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Sébastien Michon

Directeur de recherche, Sociologie et sciences du droit.

Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe — SAGE
Centre National de la Recherche ScientifiqueSociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe

Actualités scientifiques

Parution
9 juin 2024
Colloque
23 nov. 2023 · Strasbourg
Journée d'étude
19 oct. 2023 · Lille
Colloque
16 mai 2019 · Strasbourg
Parution
26 mars 2019
Parution
28 fév. 2018
Parution
13 sept. 2017
Parution
12 avr. 2017

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Etudes et politique : les effets de la carrière étudiante sur la socialisation politique, soutenue en 2006 à Strasbourg 2 sous la direction de Christian de Montlibert 

    Cette thèse interroge les effets de la période des études supérieures sur le rapport à la politique. Elle montre, auprès des étudiants français du début du XXIème siècle, que la carrière étudiante, au sens interactionniste du terme, détermine la socialisation politique. Les variables de l'héritage demeurent certes très clivantes. Néanmoins, l'explication doit prendre en compte d'autres éléments liés à la scolarité. Les contextes d'études traversés, les placements et déplacements au cours de la scolarité, ainsi que les étapes qui jalonnent son déroulement interviennent dans l'activation et l'acquisition de dispositions favorables. La carrière étudiante, génératrice de crises identitaires, a d'autant plus de chances d'influer qu'elle est décisive sur les parcours. A partir de données quantitatives (questionnaires) et qualitatives (entretiens et obsevations), trois types de comportements politiques sont étudiés : politisation, orientation politique, et militantisme.

  • Ouvrages

    Sébastien Michon, Marie Acabo, Devenir des professionnel·les de la politique: une liste écologique et citoyenne à la tête d'une ville, Éditions du Croquant, 2025, Sociopo, 222 p. 

    Sébastien Michon, Anne-Sophie Petitfils, Sébastien Ségas, Arthur Delaporte, Nolwenn Armogathe [et alii], Les partis font-ils encore la campagne ?: les coulisses des élections municipales de 2020, Presses universitaires du Septentrion, 2024, Espaces politiques, 236 p. 

    Au-delà du contexte de l'épidémie de Covid-19, le scrutin municipal de 2020 a été caractérisé par la multiplication des listes dites citoyennes. Pourtant, les partis politiques - tant décriés et devenus presque invisibles - continuent de structurer fortement le jeu politique au niveau local. Ce livre met en lumière le rôle des partis dans les coulisses de l'élection et analyse les recompositions du champ politique au niveau local ainsi que les transformations des organisations partisanes, profondément bouleversées par l'apparition de nouveaux partis politiques en 2017

    Sébastien Michon, Lorenzo Barrault-Stella (dir.), Intermédiations politiques: les reconfigurations des modes d'exercice de la domination politique, Peter Lang, 2024, La fabrique du politique, 396 p. 

    Cet ouvrage collectif de sociologie politique comparative pose à nouveaux frais la question des modes d'exercice du pouvoir politique. La différenciation croissante des sociétés contemporaines implique que les gouvernants prennent appui sur diverses formes d'intermédiation leur permettant, avec un succès jamais acquis par avance et sans cesse susceptible d'être remis en cause, de s'assurer de l'obéissance au moins relative des gouvernés. C'est aux reconfigurations contemporaines de ces intermédiations du pouvoir politique qu'est consacré ce livre. Par la mise en relation de treize enquêtes relatives à des sociétés contrastées, il donne à voir la grande variabilité des modes d'exercice du pouvoir politique et tente, en creux, de dégager quelques régularités quant à l'allongement contemporain et à l'invisibilisation des chaînes de domination politique

    Sébastien Michon (dir.), Le Parlement européen au travail: enquêtes sociologiques [colloque, 20-21 novembre 2014, à Strasbourg], Presses universitaires de Rennes, 2022, 241 p.  

    Sébastien Michon, À l'école des eurocrates: la genèse de la vocation européenne, Presses Universitaires de Rennes, 2022, 208 p.  

    La 4e de couv. de l'édition imprimée indique : "L'Union européenne est en crise. Pourtant l'attractivité des métiers de l'Europe politique ne se dément pas : de nombreux jeunes souhaitent s'orienter vers des carrières en lien avec les institutions européennes. Partant de ce paradoxe, cet ouvrage présente une enquête sur la genèse de la vocation européenne d'un ensemble de candidats aux métiers de l'Europe politique en France. Il analyse les dispositions favorables à cette vocation et la différenciation des profils vocationnels au principe d'une diversité à la fois des sens donnés à l'orientation vers l'UE, des socialisations européennes, ainsi que des trajectoires professionnelles. La part circonscrite de ceux qui souhaitent vivre de l'Europe et pour l'Europe, illustre la perte d'importance de la vocation au sein du champ de l'Eurocratie, et tout particulièrement de ses zones périphériques. Cette enquête apporte une contribution à la compréhension des processus plus généraux d'intégration européenne, d'européanisation, et dans une certaine mesure des aspects sociologiques de la crise traversée par l'Europe

    Juliette Rolin, Du technique au politique: une analyse du détachement des routiers dans l'Union européenne (2017-2020), 2020   

    La directive sur le détachement des travailleurs anime l'espace politique européen depuis plusieurs années. Le débat se prolonge depuis 2016 avec le processus de révision de la directive et la lex specialis spécifique au secteur du transport routier. Cette révision se pose comme un défi pour la politique sociale européenne. Le mémoire propose une analyse du détachement des routiers. A travers sa spécificité, ses oppositions, ses acteurs et sa procédure, ce cas d'étude rend compte des difficultés à construire une « Europe sociale » dans un contexte dominé par les logiques économiques du marché intérieur. Les divisions qui scindent l’Europe en deux sur ce dossier laissent apparaitre un marché unique incomplet en l’absence d’une harmonisation des règles sociales au niveau de l’Union européenne. En identifiant les limites du secteur du transport, la source des controverses autour du détachement des conducteurs, la longueur du processus législatif, l'analyse pointe la difficulté de construire l’action publique dans le domaine social.

    Sébastien Michon, Alice Mazeaud, Philippe Aldrin, Clément Arambourou, Martin Baloge [et alii], Pratiques de la représentation politique: [colloque, 4 et 5 avril 2013, à Bordeaux, Presses universitaires de Rennes, 2019, Res Publica (Online)  

    Sébastien Michon, Willy Beauvallet (dir.), Dans l'ombre des élus: une sociologie des collaborateurs politiques, Presses universitaires du Septentrion, 2018, Espaces politiques, 257 p.  

    Sébastien Michon, Didier Georgakakis, Guillaume Courty, Helen Drake, Frédéric Lebaron [et alii], A l'école des eurocrates: les conditions sociologiques de la vocation aux métiers de l'Europe politique en France volume 2, 2017, 287 p. 

    Sébastien Michon, Julien Boelaert, Étienne Ollion, Métier député: enquête sur la professionnalisation de la politique en France, Raisons d'agir éditions, 2017, 147 p. 

    Sébastien Michon, Les équipes parlementaires des eurodéputés: entreprises politiques et rites d'institution, Promoculture Larcier, 2014, Etudes parlementaires, 240 p.  

  • Articles

    Sébastien Michon, « Le métier politisé d’étudiant dans un Institut d’Études Politiques : une socialisation politique par le contexte d’études », Strasbourg : Presses universitaires de Strasbourg, PERSÉE : Université de Lyon et CNRS & ENS de Lyon, 2009, pp. 160-168  

    À partir d’une approche mêlant dispositions et interactions sociales, cet article s’appuie sur le concept de métier d’étudiant pour interroger les effets du contexte d’études sur la socialisation politique. Une enquête quantitative et qualitative menée à l’Institut d’Études Politiques de Strasbourg permet de montrer une politisation et une européanisation des élèves. Ces deux dimensions constitutives de leur métier d’étudiant sont non seulement dues à l’activation de dispositions favorables, mais aussi à la formation d’une compétence politique et européenne ainsi que de représentations au sein de l’établissement. L’entrée dans le rôle d’élève en sciences politiques agit sur leur identité, et modifie leur rapport à la politique et à l’Europe.

    Sébastien Michon, « De l’extrême droite à l’abstention : effets des changements d’arènes d’un étudiant en sociologie », Strasbourg : Presses universitaires de Strasbourg, PERSÉE : Université de Lyon et CNRS & ENS de Lyon, 2008, pp. 182-189  

    À partir d’entretiens biographiques répétés, il s’agit d’expliquer les sympathies en faveur de l’extrême droite d’un étudiant, puis son changement d’attitudes en s’intéressant à son identité pour soi et pour autrui. L’analyse des points d’option, des réarticulations et désarticulations de sa trajectoire, permet d’envisager les situations de modification d’opinions politiques comme des conséquences de conflits d’identité et d’un travail sur soi-même suite à des déplacements scolaires et sociaux. Les changements d’étapes dans la carrière scolaire, notamment ceux qui génèrent des variations de contextes, favorisent le processus de différenciation.

  • Communications

    Sébastien Michon, « Actualité des études européennes », le 23 novembre 2023 

    Colloque organisé par le laboratoire SAGE, UNISTRA sous la direction de Marie Acabo - SAGE, Strasbourg et Maxime Behar - SAGE, Strasbourg

    Sébastien Michon, « Classes moyennes, classes d'encadrement ? », le 19 octobre 2023 

    Journées d'études organisées par le CERAPS, Université de Lille / CNRS, sous la direction scientifique de Thomas Chevallier, Antonio Delfini et Romane Fossé

    Sébastien Michon, « Interdisciplinary perspectives on European public action », le 02 juin 2021 

    Organised by Strasbourg Université

    Sébastien Michon, « Étudier les élections municipales en science politique », le 19 septembre 2019 

    Organisé par l'ERMES sous la responsabilité de Marie Bassi et Christine Pina (UCA-ERMES)

    Sébastien Michon, « Débat public : Acteurs, structuration, ressources », le 16 mai 2019 

    Organisé par le laboratoire Sage et Sciences Po Strasbourg sous la direction de Philippe Juhem & Francisco Roa Bastos

Encadrement doctoral

  • Thèses dirigées

    Adam Moulai, Ce que l’Ecole peut faire aux citoyen.nes : enquête sur l’enseignement des SHS et la politisation des lycéen.nes., soutenue en 2025 à Strasbourg en co-direction avec Lorenzo Barrault-Stella 

    Le 20 octobre 2022, Le Figaro diffusait un live intitulé « Wokisme : comment la théorie du genre a infiltré les écoles et l’éducation nationale ? ». Ce titre illustre un myriade d’articles, d’éditoriaux et de dossiers que la presse de droite consacre à ce qu’elle perçoit comme un endoctrinement caché des élèves à des théories jugées trop à gauche. Cet intérêt n’est pas nouveau, il change d’expression selon les contextes. En 2014 les ABCD de l’éducation étaient leur cible. Autour de 2020, on attaquait l’écriture inclusive. Depuis fin 2024, il s’agit des cours d’éducation à la vie affective, accusés de sensibiliser à « la » « théorie du genre ». La droite n’est pas la seule à se plaindre. De l’autre côté de l’échiquier politique, on déplore le retrait de l’exercice à l’esprit critique, la disparition de certaines notions ou certains chapitres importants des programmes comme celui sur l’Ecole en SES. À cela viennent s’ajouter des inquiétudes sur la baisse du niveau scolaire, le manque de culture économique des jeunes, leur exposition aux réseaux sociaux et aux fake news. Ces reproches, d’un côté comme de l’autre, touchent peut-être à la crainte que la concurrence de l’offre politique soit faussée, qu’un camp gagne les esprits des futurs électeurs ou qu’au fond, nous ne soyons plus une démocratie, faite de citoyens libres et éclairés. Au milieu de cette bataille, les enseignements de sciences humaines et sociales nous semblent moins à l’abri que les autres. Si les disciplines comme les sciences économiques et sociales (SES), l’histoire-géographie-géopolitique-sciences politiques (HGGSP) ou la philosophie visent la formation de citoyens autonomes intellectuellement, elles mobilisent des cadres théoriques distincts, parfois en débat, et plus facilement « malléables », augmentant les risques de suspicion à l’endoctrinement, et peut-être, d’endoctrinement réel. Ce constat interroge le rôle des enseignants dans la formation politique des élèves. Les travaux récents sur la socialisation politique en milieu scolaire (Douniès, 2019 ; Massei, 2022 ; Poulain, 2022) tendent à montrer que l’école contribue davantage à la reproduction des inégalités qu’à leur dépassement. Ils soulignent le poids des dispositions familiales dans l’accès aux outils d’interprétation du monde social et la retenue fréquente des enseignants sur les sujets politiques, en particulier parmi les femmes. Ces recherches, souvent fondées sur des enquêtes ethnographiques, peinent cependant à saisir les trajectoires atypiques de politisation ou de conversion idéologique. Or, de jeunes adultes interrogés dans une enquête qualitative menée en amont de ce travail (pour mon mémoire de master) ont évoqué l’influence décisive de certains enseignants engagés, capables de leur transmettre une grille de lecture sensible aux rapports de domination. Ce projet propose d’interroger les effets politiques de l’enseignement des SHS en partant d’abord des enseignants eux-mêmes : comment articulent-ils leur engagement (ou leur absence d’engagement) à leurs pratiques pédagogiques ? Quel est leur rapport au cadre institutionnel, dans un contexte où ils sont à la fois détenteurs d’un savoir disciplinaire et cadres exécutants d’un service public (Garcia, 2023) ? En explorant ces tensions, l’objectif est de mieux comprendre dans quelles conditions les enseignants peuvent (ou non) participer à la politisation des élèves, et ce que cela dit des rapports entre école, savoirs et démocratie. Nous souhaitons également aller voir du côté des élèves : quel rapport ont-ils aux enseignements de SHS ? Comment ces enseignements affectent-ils leur politisation ? Comment entrent-ils en interaction avec les autres instances de socialisation des élèves ?

    Nicolas Ville, A l’intersection des espaces politique, journalistique, intellectuel : les petites entreprises de production de contenu politique sur les plateformes de streaming., soutenue en 2025 à Strasbourg 

    Erwan Franchon, Ce que la transition écologique fait aux élites scolaires : modalités de socialisation et processus de politisation au sein des grandes écoles françaises., soutenue en 2023 à Strasbourg en co-direction avec Annabelle Allouch 

    Guillaume Placide-Breitenbucher, Les apprentis de la démocratie. Socialisation(s) au sein de la bourse parlementaire internationale du Bundestag, soutenue en 2021 à Strasbourg 

    Marie Acabo, Des Verts de plus en plus pâles ? Enquête sur la professionnalisation des Verts au Parlement européen., soutenue en 2020 à Strasbourg en co-direction avec Jean-Philippe Heurtin 

  • Président du jury

    Maxime Behar, Faire le Collège d’Europe : une sociologie de la formation des classes dominantes aux métiers de l'Europe, soutenue en 2021 à Strasbourg sous la direction de Hélène Michel et Anne-Catherine Wagner, membres du jury : Felix Bühlmann (Rapp.), Alexis Spire (Rapp.), Antonin Cohen   

    Cette thèse prend pour objet la formation des classes dominantes à l’Europe. A partir d’un terrain ethnographique réalisé au Collège d’Europe, un institut semi-privé de formation aux métiers de l’Europe, ainsi que d’entretiens et d’archives, la thèse analyse la genèse de la formation à l’Europe dispensée dans cet établissement, et ses applications et effets sociaux contemporains. Ce travail apporte une triple contribution scientifique : la première est d’expliquer comment se sont cristallisés à Bruges un réseau d’acteurs et une définition de l’Europe dans les années 1950-1960 ; la seconde participe à la connaissance des modalités de formation aux métiers de l’Europe, dans un environnement scolaire international englobant ; la troisième est relative aux usages de ce capital international par les classes dominantes en Europe.

    Julien Louis, La Confédération européenne des syndicats à l’épreuve du droit et de la justice : genèse, usages et limites d’un mode d’action syndicale en faveur de l’Europe sociale, soutenue en 2019 à Strasbourg sous la direction de Hélène Michel 

    Cette thèse prend pour objet l’action juridique et judiciaire de la Confédération européenne des syndicats (CES). En s’appuyant sur des entretiens, des observations, des archives, des documents syndicaux et des sources juridiques, la thèse analyse les raisons, les effets et les limites du recours au droit et à la justice de l’Europe par les syndicalistes européens. En explorant les rapports entre Europe du droit, Europe sociale et Europe syndicale, cette recherche réalise une triple contribution. La première explique les limites de l’Europe sociale par la position dominée des syndicalistes dans le champ juridique européen. La seconde contribue à la connaissance du syndicalisme européen par la sociologie politique et historique des juristes de l’Europe syndicale et de leurs pratiques. La troisième étudie les usages du droit et de la justice par les acteurs de la CES comme des mobilisations transnationales, en identifiant les ressources, les modes d’organisation et les cadrages auxquels ce mode d’action syndicale fait appel.

    Julien Louis, La Confédération européenne des syndicats à l'épreuve du droit et de la justice : genèse, usages et limites d'un mode d'action syndicale en faveur de l'Europe sociale, soutenue en 2019 sous la direction de Hélène Michel, membres du jury : Antoine Vauchez (Rapp.), Liora Israël (Rapp.), Simon F Deakin et Sophie Béroud   

    Cette thèse prend pour objet l’action juridique et judiciaire de la Confédération européenne des syndicats (CES). En s’appuyant sur des entretiens, des observations, des archives, des documents syndicaux et des sources juridiques, la thèse analyse les raisons, les effets et les limites du recours au droit et à la justice de l’Europe par les syndicalistes européens. En explorant les rapports entre Europe du droit, Europe sociale et Europe syndicale, cette recherche réalise une triple contribution. La première explique les limites de l’Europe sociale par la position dominée des syndicalistes dans le champ juridique européen. La seconde contribue à la connaissance du syndicalisme européen par la sociologie politique et historique des juristes de l’Europe syndicale et de leurs pratiques. La troisième étudie les usages du droit et de la justice par les acteurs de la CES comme des mobilisations transnationales, en identifiant les ressources, les modes d’organisation et les cadrages auxquels ce mode d’action syndicale fait appel.

  • Rapporteur

    Lisa Laurence, La fabrique des financiers : une socialisation scolaire aux normes professionnelles, soutenue en 2024 à Ecole doctorale SDOSE Paris sous la direction de Sabine Montagne et Sabine Rozier présidée par Valérie Boussard, membres du jury : Sophie Morlaix (Rapp.), Frédéric Lebaron  

    Ce travail de thèse présente et analyse les processus de socialisation professionnelle au sein des formations en finance. Il montre dans quelle mesure les étudiantes et étudiants en finance sont positionnés par leurs études et selon leurs origines sociales au sein de l’espace hiérarchisé des professions financières, mais également les façons dont ils intériorisent différemment des normes spécifiques, telle que la recherche systématique de profits, en fonction de leur socialisation antérieure. Il conclut que la socialisation professionnelle en finance favorise l’acceptation du fonctionnement économique capitaliste de la société.

    Louise Dalibert, Les retraits de la vie politique : un regard décalé sur la professionnalisation de la vie politique, soutenue en 2022 à Nantes Université sous la direction de Arnauld Leclerc et Xavier Crettiez présidée par Rémi Lefebvre, membres du jury : Didier Demazière (Rapp.), Florence Haegel  

    Les retraits de la vie politique n’ont guère été abordés dans la littérature scientifique française du fait d’une idée force sous-jacente selon laquelle « on ne quitte pas la vie politique ». En effet, les rétributions conférées par le métier politique (en termes de statut, de pouvoir d’agir, de gains économiques) dissuaderaient nécessairement les élus de se retirer volontairement de leurs mandats et dans le même temps, les retraits « involontaires » de la politique seraient également rares (du fait notamment de la pratique répandue du cumul des mandats). Cette enquête s’appuie sur une étude quantitative et qualitative d’un corpus d’élus français : les députés (élus entre 1997 et 2017), les maires de grandes villes (1977-2020) et les ministres (1995-2017) qui ont quitté leurs mandats électifs (soit au total 1279 acteurs). Elle entend aborder la question de la professionnalisation des activités politiques sous l’angle du processus de sortie. Ainsi, si les contraintes naturelles (le décès, la maladie, la vieillesse) causent environ un tiers des retraits, c’est la défaite qui constitue le premier motif de retrait de la vie politique (35%). Les élus sont parfois également contraints de renoncer à leurs mandats lorsqu’ils sont empêtrés dans des scandales (6,5%). Plus contrintuitives, les sorties peuvent également émaner de décisions apparemment volontaires des acteurs (25%) : lorsqu’ils sont nommés à un emploi public, pour se reconvertir professionnellement ou bien tout simplement pour se consacrer à leur retraite. Les contraintes liées à la difficile conciliation entre vie politique et vie familiale ainsi que les considérations financières sont également des éléments qui peuvent peser dans les décisions des acteurs. Cette thèse s’intéresse également aux nouvelles activités principales des anciens élus (leurs « vies d’après »). Si deux tiers des sortants optent pour la retraite, un tiers se reconvertit professionnellement. Ces circulations permettent ainsi de nuancer le caractère clos du monde politique et invitent à penser de nouvelles formes de circulation des élites. L’étude des sorties vient ainsi questionner l’analyse du métier politique en montrant d’abord que les retraits sont un objet d’étude en tant que tel et qu’ils progressent durant notre période. En effet, les retraits involontaires augmentent (notamment du fait de la combinaison des alternances à la pratique relativement récente du non-cumul des mandats) tout comme les retraits volontaires (retraites et reconversions professionnelles notamment). Au final, longtemps assimilé à un « engagement total » à forte dimension vocationnelle, le métier politique tend à se professionnaliser au sens de sa banalisation et de sa normalisation progressive.

  • Membre du jury

    Lisa Laurence, La fabrique des financiers : une socialisation scolaire aux normes professionnelles, soutenue en 2024 à Ecole doctorale SDOSE Paris sous la direction de Sabine Montagne et Sabine Rozier présidée par Valérie Boussard, membres du jury : Sophie Morlaix (Rapp.), Frédéric Lebaron  

    Ce travail de thèse présente et analyse les processus de socialisation professionnelle au sein des formations en finance. Il montre dans quelle mesure les étudiantes et étudiants en finance sont positionnés par leurs études et selon leurs origines sociales au sein de l’espace hiérarchisé des professions financières, mais également les façons dont ils intériorisent différemment des normes spécifiques, telle que la recherche systématique de profits, en fonction de leur socialisation antérieure. Il conclut que la socialisation professionnelle en finance favorise l’acceptation du fonctionnement économique capitaliste de la société.