblée nationale, selon laquelle la République se résume dans l'élection au suffrage "universel" (les femmes en restent exclues). D'un autre côté, la République démocratique et sociale, qui rallie des membres de clubs, des ouvriers, de simples citoyens, pour lesquels la République n'a de sens que si elle permet au peuple de participer directement aux affaires publiques, de garder le contrôle sur ses représentants et d'asssurer l'émancipation des travailleurs. L'échec de l'insurrection de juin permet le triomphe de la République modérée et des institutions du gouvernement représentatif, mais la République démocratique et sociale se maintient, comme horizon révolutionnaire, au sein du mouvement ouvrier naissant. En retrouvant les discours et controverses sur le sens de la citoyenneté et de la représentation, cette plongée dans le printemps 1848 laisse entrevoir la possibilité d'une République émancipatrice, non advenue mais dont la puissance révolutionnaire est toujours actuelle. " [4 ème de couverture]

    Samuel Hayat, Yves Sintomer (dir.), La représentation politique, Presses de Sciences Po, 2013, 180 p. 

    Samuel Hayat, Démocratie et gouvernement représentatif: une réflexion critique autour de l'ouvrage de Bernard Manin,, 2003, 226 p. 

    Samuel Hayat, Aux origines de la République démocratique et sociale: associations ouvrières et journaux rouges en 1848 conférence-débat, Institut CGT d'histoire sociale du livre parisien, 13 mars 2019, Institut CGT d'histoire sociale du livre parisien, 59 p.  

  • Communications

    Samuel Hayat, « Une utopie face au droit. Enjeux politiques des statuts juridiques des coopératives de travailleuses et travailleurs (du XIXe siècle à nos jours) », le 12 décembre 2024 

    Colloque organisé par Sciences Po sous la direction scientifique de Caroline Fayolle, MCF, Histoire contemporaine, Institut Universitaire de France/Université de Montpellier ; Etienne Lamarche, MCF, Histoire du droit et des institutions, Université Paris Nanterre et Camille Ternier, Chercheuse Post-doctorale, chaire Espace de l’École Normale Supérieure – Université PSL

    Samuel Hayat, « Penser le plébéianisme », le 19 septembre 2024 

    Journée d'études organisée par le CEVIPOF - Institut d’études politiques de Paris, Sciences Po, avec la collaboration de l’Université Ca’ Foscari de Venise, de la UPenn de Philadelphie et l'ANR “La théorie politique au travail” (THEOVAIL), sous la direction scientifique de Samuel Hayat et Alessandro Mulieri

    Samuel Hayat, « Qu’est-ce que la philosophie politique ? », le 03 juin 2024 

    Atelier organisé par le Centre des savoirs sur le politique. Recherches et analyses (CESPRA), EHESS, Université paris Panthéon-Assas sous la direction scientifique de Luc Foisneau, Cespra/CNRS/EHESS et Patrick Savidan, CECP/Panthéon-Assas

    Samuel Hayat, « L’actualité critique du contrat social », le 05 juin 2023 

    Journée d’étude organisée par Malek Bouyahia et Cornelia Möser - Cresppa-GTM

    Samuel Hayat, « Representation, legitimacy and deliberation », le 30 septembre 2022 

    Organisé par l'Ecole Internationale d'Etudes Politiques et le Laboratoire LIPHA, Université Paris-Est Créteil.

    Samuel Hayat, « Quand la politique prend langue », le 29 novembre 2021 

    Organisé par le Centre d'études constitutionnelles et politiques (CECP) de l'Univ. Paris II Panthéon-Assas et le CERAPS, UMR 8026 de l'université de Lille, du CNRS et de Sciences Po Lille

    Samuel Hayat, « Un regard politique », le 05 novembre 2019 

    Séminaire du Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (CESPRA), EHESS.

    Samuel Hayat, « Proudhon chez les gilets jaunes », le 12 juin 2019 

    Organisé par le Département d'Etudes Politiques et Territoriales de Saint-Etienne, Triangle (UMR 5206) et le CERCRID (UMR 5137)

    Samuel Hayat, « Les Gilets jaunes. Enigmes et premières pistes d’analyse », le 14 février 2019 

    Conférence-débat organisée par le CERAPS (UMR 8026), en partenariat avec Médiapart et Médiacités.

    Samuel Hayat, « Les élu·e·s aiment-ils la démocratie ? », le 15 novembre 2018 

    Samuel Hayat, « Les acteurs européens du “printemps des peuples” 1848 », le 31 mai 2018 

    Colloque international du cent soixante-dixième anniversaire organisé par le Centre d'histoire du XIXe siècle

    Samuel Hayat, « Anarchisme et sciences sociales », le 23 mars 2018 

    Organisé par Samuel Hayat, Chargé de recherche CNRS et Sidonie Verhaeghe, Docteure en science politique

    Samuel Hayat, « Porter la parole. Modalités, contraintes et métamorphoses d'un rôle politique », le 11 janvier 2018 

    Organisé par Cédric Passard et Nicolas Kaciaf, Maîtres de conférences en science politique à Sciences Po Lille et Samuel Hayat, Chargé de recherche au CERAPS-CNRS

    Samuel Hayat, « Modernités républicaines », le 24 novembre 2016 

    Le Centre européen d’études républicaines (CEDRE) de Paris Sciences et Lettres propose un colloque international pour inaugurer sa création. Celui-ci se tiendra sous le Haut Patronage du Président de la République.

    Samuel Hayat, « Le tournant délibératif. Bilan, critiques, perspectives », le 16 juin 2011 

    Colloque organisé par le CEE, le CESPRA, le CESSP, le CRESPPA, le LabTop, Sophiapol, avec le soutien du GIS Participation et de l'AFSP.

Encadrement doctoral

  • Thèses dirigées

    Quentin Schwanck, La République comme technocratie religieuse au cours du premier XIXe siècle. Le savoir et le sacré des rangs du saint-simonisme au premier ministère de l'instruction publique et des cultes de la Deuxième République (Jean Reynaud, Hippolyte Carnot et Edouard Charton), soutenue en 2023 à Lyon École normale supérieure sous la direction de Ludovic Frobert présidée par Juliette Grange, membres du jury : Frédéric Brahami (Rapp.), Michael Drolet (Rapp.), Michel Bellet et Chloé Gaboriaux   

    Il s’agit dans cette thèse de mettre en lumière la diffusion d’un ensemble de conceptions technocratiques issues du saint-simonisme dans le mouvement républicain français au cours du premier XIXe siècle. Dans cette optique, nous étudions l’itinéraire intellectuel et partisan du triumvirat constitué par Jean Reynaud, Hippolyte Carnot et Édouard Charton, dissidents saint-simoniens qui, en 1848, dirigent collégialement le premier Ministère de l’instruction publique et des cultes de la Deuxième République, et mettent en place la toute première « école d’administration » de l’histoire républicaine française.Nous étudions dans un premier temps la pensée de Saint-Simon lui-même, pour préciser comment elle peut, dans une certaine lecture, faire émerger les conditions de possibilité idéologique d’une pensée politique technocratique, qui se déploie véritablement au sein de la « Première Église saint-simonienne » où se rencontrent et se forment intellectuellement les membres du triumvirat. Ceux-ci réinvestissent ces thèmes technocratiques dans l’Encyclopédie nouvelle de Jean Reynaud (corpus qui aspire à constituer le manifeste idéologique du jeune parti républicain dès 1833) où les humains sont hiérarchisés, ontologiquement et politiquement, par rapport à leurs « capacités », et où science et religion sont appelés à converger au sommet de l’État. Usant du registre discursif qui caractérise la « religiosité quarante-huitarde » pour théoriser une pensée républicaine singulière, le triumvirat envisage de réformer la société par l’action d’une caste administrative non soumise à l’élection et légitimée par sa « capacité scientifique ». C’est ce projet, tout à la fois progressiste et paternaliste, qui est initié par la mise en place de la toute première École d’administration, laquelle ne cherche pas seulement à former des techniciens, mais surtout des « esprits universels » capables d’administrer l’ensemble des activités humaines dans le cadre d’une nouvelle Weltanschauung.

  • Membre du jury

    Willy Gibard, Entreprendre et travailler autrement ? : Représentations, pratiques et trajectoires d'engagements dans les coopératives de production à la CGT (1981-2023), soutenue en 2025 à Lyon 2 sous la direction de Sophie Beroud présidée par Sophie Bernard, membres du jury : Éric Agrikoliansky (Rapp.), Anne-Catherine Wagner (Rapp.), Maxime Quijoux  

    Cette recherche doctorale entend renseigner, dans des perspectives socio-historique et ethnographique, les conditions de réception et d’appropriation des thématiques relatives aux coopératives de production et à « l’ESS » au sein de la CGT, tout en articulant l’étude de ces productions discursives et idéelles aux pratiques concrètes des syndicalistes au sein des coopératives. La recherche propose en effet de saisir les effets des reprises d’entreprise sur le travail, sur l’organisation syndicale mais aussi sur les trajectoires professionnelles et militantes des salarié.es. La combinaison des approches sociohistorique et ethnographique, a constitué un dispositif d’enquête à part entière pour penser l’objet d’étude. Mêlant les apports des approches dispositionnelles et intersectionnelles, l’enquête de terrain s’appuie sur des archives, des observations participantes et des entretiens avec les acteur.es. La thèse renouvelle les études sur les coopératives de production en s’intéressant, dans une perspective multiscalaire et diachronique, à la fois aux pratiques discursives et à la manière dont ces représentations impactent les pratiques concrètes des militant.es au sein des coopératives. Ce travail doctoral se situe à la croisée de trois sous-disciplines. Tout d’abord, les résultats présentés dans cette thèse constituent à leur échelle une contribution à l’histoire sociale des idées politiques, des coopératives de production et de « l’ESS ». Ce travail renseigne la production, la circulation et l’appropriation de ces thématiques tout comme les agent.es participant à l’introduction de celles-ci au sein d’une organisation syndicale. Ce faisant, cette thèse propose une analyse des transformations doctrinales de la CGT sur le temps long – quatre décennies – à travers l’étude de ces idées connexes. Ensuite, il complète certains apports de la sociologie politique du syndicalisme en étudiant de manière ethnographique ce qui apparaît comme des pratiques cogestionnaires syndicales mais aussi les ressorts de l’engagement syndical en milieu populaire. Les adaptations de l’organisation syndicale, autant pratiques que discursives, au sein des coopératives sont pensées avec les mutations dans le travail impactant les modes de subjectivation politique du salariat subalterne. Enfin, il contribue à la sociologie du travail au sein des coopératives, à la compréhension du rapport salarial en leur sein et aux modes de mise au travail dans ces entreprises considérées comme différentes, en pensant ensemble les reconfigurations du rapport salarial, de l’organisation du travail et des modes de résistance.

    Marie Davidoux, 1848, objet romanesque oublié : mémoire de la révolution de 1848 dans la fiction française (1848-1885), soutenue en 2025 à Université Paris Cité sous la direction de Paule Petitier présidée par Corinne Perrin-Saminadayar, membres du jury : Judith Lyon-Caen (Rapp.), Olivier Bara (Rapp.), Jacques-David Ebguy  

    La révolution de 1848, que l'on impute à la littérature, que l'on accuse dans le même temps de n'être qu'une révolution de « belles phrases » ou que l'on désigne comme pivot d'une certaine modernité dans l'histoire littéraire, est la révolution littéraire dont on n'a paradoxalement pas étudié la présence en littérature. L'enjeu de notre thèse réside dans la constitution d'un objet dont la critique littéraire a perdu la mémoire : le corpus des romans et nouvelles qui proposent une mémoire littéraire directe de l'événement. Notre étude vise à exhumer une part de l'histoire littéraire jusque-là occultée par une critique fascinée par la modernité et le cryptage des textes. Nous proposons d'analyser la fabrique romanesque de la révolution de 1848 et d'étudier la conscience historique de la littérature, considérant que celle-ci, lorsqu'elle met en fiction le fait historique, contribue à le façonner et à instituer son événementialité.

    Quentin Schwanck, La République comme technocratie religieuse au cours du premier XIXe siècle. Le savoir et le sacré des rangs du saint-simonisme au premier ministère de l'instruction publique et des cultes de la Deuxième République (Jean Reynaud, Hippolyte Carnot et Edouard Charton), soutenue en 2023 à Lyon École normale supérieure sous la direction de Ludovic Frobert présidée par Juliette Grange, membres du jury : Frédéric Brahami (Rapp.), Michael Drolet (Rapp.), Michel Bellet et Chloé Gaboriaux   

    Il s’agit dans cette thèse de mettre en lumière la diffusion d’un ensemble de conceptions technocratiques issues du saint-simonisme dans le mouvement républicain français au cours du premier XIXe siècle. Dans cette optique, nous étudions l’itinéraire intellectuel et partisan du triumvirat constitué par Jean Reynaud, Hippolyte Carnot et Édouard Charton, dissidents saint-simoniens qui, en 1848, dirigent collégialement le premier Ministère de l’instruction publique et des cultes de la Deuxième République, et mettent en place la toute première « école d’administration » de l’histoire républicaine française.Nous étudions dans un premier temps la pensée de Saint-Simon lui-même, pour préciser comment elle peut, dans une certaine lecture, faire émerger les conditions de possibilité idéologique d’une pensée politique technocratique, qui se déploie véritablement au sein de la « Première Église saint-simonienne » où se rencontrent et se forment intellectuellement les membres du triumvirat. Ceux-ci réinvestissent ces thèmes technocratiques dans l’Encyclopédie nouvelle de Jean Reynaud (corpus qui aspire à constituer le manifeste idéologique du jeune parti républicain dès 1833) où les humains sont hiérarchisés, ontologiquement et politiquement, par rapport à leurs « capacités », et où science et religion sont appelés à converger au sommet de l’État. Usant du registre discursif qui caractérise la « religiosité quarante-huitarde » pour théoriser une pensée républicaine singulière, le triumvirat envisage de réformer la société par l’action d’une caste administrative non soumise à l’élection et légitimée par sa « capacité scientifique ». C’est ce projet, tout à la fois progressiste et paternaliste, qui est initié par la mise en place de la toute première École d’administration, laquelle ne cherche pas seulement à former des techniciens, mais surtout des « esprits universels » capables d’administrer l’ensemble des activités humaines dans le cadre d’une nouvelle Weltanschauung.

    Christos Andrianopoulos, Louis Blanc et l’organisation du travail dans la première moitié du XIXe siècle, soutenue en 2023 à Paris EHESS sous la direction de Maurizio Gribaudi et Michèle Riot-Sarcey présidée par Dinah Ribard, membres du jury : Ludovic Frobert (Rapp.), Louis Hincker (Rapp.), Caroline Fayolle et Manuela Martini  

    Au cours de la première moitié du XIXe siècle, l’idée de l’« organisation du travail » incarne la lutte contre trois menaces majeures pour la société et le monde du travail : la destruction de l’ordre social provoquée par la Révolution de 1789, le risque d’un retour aux anciennes corporations et la progression rapide de la division capitaliste du travail. La nécessité d’imposer un nouvel ordre dans le travail est un lieu commun chez les socialistes et une partie de l’élite ouvrière. Pour autant, elle n’est pas perçue de la même manière par tous. Pour des nombreux auteurs démocrates, l’« organisation du travail » ne serait que l’aboutissement de la mise en place d’une série de réformes politiques ; pour les ouvriers, elle symbolise notamment un projet associatif. C’est cependant Louis Blanc qui fait de cette idée un projet politique autonome. Dans cette thèse, nous présentons l’« organisation du travail » non seulement comme un fil directeur de la réflexion de Louis Blanc mais aussi comme un véritable engagement politique. À l’encontre d’autres études qui réduisent son apport théorique à une contribution à la pensée républicaine et circonscrivent l’examen de son parcours politique au seul cadre de la Révolution de 1848, cette étude essaie de montrer que l’« organisation du travail », idée qu’il élabore depuis sa jeunesse, trouve son origine dans son observation de la réalité du monde du travail et dans son apprentissage du réformisme social. S’inspirant des idées saint-simoniennes, il conçoit, durant les années 1830, une théorie d’organisation sociale bâtie sur l’idée de l’association universelle. Celle-ci va être enrichie dans les années 1840 par une réflexion sur le concept de l’État instructeur et l’élaboration du projet des ateliers sociaux ; elle sera par la suite transformée en un programme politique concret durant la Révolution de 1848, lorsque Louis Blanc, en sa qualité de président de la commission du Luxembourg, essaiera de tisser des liens avec les ouvriers. Au sein du Luxembourg, les frictions avec ces derniers l’amèneront cependant à faire certaines concessions théoriques qui vont transformer par la suite la manière dont nous apercevons la question sociale aux XIXe siècle.