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Samuel Hayat

Chargé de recherche, Sociologie et sciences du droit.

Centre d'Études et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales — CERAPS
Centre National de la Recherche ScientifiqueCentre d'Études et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales

Actualités scientifiques

Journée d'étude
19 sept. 2024 · Paris
Atelier
3 juin 2024 · Paris
Journée d'étude
5 juin 2023 · Paris
Atelier
30 sept. 2022 · Fontainebleau
Parution
28 juin 2022

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Au nom du peuple français : la représentation politique en question autour de la révolution de 1848 en France, soutenue en 2011 à Paris 8 sous la direction de Bertrand Guillarme 

    Sous la Restauration, le mouvement libéral invente une forme politique nouvelle, le gouvernement représentatif. Après la révolution de 1830, sous la monarchie de Juillet, sa mise en œuvre fait naître parmi les mouvements ouvrier et républicain en construction des usages inclusifs de la représentation politique, visant l’émancipation des représentés par l’association, en opposition avec ceux du gouvernement représentatif, qui reposent sur l’usage exclusif de la représentation comme moyen de gouvernement. La révolution de février 1848 ouvre une période où coexistent plusieurs institutions de représentation du peuple : le Gouvernement provisoire, la Garde nationale, le mouvement clubiste et la Commission de gouvernement pour les travailleurs. S’appuyant sur les usages ouvriers et républicains de la représentation, la réalisation de leur mandat suppose la participation des représentés. Ce système est mis à l’épreuve au cours des journées du 17 mars, du 16 avril et du 15 mai ; chaque fois, la question de la représentation politique est au centre des affrontements sur l’interprétation de ces événements. Les antagonismes qui se révèlent alors aboutissent à la constitution progressive de deux conceptions de la République, la République modérée et la République démocratique et sociale, fondées sur des usages distincts de la représentation politique. Elles s’affrontent au cours de l’insurrection de juin 1848, et la victoire des modérés condamne la République démocratique et sociale à l’oubli. Cette expérience n’est néanmoins pas perdue : après juin 1848, elle est théorisée par Pierre-Joseph Proudhon, pour devenir un des fondements du socialisme démocratique contemporain.

  • Ouvrages

    Samuel Hayat, Julien Talpin, Sarah Abdelnour, Bruno Amable, Sophie Bernard [et alii], Nouveau peuple, nouvelle gauche, Éditions Amsterdam, 2026, Les livres de l'Institut La Boétie, 278 p.  

    Éditorialistes et experts de plateaux TV le clament à tue-tête : la gauche et le peuple, c'est fini. En martelant cette idée comme une évidence, ils alimentent la prophétie autoréalisatrice du « divorce », fondée sur une vision fantasmée et dépassée de la classe ouvrière. Cet ouvrage coordonné par le sociologue Julien Talpin oppose à cette assertion simpliste un tableau actualisé des mondes populaires contemporains, de leurs aspirations et mobilisations, de ce qui les unit à la gauche et de ce qui les en éloigne. Qui sont ces classes populaires du XXIe siècle et quelle condition commune partagent-elles ? Leur fragmentation est-elle irrémédiable ? Trahies par la social-démocratie, sont-elles vraiment passées à droite ? Leurs mobilisations récentes dessinent-elles les contours d'une nouvelle relation entre la gauche et le peuple ? De l'entretien croisé avec Nancy Fraser et Jean-Luc Mélenchon à la postface de Clémence Guetté, il s'agit ici d'analyser en profondeur ce que porte en germe cette nouvelle réalité populaire. Un nouveau peuple s'est formé : une nouvelle gauche doit émerger à ses côtés

    Samuel Hayat, Quand la République était révolutionnaire: citoyenneté et représentation en 1848, Éditions du Seuil, 2026, L'Univers historique, 404 p.  

    "L'insurrection imprévue de février 1848 a fait naître une République. Mais que recouvre exactement ce mot ? Loin de s'enfermer dans des discussions savantes, cette question fait l'objet de débats publics, de manifestations et d'affrontements, en particulier dans les rues de Paris. Deux conceptions opposées de la République se constituent. D'un côté, la République modérée, défendue par la majorité du Gouvernement provisoire puis de l'Assemblée nationale, selon laquelle la République se résume dans l'élection au suffrage "universel" (les femmes en restent exclues). D'un autre côté, la République démocratique et sociale, qui rallie des membres de clubs, des ouvriers, de simples citoyens, pour lesquels la République n'a de sens que si elle permet au peuple de participer directement aux affaires publiques, de garder le contrôle sur ses représentants et d'asssurer l'émancipation des travailleurs. L'échec de l'insurrection de juin permet le triomphe de la République modérée et des institutions du gouvernement représentatif, mais la République démocratique et sociale se maintient, comme horizon révolutionnaire, au sein du mouvement ouvrier naissant. En retrouvant les discours et controverses sur le sens de la citoyenneté et de la représentation, cette plongée dans le printemps 1848 laisse entrevoir la possibilité d'une République émancipatrice, non advenue mais dont la puissance révolutionnaire est toujours actuelle. " [4 ème de couverture]

    Samuel Hayat, Julien Weisbein, Introduction à la sociohistoire des idées politiques, 2e édition, De Boeck supérieur, 2025, Ouvertures politiques, 272 p. 

    Alors que la démocratie contemporaine est fondée sur le débat d'idées, il est parfois difficile de s'y retrouver entre les différents courants : libéralisme, conservatisme, socialisme, républicanisme, communisme, fascisme, national-socialisme, etc. Ce manuel décrit et analyse ainsi, des révolutions du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, les soubassements sociaux, institutionnels et théoriques des idées politiques contemporaines et de leurs regroupements dans des idéologies en compétition. Il propose une histoire des idées politiques en contexte, en les réinscrivant dans les sociétés et les grands débats de leur temps et en les resituant dans les transformations sociohistoriques plus amples de l'Etat et des structures sociales, économiques et techniques. Cette nouvelle édition aborde les questions contemporaines de la politisation des identités, notamment de genre et de race, et de la crise écologique

    Samuel Hayat, Corinne Péneau, Yves Sintomer (dir.), La représentation avant le gouvernement représentatif, Presses universitaires de Rennes, 2025, Histoire, 366 p.  

    Ce volume collectif réunit des contributions d’historiens et de politistes spécialistes de la représentation politique au sein d’espaces variés (France, Aragon, Saint-Empire, Suède, péninsule italienne, Chine, etc. ) aux époques médiévale et moderne. Le volume souligne le rôle joué par la représentation symbolique (rituels, images, cérémoniaux) dans les pratiques politiques et éclaire, à partir d’une large palette d’exemples, les pratiques parlementaires médiévales et modernes et les différentes manières de représenter le peuple, par des procédures inscrites dans la loi ou, au contraire, apparues lors de périodes de révoltes. Il constitue ainsi une invitation à mieux évaluer, par contraste, la signification de la démocratie représentative contemporaine

    Samuel Hayat, Vincent Martigny, Claire Alet, Laurent Berger, Audrey Célestine [et alii], Les temps nouveaux: en finir avec la nostalgie des Trente Glorieuses, Éditions du Seuil, 2025, 249 p. 

    Les Trente Glorieuses sont-elles un mythe indépassable ? Dans notre époque incertaine, la nostalgie de ces années de prospérité et d'insouciance s'invite partout. Pas un jour ne passe sans que soient vantés un monde de liberté adossé à des valeurs traditionnelles, une société éprise de travail, une France culturellement homogène, traversée par des clivages politiques invariables. Des temps plus simples et plus optimistes, dans lesquels la fin du mois et la fin du monde étaient moins confondues qu'aujourd'hui. La mélancolie pour le passé semble naturelle lorsqu'elle pleure le paradis perdu de la jeunesse et des illusions éteintes. Mais lorsqu'elle se mue en récit politique, ne nous empêche-t-elle pas de faire face aux défis du présent et de préparer l'avenir ? Ce livre donne la parole à quatorze autrices et auteurs qui se penchent sur cette tendresse pour un passé vécu comme une promesse brisée. En posant leur regard sur différentes facettes de notre société, de la sexualité à la croissance, de la consommation à l'environnement et au travail, de la famille à l'autorité politique et aux mouvements sociaux, tous constatent l'impasse d'un hypothétique retour aux solutions d'antan. Pour en sortir, ils proposent les coordonnées d'un nouvel imaginaire politique afin d'entrer dans les temps nouveaux qui sont les nôtres.

    Samuel Hayat, Revolutionary republicanism: participation and representation in 1848 France, Routledge et Taylor & Francis Group, 2024, Routledge studies in radical history and politics, 229 p. 

    Samuel Hayat, Revolutionary Republicanism: Participation and Representation in 1848 France, Routledge, 2023 

    Samuel Hayat, Nicolas Kaciaf, Cédric Passard (dir.), Le porte-parole. Fondements et métamorphoses d’un rôle politique: Fondements et métamorphoses d'un rôle politique, Presses universitaires du Septentrion, 2022, Espaces politiques, 380 p.  

    Samuel Hayat, Samuel Hayat, Audric Vitiello, Audric Vitiello, Julien Talpin, Julien Talpin (dir.), Dispositifs de la démocratie. Entre participation, délibération et représentation: entre participation, délibération et représentation, Classiques Garnier Numérique, 2022, Classiques Garnier en ligne (Bibliothèque de science politique), 304 p.  

    Samuel Hayat, Jonathan Barbier, Ludovic Frobert, Bernadette Bensaude-Vincent, José Ramón Bertomeu Sánchez [et alii], Une imagination républicaine: François-Vincent Raspail, 1794-1878, Presses universitaires de Franche-Comté, 2022, Les Cahiers de la MSHE Ledoux (Archives de l'imaginaire social), 260 p.  

    Longtemps décrite comme de simple vulgarisation, l’œuvre de François-Vincent Raspail (1794-1878) mérite aujourd’hui un nouvel examen. Il doit être conduit en portant attention à la multiplicité des expressions de cette œuvre – chimie, économie, médecine, agronomie, météorologie, pensée politique et sociale – ; et en tentant d’en signaler la portée créative ainsi que sa volonté d’en diffuser les lumières au plus grand nombre afin de lui permettre de participer aux progrès en cours. Il s’agit aussi de mettre en exergue le développement de cette réflexion avec une inscription souvent décisive de Raspail dans les événements de son temps, de la révolution de 1830 jusqu’à la Troisième République.

    Samuel Hayat, Carole Christen, Caroline Fayolle (dir.), S’unir, travailler, résister: Les associations ouvrières au XIXe siècle, Presses universitaires du Septentrion, 2021, Histoire et civilisations, 288 p.  

    Samuel Hayat, Démocratie, Anamosa, 2021, Le mot est faible, 91 p.  

    Samuel Hayat, Julien Weisbein, Introduction à la sociohistoire des idées politiques, De Boeck supérieur, 2020, Ouvertures politiques, 255 p. 

    Samuel Hayat, Aux origines de la République démocratique et sociale: associations ouvrières et journaux rouges en 1848 conférence-débat, Institut CGT d'histoire sociale du livre parisien, 13 mars 2019, Institut CGT d'histoire sociale du livre parisien, 2020, 59 p. 

    Samuel Hayat, Judith Lyon-Caen, Federico Tarragoni (dir.), La singularité, ENS Éditions, 2018, 254 p. 

    Samuel Hayat, Corinne Péneau, Yves Sintomer (dir.), La représentation-incarnation, Presses de Sciences Po, 2018, 197 p. 

    Samuel Hayat, Amina Damerdji, Natalia La Valle, Anthony Pecqueux, Christelle Rabier (dir.), Les sciences humaines et sociales au travail, ENS Éditions, 2018, 265 p. 

    Samuel Hayat, Virginie Dutoya, Prétendre représenter la représentation politique comme revendication, 1e éd., Presses de Sciences Po, 2016, 115 p.  

    La représentation politique est ici explorée dans cette double dimension à partir des récentes propositions analytiques de Michael Saward autour de la notion de representative claims. Les différents terrains empiriques présentés dans ce dossier mettent en avant l'intérêt d'une approche constructiviste de la représentation politique.

    Samuel Hayat, Camille Paloque-Bergès (dir.), Pirater, ENS éd., 2014, 250 p. 

    Samuel Hayat, Yves Sintomer (dir.), La représentation politique, Presses de Sciences Po, 2013, 180 p. 

    Samuel Hayat, La République, la rue et l'urne, 1e éd., Pouvoirs, 2006, 116, 3144 p.  

    RésuméLa République étant née de la rue, les républicains de gouvernement au xixe siècle ne peuvent se contenter d’en réprimer indistinctement toutes les apparitions. Ils construisent la rue revendicatrice comme un lieu de subversion factieuse, quand elle ne se plie pas à un lien de subordination vis-à-vis du pouvoir. Le suffrage « universel » devient le seul moyen d’expression politique légitime, rendant la rue redondante et suspecte.

    Samuel Hayat, Démocratie et gouvernement représentatif: une réflexion critique autour de l'ouvrage de Bernard Manin, 2003, 226 p. 

    Samuel Hayat, Aux origines de la République démocratique et sociale: associations ouvrières et journaux rouges en 1848 conférence-débat, Institut CGT d'histoire sociale du livre parisien, 13 mars 2019, Institut CGT d'histoire sociale du livre parisien, 59 p.  

  • Chapitres d'ouvrage

    Samuel Hayat, « La construction historique de l'unité ouvrière », in Julien Talpin (dir.), Nouveau peuple, nouvelle gauche, Amsterdam, 2025   

    Samuel Hayat, « Pour un nouveau désordre démocratique », in Vincent Martigny (dir.), Les temps nouveaux. En finir avec la nostalgie des Trente Glorieuses, Seuil, 2025 

    Samuel Hayat, « « C’est une révolution populaire. » », in Emmanuelle Reungoat, François Buton (dir.), Idées reçues sur les Gilets jaunes : un marqueur des luttes sociales contemporaines, Le Cavalier Bleu, 2024, pp. 35-41  

    Samuel Hayat, « La représentation des intérêts en République : perspective socio-historique », in Guillaume Courty, Marc Milet (dir.), Les groupes d’intérêt en France, Classiques Garnier, 2023, pp. 53-74   

    Samuel Hayat, Julien Talpin, Audric Vitiello, « Introduction. La science politique entre faits et normes », Dispositifs de la démocratie. Entre participation, délibération et représentation, 2022, pp. 7-24   

    Samuel Hayat, Cedric Passard, Nicolas Kaciaf, « Porte-paroles ouvriers et construction de la classe ouvrière autour de la révolution de 1848 », Le porte-parole. Fondements et métamorphoses d’un rôle politique, Presses Universitaires du Septentrion, 2022, pp. 9-32   

    Samuel Hayat, « La représentation de la classe ouvrière », La représentation politique. Anthologie, 2021   

    Samuel Hayat, Caroline Fayolle, Carole Christen, « Introduction. L’histoire des associations ouvrières au XIXe siècle : débats et enjeux », in Carole Christen, Caroline Fayolle, Samuel Hayat (dir.), S’unir, travailler, résister. Les associations ouvrières au XIXe siècle, Presses universitaires du Septentrion, 2021, pp. 9-27 

    Samuel Hayat, Sidonie Verhaeghe, « L’émancipation avec et par la science ? Penser les liens entre anarchisme(s) et sciences sociales », in Sidonie Verhaeghe (dir.), Anarchisme et sciences sociales. Actes du colloque de Lille - mars 2018, Atelier Creation Libertaire, 2021, pp. ?   

    Samuel Hayat, « Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865)) », Jean-Numa Ducange, Razmig Keucheyan et Stéphanie Roza (ed.), Histoire globale des socialismes, PUF, 2021   

    Samuel Hayat, Corinne Péneau, Yves Sintomer, « Conclusion », La représentation avant le gouvernement représentatif, 2020   

    Samuel Hayat, « Representation as Proposition: Democratic Representation after the Constructivist Turn », in Disch, Lisa, Urbinati, Nadia, van de Sande, Mathijs (dir.), The Constructivist Turn in Political Representation, Edinburgh University Press, 2019   

    Samuel Hayat, « La République du travail : 1848 et l’invention d’un républicanisme socialiste ouvrier », in Christin, Olivier (dir.), Républiques et républicanismes. Les cheminements de la liberté, Le Bord de l'eau, 2019   

    Samuel Hayat, « L’économie morale et le pouvoir », in Confavreux, Joseph (dir.), Le fond de l'air est jaune. Comprendre une révolte inédite, Seuil, 2019, pp. 17-28   

    Samuel Hayat, « L'Assemblea, il Presidente, il Partito e l'Associazione: la rappresentanza-incarnazione durante la Seconda Repubblica », in Pietro Adamo, Antonio Chiavistelli, Paolo Soddu (dir.), Forme e Metamorfosi della Rappresentanza politica 1848 1948 1968, 2019   

    Samuel Hayat, « Varieties of Inclusive Representation », in Castiglione, Dario, Pollak, Johannes (dir.), Creating Political Presence. The New Politics of Democratic Representation, The University of Chicago Press, 2018 

    Samuel Hayat, « Working-Class Socialism in 1848 in France », The 1848 Revolutions and European Political Thought, Cambridge University Press, 2018   

    Samuel Hayat, « The Construction of Proudhonism within the IWMA », "Arise Ye Wretched of the Earth": The First International in a Global Perspective, Brill, 2018   

    Samuel Hayat, « Étudier les idées en révolution. Questions de méthode », in Gaboriaux, Chloé, Skornicki, Arnault (dir.), Vers une histoire sociale des idées politiques, Presses universitaires du Septentrion, 2017   

    Samuel Hayat, « La volonté et l’intérêt. Les transformations de la représentation, XVIIe-XIXe siècles », in Crignon, Philippe, Miqueu, Christophe (dir.), Représentation politique et transformations de la citoyenneté, XVIIe-XXIe siècle, Classiques Garnier, 2017, pp. 37-51   

    Samuel Hayat, « Un candidat "impossible" : la construction de la candidature Raspail à l’élection présidentielle de décembre 1848 », in Barbier, Jonathan, Frobert, Ludovic (dir.), Une imagination républicaine. François-Vincent Raspail (1794-1878), Presses universitaires de Franche-Comté, 2017   

    Samuel Hayat, « Guizot et Tocqueville, penseurs de leur temps », in Charle, Christophe, Jeanpierre, Laurent (dir.), La vie intellectuelle en France. I. Des lendemains de la Révolution à 1914, Seuil, 2016   

    Samuel Hayat, « Les journaux rouges du « printemps 1848 ». Le Journal des travailleurs et Le Tocsin des travailleurs », Quand les socialistes inventaient l’avenir. Presse, théories et expériences, 1825-1860, La Découverte, 2015   

    Samuel Hayat, « Rethinking Representation, Citizenship and Identity : Toward a Radical Pluralism », in Jan Harald Alnes, Manuel Toscano (dir.), Varieties of Liberalism : Contemporary Callenges, Cambridge Scholars Publishing, 2014   

    Samuel Hayat, « Les ouvriers au temps de Proudhon : éléments d'histoire sociale », Proudhon et les identités ouvrières, 2014   

    Samuel Hayat, « La souveraineté populaire », Citoyenneté, république, démocratie en France 1789-1899, 2014   

    Samuel Hayat, « Les proudhoniens de la Première Internationale », Qui est proudhonien ?, 2013   

    Samuel Hayat, « De l'anarchisme proudhonien au syndicalisme révolutionnaire : une transmission problématique », Proudhon et l’anarchisme, 2012   

    Samuel Hayat, « Démocratie participative et impératif délibératif : enjeux d’une confrontation », in Marie-Hélène Bacqué, Yves Sintomer (dir.), La démocratie participative. Histoire et généalogie, La Découverte, 2011   

    Samuel Hayat, « Pour le droit et contre la loi : les origines ouvrières de l'anarchisme proudhonien », in Anne-Sophie Chambost (dir.), Proudhon : droit ou morale ?, 2011   

    Samuel Hayat, « Le fédéralisme proudhonien à l'épreuve des nationalités », in Jorge Cagiao y Conde (dir.), Le fédéralisme : le retour ?, 2010   

    Samuel Hayat, « Déconnecter les revenus de l'emploi : une nouvelle philosophie du travail ? », Proudhon, une philosophie du travail, 2008   

    Samuel Hayat, « Lectures antilibérales de Proudhon dans l’entre-deux guerres », Lectures de Proudhon au XXe siècle. Acte du colloque du 2 décembre 2006, 2007   

    Samuel Hayat, « Proudhon et le socialisme dans les journaux républicains de 1848 », Proudhon et la presse. Actes du Colloque du 14 janvier 2006, 2006   

    Samuel Hayat, « Proudhon et la République de 1848 dans les Confessions d’un révolutionnaire », Proudhon et la République. Actes du colloque de décembre 2004, 2005   

  • Préfaces / Postfaces

    Samuel Hayat, préface à Karl Marx, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, Nouveau monde éditions, 2018, Chronos, 174 p.  

  • Articles

    Samuel Hayat, « La souveraineté contre la politique : les usages antipolitiques du rousseauisme sous la Révolution », Annales historiques de la Révolution française, Armand Colin, 2025, n°419, pp. 49-78   

    Jean-Jacques Rousseau fait l’objet d’un véritable culte pendant la Révolution, culminant avec son entrée au Panthéon en 1794, au moment même où la réaction thermidorienne restreint les droits des sociétés populaires, illustrant une tension entre la célébration de Rousseau et sa défense de la souveraineté du peuple. Mais cette tension n’est pas une contradiction : Rousseau n’était pas un partisan de la participation directe des citoyens aux affaires de l’État. Sa conception de la volonté générale ne laisse pas de place à la représentation, au conflit ou aux intérêts, ce qui conduit à une théorie marquée par une certaine forme d’unanimisme antipolitique, au nom du peuple souverain. Cette antipolitique fait l’objet d’une récupération et d’une adaptation par les différents acteurs révolutionnaires. Cela passe par la production d’écrits qui entendent adapter les idées rousseauistes au contexte institutionnel né de la Révolution, passant par une reprise de la représentation – mais combinée avec un pouvoir citoyen de surveillance. Cela passe aussi par une utilisation partisane des références à Rousseau pour délégitimer comme factieux des adversaires politiques accusés d’usurper la souveraineté du peuple. De tels emprunts à Rousseau sont réalisés par les aristocrates contre l’Assemblée, par les Girondins contre les Jacobins, par les Jacobins contre les parlementaires modérés, par le mouvement populaire parisien contre les représentants. Cette rhétorique contribue alors à un mouvement de politisation de l’antipolitique rousseauiste.

    Samuel Hayat, « Manifesting the revolutionary people: The Yellow Vest Movement and popular sovereignty », Constellations, Wiley, 2024, n°4   

    The Yellow Vest movement that emerged in France in 2018 brought together people from many and varied backgrounds and political affiliations, united by a common avoidance of partisan politics. This made it difficult to characterize them politically. They claimed to be a manifestation of the sovereign people as a whole, in a manner typical of populist social movements. To give substance to this claim, they used the imagery and symbols of the French Revolution, presenting themselves as the original constituent people returning to the political arena. But from this position, rather than calling for a popular government or a new populist leader, they intended to regain popular control over the actions of representatives, to monitor them and ensure that they acted in the general interest. In doing so, they reverted to a conception of popular sovereignty already seen in the Sans-Culottes movement and in the insurrections of the 19th century, but invisibilized by the now declining historical triumph of the institutions of party-political democracy.

    Samuel Hayat, « Les ouvriers peuvent-ils écrire ? Pour une histoire sociale des idées ouvrières au XIXe siècle », Consecutio Rerum : rivista critica della postmodernità, Roberto Finelli \& Francesco Toto, 2024, n°16, pp. 43-74   

    Une histoire sociale des idées ouvrières vise à rendre compte du rôle des idées dans la construction de la classe ouvrière, à partir de l’étude des textes produits par des ouvriers. Ces textes se trouvent concentrés, au XIXe siècle, dans les moments de crise politique, par exemple en France les révolutions de 1830 et de 1848, ainsi qu’à la fin du Second Empire. Des ouvriers y écrivent alors des textes au nom de la classe ouvrière. Pour rendre compte des conditions de possibilité d’écriture de ces textes sans céder au populisme, on peut les voir comme les résultats d’activités métapragmatiques d’interrogation sur les conditions mêmes d’existence d’un sujet ouvrier, situées dans la continuité de la désorganisation révolutionnaire du monde du travail, notamment par l’interdiction des corporations, qui forcent les ouvriers à s’interroger collectivement sur leurs modalités d’organisation. Les textes produits pendant les moments de crise sont alors rendus possibles par une activité souterraine continue d’écritures ouvrières, qui restent en-deçà de la visibilité pour l’histoire des idées car elles prennent des formes non reconnues par cette discipline, comme des écrits techniques, des statuts d’association ou des revendications – dont on trouve des témoignages, par exemple, dans les multiples expressions des typographes parisiens au XIXe siècle. Ces textes issus du monde du travail, dont les concepts et les idées se trouvent réinterprétés par les ouvriers eux-mêmes au moment des crises politiques, peuvent alors servir à un renouvellement des sources de la philosophie politique.

    Samuel Hayat, « Conceptualisations of Labour and the Making of the French Working Class in the 1830s », Redescriptions. Political Thought, Conceptual History and Feminist Theory, 2022, n°1, pp. 5-26   

    Samuel Hayat, « Unrepresentative Claims: Speaking for Oneself in a Social Movement », American Political Science Review, Cambridge University Press (CUP), 2022, n°3   

    Sometimes, people engaged in politics actively refuse to speak for anyone but themselves. These unrepresentative claims multiply in social movements in times of crisis. During the French Yellow Vest movement of 2018–2019, such unrepresentative claims were routinely made by Yellow Vest leaders, to the point of being a condition for having a leadership position in the movement. By making these unrepresentative claims, they declined any representative mandate, asserting their freedom from any instituted influence. However, by claiming to speak only for themselves, they also selected the aspects of their identity they performed. This allowed them to embody the people sharing this identity, recalling the medieval repraesentatio identitatis, but in a way adjusted to today’s greater personalization of politics. Drawing on this movement and on other examples of unrepresentative claims, we can delineate three broad ideal-types of identities that may be put forward by unrepresentative claims: generality, particularity, and individuality.

    Samuel Hayat, Olivier Fillieule, Sylvie Monchatre, « Trois regards sur le mouvement des  Gilets jaunes  », Nouvelle Revue du travail, Nouvelle revue du travail, 2020, n°17   

    Samuel Hayat, José María Rosales, « The Modernity of Political Representation, its Innovative Thrust and Transnational Semantic Transfers during the Sattelzeit (Eighteenth to Nineteenth Centuries) », Contributions to the history of concepts, Berghahn Journals, 2020, n°1, pp. 69-75 

    Samuel Hayat, « La carrière militante de la référence à Bernard Manin dans les mouvements français pour le tirage au sort », Participations - Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté, De Boeck Supérieur, 2019   

    Samuel Hayat, Sidonie Verhaeghe, Paula Cossart, « Penser le présent, étudier le passé », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2019, n°2 

    Samuel Hayat, Ludivine Bantigny, Jean-Paul Gaudillière, « Les Gilets jaunes une histoire de classe ? », Mouvements : des idées et des luttes, La découverte, 2019, pp. 12-23   

    Samuel Hayat, Alessandro Mulieri, « La représentation-incarnation chez Marsile de Padoue », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2018, n°72, pp. 71-88 

    Résumé Dans Le Défenseur de la paix, il y a deux théories de la représentation-incarnation. La première, décrite dans la première partie, traite des relations entre le premier législateur, le peuple (populus) ou le corps des citoyens tout entier ( universitas civium ), et la partie prépondérante ( valentior pars ). Le second modèle de représentation-incarnation, dans la deuxième partie de l’oeuvre, concerne la théorie marsilienne du Concile, qui représente le Christ législateur de la loi éternelle ou la congrégation des apôtres et leur Église. Les deux théories de la représentation-incarnation reflètent l’emploi typique au Moyen Âge du langage de la représentation dans la théorie corporative. Cependant, il existe une différence claire entre d’une part la relation qui lie la valentior pars et la civium universitas, et d’autre part celle entre le Concile comme congregatio et la fidelium universitas. Alors que dans le premier cas il semble que la valentior pars est simplement une fiction, une fiction normative qui fait écho aux théories des civilistes des universitates comme fictions juridiques, dans le second cas les membres du Concile sont des individus réels qui doivent se réunir physiquement dans un endroit donné. Dans les deux cas, les représentants incarnent un groupe humain (une universitas ) en en tenant lieu. Cependant, les deux théories ont des fonctions politiques différentes dans la pensée marsilienne.

    Samuel Hayat, « Les internationales ouvrières », Le Magasin du XIXe siècle, Société des Etudes Romantiques et Dix-neuviémistes (SERD), 2018   

    Samuel Hayat, Judith Lyon-Caen, Federico Tarragoni, « EditorialLa singularité », Tracés : Revue de Sciences Humaines, ENS Éditions, 2018, pp. 7-21   

    Samuel Hayat, Amina Damerdji, Natalia Valle, Anthony Pecqueux, « Éditorial. Le savoir-faire des revues », Tracés : Revue de Sciences Humaines, ENS Éditions, 2018, n°18, pp. 11-24   

    Samuel Hayat, Corinne Péneau, Yves Sintomer, « La représentation-incarnation », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2018, pp. 5-19 

    Samuel Hayat, Federico Tarragoni, Judith Lyon-Caen, « La singularité », Tracés : Revue de Sciences Humaines, ENS Éditions, 2018, n°34, p. 260 

    Samuel Hayat, « Incarner le peuple souverain : les usages de la représentation-incarnation sous la Seconde République », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2018, n°72   

    La représentation-incarnation ne disparaît pas avec le triomphe du gouvernement représentatif, fondé en principe sur la seule représentation-mandat. Sous la monarchie de Juillet, conservateurs et républicains font usage à la fois des logiques du mandat et de l’incarnation. En 1848, l’Assemblée constituante élue au suffrage universel masculin, face au peuple de Paris, s’impose comme la seule capable d’incarner le peuple, outrepassant les logiques inclusives de la représentation-mandat. Mais elle se trouve rapidement concurrencée par le président de la République, Louis Bonaparte, élu au suffrage universel masculin direct en décembre 1848. Sur la base commune de l’exclusion du peuple, deux conceptions de la représentation-incarnation s’affrontent alors : l’Assemblée s’appuie sur une identité de composition avec la nation pour défendre une représentation-incarnation parlementaire ; le président, maniant la référence napoléonienne, déploie une conception plébiscitaire de la représentation-incarnation, fondée sur une identité de sentiment avec le peuple. Face à ces deux institutions, deux autres formes de représentation-incarnation se font jour qui visent à inclure politiquement le peuple : les démocrates-socialistes de la Montagne mettent en œuvre, par le parti, une représentation-incarnation partisane qui s’appuie sur une identité d’opinion avec le peuple ; le mouvement ouvrier naissant construit, avec l’association, une forme de représentation-incarnation corporative, fondée sur une identité de condition.

    Samuel Hayat, Paula Cossart, « Actualité des approches historiques du politique : institutions, acteurs, idées », Revue Française de Science Politique (english - édition anglaise), Sciences Po University Press, 2017, n°2 

    Samuel Hayat, « La carrera militante de la referencia a Bernard Manin en los movimientos franceses a favor del sorteo », Daimon, Revista Internacional de Filosofía, Departamento de Filosof{\'i}a de la Universidad de Murcia, 2017, n°72   

    Samuel Hayat, « Une politique en mode mineur. Ordre patronal et ordre communautaire dans les mines du Nord au XIXe siècle », Politix, De Boeck Sup{\'e}rieur, 2017, n°119   

    Au sein de la Compagnie des Mines d'Anzin au XIX e siècle, la direction entend monopoliser le droit à organiser le monde commun des mineurs par l'imposition d'un ordre patronal. Mais face à celui-ci, un ordre communautaire se construit, reposant sur des normes et des pratiques propres aux mineurs et sur leur capacité à dire et faire le commun. La politisation ordinaire des mineurs repose alors indissociablement sur l'apprentissage de cet ordre communautaire et sur la mise en question de l'ordre patronal. Les grèves constituent des moments paroxystiques de l'affrontement entre ces deux ordres encastrés dans le monde commun des mineurs. La politisation des mineurs par la grève se trouve alors dans la continuité des formes ordinaires de leur politisation. Mais l'interaction entre ordres patronal et communautaire dans la grève aboutit à une division des mineurs et une réinterprétation de l'opposition entre ces ordres en termes de lutte de classes.

    Samuel Hayat, « Les savoirs et leurs publics : l’exemple du conservatoire des arts et métiers (19 e - 21e siècles) », Innovations - Revue d’économie et de management de l'innovation, De Boeck Sup{\'e}rieur, 2017, n°52   

    Depuis sa fondation en 1794, le Conservatoire des arts et métiers est à la fois un lieu de formation professionnelle et un lieu de démonstration au grand public des machines utilisées dans le processus de production. S’y pose ainsi la question de la transmission des savoirs techniques à différents publics et des formes de légitimation de ces savoirs. Au Conservatoire, le système des chaires fait que les savoirs sont construits non par rapport à des disciplines académiques, mais par rapport à des savoir-faire. Les savoirs transmis le sont par rapport à deux types de publics, progressivement séparés. D’un côté, un public de professionnels en formation, un savoir étant alors légitime parce qu’une fois transmis, il permet à l’enseigné d’être un travailleur efficace. D’un autre côté, le grand public, visé par des conférences et par le musée des arts et métiers, où la légitimité du savoir transmis tient à sa capacité à cultiver celui qui le reçoit. Mais dans les deux cas, ces objectifs sont subordonnés au progrès industriel national.

    Samuel Hayat, Virginie Dutoya, « Prétendre représenter. La construction sociale de la représentation politique », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2016, n°1, pp. 7-25   

    La notion de prétention à la représentation (representative claim), proposée notamment par Michael Saward, marque-t-elle un tournant constructiviste dans l’étude de la représentation politique ? L’idée selon laquelle le représentant impose une identité au représenté existait déjà chez Hobbes ou Pierre Bourdieu. Mais la théorie politique anglo-américaine, particulièrement depuis l’ouvrage de Hanna Pitkin, s’appuyait plutôt sur une conception de la représentation comme composition, le représenté préexistant à sa représentation. L’intérêt de l’approche de Saward est d’envisager les prétentions à la représentation comme des propositions qui peuvent être acceptées, refusées ou reformulées par les représentés. Les articles réunis dans ce dossier prennent cette approche au sérieux et la mettent à l’épreuve de terrains divers, faisant ressortir la performativité des prétentions à la représentation, leur caractère instituant et leur inscription dans des rapports de pouvoir.

    Samuel Hayat, « Républicains, socialistes et ouvriers face à l'émancipation des travailleurs (1830-1848) », Revue du MAUSS, Le Bord de l'eau, 2016, n°48   

    La Révolution de 1830 amène à la formulation de trois pensées où le mot d’émancipation joue un rôle central : la pensée républicaine, où l’émancipation est d’abord la souveraineté du peuple ; le socialisme, où elle passe par l’amélioration du sort des prolétaires par la science sociale ; dans le mouvement ouvrier naissant, l’émancipation est l’organisation des travailleurs. Au cours des premières années de la monarchie de Juillet, ces courants se rapprochent autour du mot d’ordre commun de l’association et dans l’expérience de la répression. Une nouvelle pensée de l’émancipation des travailleurs en émerge, et apparaît au grand jour au moment de la révolution de 1848. Elle fonde alors une interprétation de la République antagoniste à celle des républicains dits modérés : la République démocratique et sociale. Vaincue dans les urnes puis dans la rue, la République démocratique et sociale survit dans différents mouvements et réapparaît en 1871, dans la Commune de Paris.

    Samuel Hayat, Paula Cossart, « Étendre le domaine de la sociologie historique du politique », Revue Française de Science Politique (english - édition anglaise), Sciences Po University Press, 2015, n°56 

    Samuel Hayat, « The Revolution of 1848 in the History of French Republicanism », History of Political Thought, Imprint Academic, 2015, n°2   

    The revolution of February 1848 was a major landmark in the history of republicanism in France. During the July Monarchy, republicans were in favour of both universal suffrage and direct popular participation. But during the first months of the new republican regime, these principles collided, putting republicans to the test, bringing forth two conceptions of republicanism -- moderate and democratic-social. After the failure of the June insurrection, the former prevailed. During the drafting of the Constitution, moderate republicanism was defined in opposition to socialism and > unchecked popular participation. Conservatives and moderates promoted the image of the 'universality of citizens' as the real sovereign, acting only through the universal election of legislators and rulers.

    Samuel Hayat, « Se présenter pour protester. La candidature impossible de François-Vincent Raspail en décembre 1848 », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2014   

    Battus dans les urnes et dans la rue au printemps 1848, les « démocrates-socialistes » entendent faire entendre leur voix à l’élection présidentielle de décembre. S’ils refusent le principe même de la présidence, ils se divisent sur la stratégie à adopter. Une partie d’entre eux, réunis autour du journal Le Peuple, entendent promouvoir un candidat impossible, qui incarne par sa personne leur protestation. Ils choisissent François-Vincent Raspail, un chef clubiste, savant et médecin des pauvres, alors en prison. Cette candidature donne lieu à une controverse au cours de laquelle deux conceptions de la politique s’affrontent. Malgré un faible score national, Raspail cristallise un vote de classe, faisant de cette candidature une étape dans la construction du mouvement ouvrier français.

    Samuel Hayat, Loïc Petitgirard, « [Repères - Mise en contexte] Télé-Cnam : enjeux politiques et dispositifs techniques d’uneinnovation pédagogique », Cahiers d'histoire du Cnam, Cnam, 2014, n°1   

    Samuel Hayat, Paula Diehl, Yves Sintomer, « Introduction au dossier La représentation politique / Die politische Repräsentation », Trivium, Editions de la Maison des sciences de l'homme, 2014 

    Samuel Hayat, Camille Paloque-Bergès, « Transgressions pirates », Tracés : Revue de Sciences Humaines, ENS Éditions, 2014, pp. 7-19 

    Samuel Hayat, « Reconstruire l'égalité », Critique : revue générale des publications françaises et étrangères, Éditions de Minuit, 2014   

    Samuel Hayat, Paula Diehl, Yves Sintomer, « La représentation politique, dossier de la revue Trivium », Trivium, Editions de la Maison des sciences de l'homme, 2014 

    Samuel Hayat, Paula Cossart, Emmanuel Taïeb, « Science politique / histoire : obstacles à l'hybridation », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2014, n°3 

    Plan de l'article: Le coût d'entrée dans une autre discipline Le piège de l'ici et maintenant L'hyper-spécialisation

    Samuel Hayat, Camille Paloque-Bergès, « Pirater », Tracés : Revue de Sciences Humaines, ENS {\'E}ditions, 2014, n°26, p. 256 

    Le pirate est un personnage protéiforme, tant du fait de la pluralité des phénomènes auxquels il renvoie (les pirates historiques, les figures littéraires qui s’en inspirent, les pirates des mers ou des routes contemporains, les pirates informatiques) que par la diversité des champs dans lesquels il apparaît (savant, juridique, littéraire, technique…). Il est aussi un personnage étrange, par les connotations extrêmes et contradictoires que le terme pirate charrie. Parfois incarnation de la liberté la plus absolue et objet de fascination, le pirate est parallèlement l’« ennemi du genre humain » quand il est saisi par le droit. Ce numéro a pour but de prendre au sérieux cette ambiguïté, non pas en essayant de l’enfermer dans une typologie rassurante ou une définition unique, ni en prouvant au contraire l’irréductibilité des différents phénomènes pirates, mais en s’intéressant plutôt à la façon dont cette ambivalence et cette pluralité sont produites et à leurs effets sur les êtres qualifiés de pirates. Si la figure du pirate est sujette à des interprétations si contradictoires, c’est qu’il se joue quelque chose dans les luttes pour sa définition, dans les stratégies d’appropriation, de récupération et d’invalidation de ses usages, quelque chose qui peut et doit faire l’objet d’une investigation. (...)

    Samuel Hayat, « Running in Protest. The Impossible Candidacy of François-Vincent Raspail, December 1848 », Revue Française de Science Politique (english - édition anglaise), Sciences Po University Press, 2014   

    Samuel Hayat, « La représentation inclusive », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2013, n°50   

    Samuel Hayat, « Inclusive Representation », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2013, n°50   

    Samuel Hayat, « Participation, discussion et représentation : l’expérience clubiste de 1848 », Participations - Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté, De Boeck Supérieur, 2012, n°3   

    Samuel Hayat, « Les controverses autour du travail en 1848 », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2012, n°47, pp. 13-34   

    Samuel Hayat, « La République, la rue et l'urne », Pouvoirs - Revue française d’études constitutionnelles et politiques, Le Seuil, 2006, n°116, pp. 31-44   

  • Notices / fascicules

    Samuel Hayat, « Nationalités », in Chantal Gaillard, Georges Navet (dir.), Dictionnaire Proudhon, Aden, 2011   

    Samuel Hayat, « Démocratie industrielle (Démocratie ouvrière) », Dictionnaire Proudhon, 2011   

  • Autres publications

    Samuel Hayat, La foule contre les élus : qui représente le peuple souverain en démocratie ?, FGH invest, 2023   

    Samuel Hayat, Préface à Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte, 2017   

    Samuel Hayat, Retour sur la méthode de Naissance de l'anarchisme : pour une autre histoire des idées politiques, Soci{\'e}t{\'e} P.J. Proudhon, 2012   

    Article paru dans Archives proudhoniennes, 2012.

    Samuel Hayat, Retraites : “En niant l’existence de la contestation, le gouvernement nie l’existence du peuple”, 2023   

    Samuel Hayat, Magali Della Sudda, Clerc Denis, Pellenec Morgane, Trois regards sur les Gilets jaunes, 2019 

    Samuel Hayat, Nonna Mayer, Gabriel Rockhill, Maia Pal, One question : gilets jaunes [What is the significance of the Gilets Jaunes movement?], 2019, pp. --- 

    What is the significance of the Gilets Jaunes movement? We ask 15 leading thinkers to give a brief answer to this important and timely question. With responses from: Nonna Mayer, Gabriel Rockhill, Samuel Hayat, Maia Pal, Philippe Marliere, Julian Mischi, Enzo Traverso, Aurélie Dianara, Prabhat Patnaik, Ivan Bruneau, Diana Johnstone, John Mullen, Richard Greeman, Sophie Wahnich, Joshua Clover.

  • Communications

    Samuel Hayat, « Une utopie face au droit. Enjeux politiques des statuts juridiques des coopératives de travailleuses et travailleurs (du XIXe siècle à nos jours) », Une utopie face au droit. Enjeux politiques des statuts juridiques des coopératives de travailleuses et travailleurs (du XIXe siècle à nos jours), Paris, le 12 décembre 2024 

    Colloque organisé par Sciences Po sous la direction scientifique de Caroline Fayolle, MCF, Histoire contemporaine, Institut Universitaire de France/Université de Montpellier ; Etienne Lamarche, MCF, Histoire du droit et des institutions, Université Paris Nanterre et Camille Ternier, Chercheuse Post-doctorale, chaire Espace de l’École Normale Supérieure – Université PSL

    Samuel Hayat, « Penser le plébéianisme », Penser le plébéianisme, Paris, le 19 septembre 2024 

    Journée d'études organisée par le CEVIPOF - Institut d’études politiques de Paris, Sciences Po, avec la collaboration de l’Université Ca’ Foscari de Venise, de la UPenn de Philadelphie et l'ANR “La théorie politique au travail” (THEOVAIL), sous la direction scientifique de Samuel Hayat et Alessandro Mulieri

    Samuel Hayat, « Qu’est-ce que la philosophie politique ? », Qu’est-ce que la philosophie politique ?, Paris, le 03 juin 2024 

    Atelier organisé par le Centre des savoirs sur le politique. Recherches et analyses (CESPRA), EHESS, Université paris Panthéon-Assas sous la direction scientifique de Luc Foisneau, Cespra/CNRS/EHESS et Patrick Savidan, CECP/Panthéon-Assas

    Samuel Hayat, « L’actualité critique du contrat social », L’actualité critique du contrat social, Paris, le 05 juin 2023 

    Journée d’étude organisée par Malek Bouyahia et Cornelia Möser - Cresppa-GTM

    Samuel Hayat, « Representation, legitimacy and deliberation », Representation, legitimacy and deliberation, Fontainebleau, le 30 septembre 2022 

    Organisé par l'Ecole Internationale d'Etudes Politiques et le Laboratoire LIPHA, Université Paris-Est Créteil.

    Samuel Hayat, « Quand la politique prend langue », Quand la politique prend langue, Paris, le 29 novembre 2021 

    Organisé par le Centre d'études constitutionnelles et politiques (CECP) de l'Univ. Paris II Panthéon-Assas et le CERAPS, UMR 8026 de l'université de Lille, du CNRS et de Sciences Po Lille

    Samuel Hayat, « Un regard politique », Un regard politique, Paris, le 05 novembre 2019 

    Séminaire du Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron (CESPRA), EHESS.

    Samuel Hayat, « Proudhon chez les gilets jaunes », Proudhon chez les gilets jaunes, Saint-Etienne, le 12 juin 2019 

    Organisé par le Département d'Etudes Politiques et Territoriales de Saint-Etienne, Triangle (UMR 5206) et le CERCRID (UMR 5137)

    Samuel Hayat, « Les Gilets jaunes. Enigmes et premières pistes d’analyse », Les Gilets jaunes. Enigmes et premières pistes d’analyse, Lille, le 14 février 2019 

    Conférence-débat organisée par le CERAPS (UMR 8026), en partenariat avec Médiapart et Médiacités.

    Samuel Hayat, « Les élu·e·s aiment-ils la démocratie ? », Les élu·e·s aiment-ils la démocratie ?, Lille, le 15 novembre 2018 

    Samuel Hayat, « Conceptual History as a Tool for Social History: The Concept of Corporation in the Making of the French Working-Class », 21st International Conference on the History of Concepts, Malaga Spain, le 25 septembre 2018 

    Samuel Hayat, « Les acteurs européens du “printemps des peuples” 1848 », Les acteurs européens du “printemps des peuples” 1848, Paris, le 31 mai 2018 

    Colloque international du cent soixante-dixième anniversaire organisé par le Centre d'histoire du XIXe siècle

    Samuel Hayat, « Anarchisme et sciences sociales », Anarchisme et sciences sociales, Lille, le 23 mars 2018 

    Organisé par Samuel Hayat, Chargé de recherche CNRS et Sidonie Verhaeghe, Docteure en science politique

    Samuel Hayat, « Porter la parole. Modalités, contraintes et métamorphoses d'un rôle politique », Porter la parole. Modalités, contraintes et métamorphoses d'un rôle politique, Lille, le 11 janvier 2018 

    Organisé par Cédric Passard et Nicolas Kaciaf, Maîtres de conférences en science politique à Sciences Po Lille et Samuel Hayat, Chargé de recherche au CERAPS-CNRS

    Samuel Hayat, « The Parliament, the Emperor and the Party: varieties of popular embodiment representation after the 1848 revolution in France », Worshop Portrayal of Politics, Leyde Netherlands, le 15 décembre 2017 

    Samuel Hayat, « Representing the working-class: a case of embodiment-representation in the 19th c. », ECPR (European Consortium for Political Research) General Conference, Oslo Norway, le 06 septembre 2017 

    Samuel Hayat, « La carrière militante de la référence à Bernard Manin dans les mouvements français pour le tirage au sort », Colloque “Democracia, sorteo, representación. Actualidad de un debate de 2500 años”, Séville Italy, le 14 décembre 2016 

    Samuel Hayat, « 1848 et l’invention d’un républicanisme socialiste ouvrier », Colloque "Modernités républicaines", Paris, le 24 novembre 2016 

    Le Centre européen d’études républicaines (CEDRE) de Paris Sciences et Lettres propose un colloque international pour inaugurer sa création. Celui-ci se tiendra sous le Haut Patronage du Président de la République.

    Samuel Hayat, « The Republican Paradox: embodiment representation in 19th century France », Colloque Political representation beyond elections: a comparison China/Western countries, Beijing China, le 21 octobre 2016 

    Samuel Hayat, « The working-class as a subject in conceptual history », ECPR (European Consortium for Political Research) General Conference, Prague Czech Republic, le 07 septembre 2016 

    Samuel Hayat, « Democratic (non-)parliamentary representation: competing representative claims in 1848 revolutionary France », Congrès de l’International Political Science Association (IPSA), Poznan Poland, le 23 juillet 2016 

    Samuel Hayat, « Le tournant délibératif. Bilan, critiques, perspectives », Le tournant délibératif. Bilan, critiques, perspectives, le 16 juin 2011 

    Colloque organisé par le CEE, le CESPRA, le CESSP, le CRESPPA, le LabTop, Sophiapol, avec le soutien du GIS Participation et de l'AFSP.

Encadrement doctoral

  • Thèses dirigées

    Quentin Schwanck, La République comme technocratie religieuse au cours du premier XIXe siècle. Le savoir et le sacré des rangs du saint-simonisme au premier ministère de l'instruction publique et des cultes de la Deuxième République (Jean Reynaud, Hippolyte Carnot et Edouard Charton), soutenue en 2023 à Lyon École normale supérieure sous la direction de Ludovic Frobert présidée par Juliette Grange, membres du jury : Frédéric Brahami (Rapp.), Michael Drolet (Rapp.), Michel Bellet et Chloé Gaboriaux   

    Il s’agit dans cette thèse de mettre en lumière la diffusion d’un ensemble de conceptions technocratiques issues du saint-simonisme dans le mouvement républicain français au cours du premier XIXe siècle. Dans cette optique, nous étudions l’itinéraire intellectuel et partisan du triumvirat constitué par Jean Reynaud, Hippolyte Carnot et Édouard Charton, dissidents saint-simoniens qui, en 1848, dirigent collégialement le premier Ministère de l’instruction publique et des cultes de la Deuxième République, et mettent en place la toute première « école d’administration » de l’histoire républicaine française.Nous étudions dans un premier temps la pensée de Saint-Simon lui-même, pour préciser comment elle peut, dans une certaine lecture, faire émerger les conditions de possibilité idéologique d’une pensée politique technocratique, qui se déploie véritablement au sein de la « Première Église saint-simonienne » où se rencontrent et se forment intellectuellement les membres du triumvirat. Ceux-ci réinvestissent ces thèmes technocratiques dans l’Encyclopédie nouvelle de Jean Reynaud (corpus qui aspire à constituer le manifeste idéologique du jeune parti républicain dès 1833) où les humains sont hiérarchisés, ontologiquement et politiquement, par rapport à leurs « capacités », et où science et religion sont appelés à converger au sommet de l’État. Usant du registre discursif qui caractérise la « religiosité quarante-huitarde » pour théoriser une pensée républicaine singulière, le triumvirat envisage de réformer la société par l’action d’une caste administrative non soumise à l’élection et légitimée par sa « capacité scientifique ». C’est ce projet, tout à la fois progressiste et paternaliste, qui est initié par la mise en place de la toute première École d’administration, laquelle ne cherche pas seulement à former des techniciens, mais surtout des « esprits universels » capables d’administrer l’ensemble des activités humaines dans le cadre d’une nouvelle Weltanschauung.

  • Membre du jury

    Willy Gibard, Entreprendre et travailler autrement ? : Représentations, pratiques et trajectoires d'engagements dans les coopératives de production à la CGT (1981-2023), soutenue en 2025 à Lyon 2 sous la direction de Sophie Beroud présidée par Sophie Bernard, membres du jury : Éric Agrikoliansky (Rapp.), Anne-Catherine Wagner (Rapp.), Maxime Quijoux  

    Cette recherche doctorale entend renseigner, dans des perspectives socio-historique et ethnographique, les conditions de réception et d’appropriation des thématiques relatives aux coopératives de production et à « l’ESS » au sein de la CGT, tout en articulant l’étude de ces productions discursives et idéelles aux pratiques concrètes des syndicalistes au sein des coopératives. La recherche propose en effet de saisir les effets des reprises d’entreprise sur le travail, sur l’organisation syndicale mais aussi sur les trajectoires professionnelles et militantes des salarié.es. La combinaison des approches sociohistorique et ethnographique, a constitué un dispositif d’enquête à part entière pour penser l’objet d’étude. Mêlant les apports des approches dispositionnelles et intersectionnelles, l’enquête de terrain s’appuie sur des archives, des observations participantes et des entretiens avec les acteur.es. La thèse renouvelle les études sur les coopératives de production en s’intéressant, dans une perspective multiscalaire et diachronique, à la fois aux pratiques discursives et à la manière dont ces représentations impactent les pratiques concrètes des militant.es au sein des coopératives. Ce travail doctoral se situe à la croisée de trois sous-disciplines. Tout d’abord, les résultats présentés dans cette thèse constituent à leur échelle une contribution à l’histoire sociale des idées politiques, des coopératives de production et de « l’ESS ». Ce travail renseigne la production, la circulation et l’appropriation de ces thématiques tout comme les agent.es participant à l’introduction de celles-ci au sein d’une organisation syndicale. Ce faisant, cette thèse propose une analyse des transformations doctrinales de la CGT sur le temps long – quatre décennies – à travers l’étude de ces idées connexes. Ensuite, il complète certains apports de la sociologie politique du syndicalisme en étudiant de manière ethnographique ce qui apparaît comme des pratiques cogestionnaires syndicales mais aussi les ressorts de l’engagement syndical en milieu populaire. Les adaptations de l’organisation syndicale, autant pratiques que discursives, au sein des coopératives sont pensées avec les mutations dans le travail impactant les modes de subjectivation politique du salariat subalterne. Enfin, il contribue à la sociologie du travail au sein des coopératives, à la compréhension du rapport salarial en leur sein et aux modes de mise au travail dans ces entreprises considérées comme différentes, en pensant ensemble les reconfigurations du rapport salarial, de l’organisation du travail et des modes de résistance.

    Marie Davidoux, 1848, objet romanesque oublié : mémoire de la révolution de 1848 dans la fiction française (1848-1885), soutenue en 2025 à Université Paris Cité sous la direction de Paule Petitier présidée par Corinne Perrin-Saminadayar, membres du jury : Judith Lyon-Caen (Rapp.), Olivier Bara (Rapp.), Jacques-David Ebguy  

    La révolution de 1848, que l'on impute à la littérature, que l'on accuse dans le même temps de n'être qu'une révolution de « belles phrases » ou que l'on désigne comme pivot d'une certaine modernité dans l'histoire littéraire, est la révolution littéraire dont on n'a paradoxalement pas étudié la présence en littérature. L'enjeu de notre thèse réside dans la constitution d'un objet dont la critique littéraire a perdu la mémoire : le corpus des romans et nouvelles qui proposent une mémoire littéraire directe de l'événement. Notre étude vise à exhumer une part de l'histoire littéraire jusque-là occultée par une critique fascinée par la modernité et le cryptage des textes. Nous proposons d'analyser la fabrique romanesque de la révolution de 1848 et d'étudier la conscience historique de la littérature, considérant que celle-ci, lorsqu'elle met en fiction le fait historique, contribue à le façonner et à instituer son événementialité.

    Quentin Schwanck, La République comme technocratie religieuse au cours du premier XIXe siècle. Le savoir et le sacré des rangs du saint-simonisme au premier ministère de l'instruction publique et des cultes de la Deuxième République (Jean Reynaud, Hippolyte Carnot et Edouard Charton), soutenue en 2023 à Lyon École normale supérieure sous la direction de Ludovic Frobert présidée par Juliette Grange, membres du jury : Frédéric Brahami (Rapp.), Michael Drolet (Rapp.), Michel Bellet et Chloé Gaboriaux   

    Il s’agit dans cette thèse de mettre en lumière la diffusion d’un ensemble de conceptions technocratiques issues du saint-simonisme dans le mouvement républicain français au cours du premier XIXe siècle. Dans cette optique, nous étudions l’itinéraire intellectuel et partisan du triumvirat constitué par Jean Reynaud, Hippolyte Carnot et Édouard Charton, dissidents saint-simoniens qui, en 1848, dirigent collégialement le premier Ministère de l’instruction publique et des cultes de la Deuxième République, et mettent en place la toute première « école d’administration » de l’histoire républicaine française.Nous étudions dans un premier temps la pensée de Saint-Simon lui-même, pour préciser comment elle peut, dans une certaine lecture, faire émerger les conditions de possibilité idéologique d’une pensée politique technocratique, qui se déploie véritablement au sein de la « Première Église saint-simonienne » où se rencontrent et se forment intellectuellement les membres du triumvirat. Ceux-ci réinvestissent ces thèmes technocratiques dans l’Encyclopédie nouvelle de Jean Reynaud (corpus qui aspire à constituer le manifeste idéologique du jeune parti républicain dès 1833) où les humains sont hiérarchisés, ontologiquement et politiquement, par rapport à leurs « capacités », et où science et religion sont appelés à converger au sommet de l’État. Usant du registre discursif qui caractérise la « religiosité quarante-huitarde » pour théoriser une pensée républicaine singulière, le triumvirat envisage de réformer la société par l’action d’une caste administrative non soumise à l’élection et légitimée par sa « capacité scientifique ». C’est ce projet, tout à la fois progressiste et paternaliste, qui est initié par la mise en place de la toute première École d’administration, laquelle ne cherche pas seulement à former des techniciens, mais surtout des « esprits universels » capables d’administrer l’ensemble des activités humaines dans le cadre d’une nouvelle Weltanschauung.

    Christos Andrianopoulos, Louis Blanc et l’organisation du travail dans la première moitié du XIXe siècle, soutenue en 2023 à Paris EHESS sous la direction de Maurizio Gribaudi et Michèle Riot-Sarcey présidée par Dinah Ribard, membres du jury : Ludovic Frobert (Rapp.), Louis Hincker (Rapp.), Caroline Fayolle et Manuela Martini  

    Au cours de la première moitié du XIXe siècle, l’idée de l’« organisation du travail » incarne la lutte contre trois menaces majeures pour la société et le monde du travail : la destruction de l’ordre social provoquée par la Révolution de 1789, le risque d’un retour aux anciennes corporations et la progression rapide de la division capitaliste du travail. La nécessité d’imposer un nouvel ordre dans le travail est un lieu commun chez les socialistes et une partie de l’élite ouvrière. Pour autant, elle n’est pas perçue de la même manière par tous. Pour des nombreux auteurs démocrates, l’« organisation du travail » ne serait que l’aboutissement de la mise en place d’une série de réformes politiques ; pour les ouvriers, elle symbolise notamment un projet associatif. C’est cependant Louis Blanc qui fait de cette idée un projet politique autonome. Dans cette thèse, nous présentons l’« organisation du travail » non seulement comme un fil directeur de la réflexion de Louis Blanc mais aussi comme un véritable engagement politique. À l’encontre d’autres études qui réduisent son apport théorique à une contribution à la pensée républicaine et circonscrivent l’examen de son parcours politique au seul cadre de la Révolution de 1848, cette étude essaie de montrer que l’« organisation du travail », idée qu’il élabore depuis sa jeunesse, trouve son origine dans son observation de la réalité du monde du travail et dans son apprentissage du réformisme social. S’inspirant des idées saint-simoniennes, il conçoit, durant les années 1830, une théorie d’organisation sociale bâtie sur l’idée de l’association universelle. Celle-ci va être enrichie dans les années 1840 par une réflexion sur le concept de l’État instructeur et l’élaboration du projet des ateliers sociaux ; elle sera par la suite transformée en un programme politique concret durant la Révolution de 1848, lorsque Louis Blanc, en sa qualité de président de la commission du Luxembourg, essaiera de tisser des liens avec les ouvriers. Au sein du Luxembourg, les frictions avec ces derniers l’amèneront cependant à faire certaines concessions théoriques qui vont transformer par la suite la manière dont nous apercevons la question sociale aux XIXe siècle.