Raphaëlle Parizet

Maître de conférences
Science politique.
Faculté d'administration et échanges internationaux

Laboratoire Interdisciplinaire d'Études du Politique Hannah Arendt de Paris-Est
  • THESE

    Le politique du développement : les usages politiques des savoirs experts et de la participation des populations indiennes au Mexique, soutenue en 2013 à Lille 2, sous la direction de Olivier Nay     

  • Raphaëlle Parizet, Jacobo Grajales Lopez, Hadrien Holstein, Marie Saiget, Romain Busnel [et alii], L'aide au développement: une fenêtre sur le politique, L'Harmattan, 2022, 164 p. 

    Raphaëlle Parizet, Laurent Bonelli, Laurent Jeanpierre, Vincent Gayon, Frédéric Lebaron [et alii], Terrains économiques: savoirs, acteurs, méthodes, L'Harmattan, 2018, 160 p. 

    Raphaëlle Parizet, Les paradoxes du développement: sociologie politique des dispositifs de normalisation des populations indiennes au Mexique, Dalloz, 2015, Nouvelle bibliothèque de thèses ( Science politique ), 393 p. 

  • Raphaëlle Parizet, « Penser le développement comme un mythe : croyances, engagements et (in)cohérences de l’engagement coopératif au Chiapas (Mexique) », 2022  

    « Par “École de café”, nous entendons un processus d’éducation populaire, dans l’action, non formelle, non scolarisée, dont l’activité ne concerne pas la promotion d’idées et de concepts, mais la recherche de résultats matériels qui aient un impact sur la décision de travailler de manière organisationnelle dans l’objectif de changer la réalité communautaire et régionale dans laquelle les communautés tseltal vivent. Les écoles agro-écologiques sont focalisées sur l’attention portée à la terre ...

    Raphaëlle Parizet, « Une sociologie critique de la démocratie participative est-elle utile ? », Participations , 2018, n° 19, pp. 221-242   

    Raphaëlle Parizet, « Le masque des experts. Puissance des chiffres et impuissance des  pauvres  », Cultures & conflits, 2017, n°108, pp. 77-105  

    Au fond, ce que veulent tous les Indiens, c’est avoir une Volkswagen « Beetle », une télé, et un job qui leur permette de vivre, eux et leurs familles . Il ne fait aucun doute que le « problème indien  » s’est révélé plus compliqué pour le nouveau gouvernement mexicain que ne le suggère cette phrase désormais célèbre de Vicente Fox, alors candidat du Parti Action nationale (PAN) à l’élection présidentielle . Les propos mis en exergue sont à rapprocher des enjeux de la communication politique ...

    Raphaëlle Parizet, « Pascal Bonnard, Dorota Dakowska et Boris Gobille (dir.) Faire, défaire la démocratie : de Moscou, Bogota et Téhéran au Conseil de l'Europe. Paris, Éditions Karthala ; Aix-en-Provence, Sciences Po Aix, 2021, 342 pages. », Cultures & conflits, 2017, n°108, pp. 77-105 

    Raphaëlle Parizet, «  On ne fait pas de politique !  Les pratiques de dépolitisation au PNUD et au PNUE », Critique internationale , 2017, n° 76, pp. 41-60    

    « On ne fait pas de politique ! » Cette revendication commune aux organisations internationales (OI) est au cœur du questionnement développé ici. L’analyse comparée entre le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) permet, dans un premier temps, de s’interroger sur la dépolitisation, entendue ici comme une entreprise politique de technicisation produite par les OI, qui s’incarne dans des assemblages de pratiques volontairement présentées comme hors du politique : interprétation et problématisation techniques ; diffusion d’une vision apolitique du travail des OI ; intervention et assistance techniques qui positionnent les OI en experts « neutres » de leur champ. Elle conduit, dans un second temps, à mettre au jour les effets parfois inattendus de ces assemblages de pratiques hétérogènes : contournement des débats bureaucratiques et politiques ; neutralisation au profit du maintien d’un statu quo ; monopolisation d’un champ d’action, avec le soutien, au moins tacite, des États membres. Ce faisant, elle contribue à une meilleure compréhension de la perpétuelle tractation entre le politique et le technique au sein des OI.

    Raphaëlle Parizet, Lucile Maertens, «  On ne fait pas de politique !  Les pratiques de dépolitisation au PNUD et au PNUE », Critique Internationale, 2017, n°3, p. 41 

    Raphaëlle Parizet, « Les circulations transnationales de l’ingénierie participative », Participations , 2016, n° 14, pp. 5-35    

    À partir d’une lecture croisée des articles rassemblés dans ce dossier, cette introduction interroge l’existence d’un « tournant participatif mondial » en analysant les dynamiques transnationales de circulation verticale (de l’international vers le national ou le local) et horizontale (territoires entre eux, acteurs appartenant aux mêmes espaces institutionnels et sociaux) de l’ingénierie participative. En situant l’analyse de ces dynamiques circulatoires au croisement des travaux de sociologie et d’anthropologie (circulation des formes démocratiques et sociologie fine des acteurs de la circulation), de sociologie des sciences (circulation des innovations) ainsi que ceux de science politique (transnationalisation des politiques publiques), cet article invite d’une part à relativiser la dimension coercitive exercée par les organisations internationales développée par les approches critiques de la « tyrannie » de la participation. D’autre part, à rebours d’une vision trop déterministe qui fait de l’appropriation du discours et des pratiques participatives par les acteurs locaux le signe mécanique de leur adhésion à la rhétorique participative, l’article met en exergue la pluralité des investissements, plus ou moins intéressés, dans la participation. Enfin, la valorisation systématique de « bonnes pratiques » et d’expériences modèles dans les processus circulatoires étudiés conduit à mettre l’accent sur le rôle des réseaux professionnels et les usages stratégiques de l’international dans le cadre de la compétition entre les territoires.

    Raphaëlle Parizet, « Le  pauvre d’abord . Une analyse des dynamiques circulatoires de la participation populaire au développement », Participations - Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté, 2016, n° 1, pp. 61-90    

    Largement critiquées pour avoir imposé des programmes de développement dans les pays dits du Sud dans les années 1970-1980, les organisations internationales de développement adoptent dans les années 1990-2000 une approche participative du développement. L’ensemble des institutions et des acteurs du développement semble converti à l’idée « du pauvre d’abord ». Peut-on qualifier pour autant cet engouement de « tournant participatif mondial » dans les arènes internationales ? À partir de l’analyse de la littérature grise produite par la Banque mondiale et le PNUD et d’un programme de développement participatif du PNUD mis en œuvre sur le terrain mexicain, cet article propose d’analyser le rôle d’acteurs spécifiques et des instruments qui font circuler l’argumentaire participationniste et les représentations qui y sont liées au sein des organisations internationales de développement ainsi que les moyens qui sont utilisés au service de la production de la norme participative au sein de ces espaces. Explorer les dynamiques circulatoires du développement participatif permet de retracer l’évolution des modalités d’intervention des organisations internationales et de lever le voile sur le renforcement de puissantes arènes internationales à travers l’intégration de l’approche participative dans leurs interventions de développement.

    Raphaëlle Parizet, Lucile Maertens, « Penser le développement comme un mythe : croyances, engagements et (in)cohérences de l’engagement coopératif au Chiapas (Mexique) », Critique Internationale, 2015, n°1, pp. 79-94 

    Raphaëlle Parizet, « La fabrique dépolitisée des élites locales : Les dispositifs de développement participatif dans le Chiapas (Mexique) », Revue internationale de politique comparée , 2014, n° 20, pp. 77-101    

    Associant une perspective de sociologie critique et de socio-anthropologie du développement, cet article analyse les dispositifs de développement participatif destinés aux populations autochtones dans le cadre de l’accompagnement de dynamiques de développement rural dans le Chiapas. Dans un contexte où la spécificité de la problématique autochtone renvoie à une conflictualité entre l’État mexicain et les populations, des dispositifs de « renforcement des capacités » sont mis en œuvre. L’accent est d’abord est mis sur l’usage de la participation comme moyen de renforcer la légitimité d’un État fortement contesté dans cet État fédéré. Ensuite, l’article met en évidence les processus par lesquels ces dispositifs participatifs nourrissent en fait des dynamiques de sélection et de renforcement d’une élite locale prompte à devenir les interlocuteurs de l’État et finalement des militants institutionnels. Dans un dernier temps, l’encadrement de la participation comme moyen de contrôler et d’éviter les registres contestataires du politique est exploré.

    Raphaëlle Parizet, « Mesurer le développement pour gouverner les peuples autochtones », Revue Tiers Monde , 2013, n° 213, pp. 143-160    

    Quinze ans après les premiers indicateurs de développement, face à la permanence des inégalités dans le monde et aux demandes croissantes de reconnaissance des spécificités sociales, politiques et culturelles, des « indicateurs avec identité » concernant les peuples autochtones sont élaborés au Mexique. La production de ces indicateurs invite à interroger le processus de technicisation de l’action publique à travers le recours aux savoirs experts. L’objectif de cet article est d’explorer le recours aux savoirs experts comme mode de légitimation de l’action publique, contribuant à techniciser le problème autochtone. En tant que mode d’imposition d’une représentation, celui-ci écarte les registres de l’argumentation politique de la question autochtone.

    Raphaëlle Parizet, « Mesurer le développement pour gouverner les peuples autochtones », Revue Tiers Monde, 2013, n°1, p. 143 

    Raphaëlle Parizet, « La fabrique dépolitisée des élites locales », Revue internationale de politique comparée, 2013, n°4, p. 77 

Actualités Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Thibault Boughedada, Terre, foncier et environnement : matérialité, transversalité et action publique de développement au Bénin, thèse soutenue en 2022 à Université de Lille 2022 sous la direction de Bruno Villalba, membres du jury : Andy Smith (Rapp.), Magalie Bourblanc (Rapp.), Isabelle Bruno et Philippe Lavigne Delville    

    Cette thèse, à la croisée de la sociologie politique de l'action publique et de la political ecology, prend pour objet de recherche le nexus terre-foncier-environnement et analyse les perceptions, représentations, pratiques et usages politiques qui lui sont adossés. L'enquête repose sur des entretiens semi-directifs, complétés par des observations ethnographiques et une immersion sur près de 12 mois échelonnées entre 2016 et 2018 sur trois terrains principaux : le département des Collines, la commune de Cotonou et les institutions de pouvoirs et de développement. Cette recherche souligne d'une part l'ambivalence du concept de foncier et l'importance à articuler ensemble construction sociale et caractéristiques matérielles autour de ce dernier ; et d'autre part, la thèse insiste sur la place centrale que tient l'imaginaire d'une modernisation du cadre légal de gestion administrative par des changements organisationnels et instrumentaux impulsés par l'ingénierie sociale du développement. De manière plus générale, la thèse analyse en quoi toute une somme d'enjeux transversaux à la gestion des terres se voit dépolitisée, reléguée ou invisibilisée par les dispositifs techniques et experts de mise en œuvre de la politique foncière, entraînant l'absence de débats autour de ces questions.

    Camille Al Dabaghy, La fabrique transnationale d'une échelle de gouvernement : la commune à Madagascar et à Diégo-Suarez sous la Troisième République (1993-2010), thèse soutenue en 2019 à Paris EHESS sous la direction de Philippe Lavigne Delville et Laurent Fourchard, membres du jury : Anne-Cécile Douillet (Rapp.), Thomas Bierschenk (Rapp.), Sylvain Laurens et Faranirina V. Rajaonah  

    Réformes de décentralisation, gestion de l’eau, gestion des ordures ménagères, voirie, marché, état civil… : sous la Troisième République, l’aide au développement a pris pour objet la plupart des politiques ou des services qui comptent dans le processus de la reconstruction de l’institution communale, introduite par l’administration coloniale à la fin du XIXe siècle mais supprimée entre 1973 et 1993. L’enquête porte sur cette transnationalisation croissante et conjuguée de la politique de décentralisation et de l’action publique communale dans les années 1990 et 2000. Sur la base de matériaux archivistiques et ethnographiques, elle réinscrit ce processus dans le temps moyen du gouvernement colonial, examine ses modalités récentes et interroge ses effets sur le double plan de la figure de l’institution communale et de la capacité politique des communes, telles qu’elles se dessinent au centre, pour l’ensemble des communes, et à Diégo-Suarez, pour une commune urbaine en particulier. La thèse d’abord décrit le travail de production de l’aide et de l’action publique aux interfaces toujours plus nombreuses et fragmentaires entre organisations d’aide et administrations domestiques. Elle montre que l’aide s’est inscrite dans la division interne du travail administratif et politique de gouvernement, que se sont arrimées les luttes entre acteurs de l’aide et acteurs publics malgaches et les luttes domestiques entre acteurs politico-administratifs malgaches pour la maîtrise de l’action publique, que ces luttes sont réglées par une grammaire partagée de la décision souveraine sous régime d’aide. L’enquête montre par ailleurs le jeu répété et démultiplié de l’aide s’est traduit par la prééminence acquise progressivement dans la reconstruction de la commune, à l’échelle nationale comme à l’échelle locale, par d’élites politico-administratives malgaches qui cumulent, diachroniquement ou symboliquement, des positions dans l’aide et des positions dans les administrations publiques. Ce sont des élites qui incarnent, légitiment et défendent la transnationalisation de l’action publique. Elle montre enfin que les édiles municipaux d’une ville comme Diégo-Suarez se sont bien engagées dans des stratégies de construction de leur capacité d’action sur la mise en dépendance à l’égard de l’aide. Mais que, si les interventions d’aide ont affecté la figure de l’institution communale, le fonctionnement même de l’organisation municipale, c’est sans accroître significativement sa capacité politique. Rien ne s’institutionnalise véritablement de l’accès des acteurs municipaux aux ressources qui leur permettraient de décider et d’agir en conséquence.