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Marc Milet

Professeur, Science politique.

Université Paris-Panthéon-Assas · Université Paris Panthéon-Assas Centre d'Études et de Recherches de Sciences Administratives et Politiques — CERSA
Université Paris Panthéon-AssasCentre d'Études et de Recherches de Sciences Administratives et Politiques

Actualités scientifiques

Conférence
6 avr. 2023 · Paris
Parution
24 janv. 2023
Colloque
17 sept. 2021 · Paris
Parution
16 nov. 2020
Parution
12 juin 2018
Parution
24 avr. 2018
Colloque
5 avr. 2018 · La Havana, Cuba
Parution
2 janv. 2018
Parution
28 sept. 2017
Conférence
17 mars 2017 · Nancy
Colloque
19 janv. 2017 · Toulouse
Conférence
10 nov. 2016 · Paris
Parution
21 avr. 2015

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Les professeurs de droit citoyens : entre ordre juridique et espace public, contribution à l'étude des interactions entre les débats et les engagements des juristes francais (1914-1995), soutenue en 2000 à Paris 2 sous la direction de Hugues Portelli 

    L'étude fonde une radioscopie du corps des universitaires du droit dans son rapport à son environnement. Elle s'appuie sur une analyse institutionnelle diachronique qui permet d'observer les interactions entre les enjeux internes et externes à l'ordre des juristes. Sont mises à jour la préservation du corps face aux perturbations sociales et politiques, la contribution du corps dans les débats intellectuels et institutionnels, la confrontation collective face aux pouvoirs publics (logique corporative) et dans l'ordre politique. L'étude précise en quoi, bien qu'étrangers à la figure dreyfusarde de "l'intellectuel" engagé, les juristes ont pu agir autrement dans la cité. Les circonstances exceptionnelles de la première guerre mondiale obligent les juristes à contrevenir à la culture du repli et à entretenir un nouveau rapport étroit avec le pouvoir politique ; elles aboutissent aussi à marquer la cristallisation du corps : l'on observe une réelle dynamique intellectuelle qui s'effectue au carrefour d'interrogations épistémologiques et sociales (réfléchir en intellectuel sur des questions "scientifiques" qui font aussi partie des enjeux de la cité), dynamique caractérisée par une double délimitation: le débat demeure circonscrit aux questions juridiques et reste confiné, en retrait des débats publics au sein du corps des juristes (par opposition aux débats "intellectuels" des écrivains et littéraires à plus forte visibilité). Globalement ce schéma, malgré sa modification substantielle par l'effacement après les années vingt de la figure du juriste savant au profit du jurisconsulte expert, n'est pas remis en cause avant la fin du siècle. Trois périodes apparaissent : celle du "droit hors débat" public entre les deux guerres ; celle du "droit sans débat" à raison de la primauté du décisionnisme politique en régime autoritaire puis de la lecture instrumentale de la règle de droit jusqu'en 1958 ; celle enfin du "droit en débat" avec l'avènement de la Ve République et la publicisation accrue des questions juridiques depuis 1968, qui marque un processus de décristallisation du corps, celui-ci investissant progressivement l'espace public. Cette radioscopie du corps entend ainsi servir à interroger la place de la pensée juridique au sein de l'historiographie culturelle et intellectuelle francaise au XXeme siècle.

  • Ouvrages

    Marc Milet, Jean-Michel Blanquer, L'invention de l'État: Léon Duguit, Maurice Hauriou et la naissance du droit public moderne, Odile Jacob, 2025, Hors collection, 394 p.  

    À la veille de la guerre de 14-18, l'État français s'est métamorphosé : le régime républicain s'est consolidé en traversant les crises et les affaires ; la notion de service public a vu le jour en accompagnant la naissance de l'état providence ; les progrès scientifiques et technologiques ont offert de nouvelles opportunités. Pour accompagner ces mutations, il fallait une nouvelle approche conceptuelle. Cette biographie croisée de deux éminents juristes - Léon Duguit à Bordeaux, Maurice Hauriou à Toulouse - retrace leurs itinéraires intellectuels. Nés dans les années 1850, marqués par la défaite de 1870, ils incarnent une génération confiante dans le progrès, attentive aux enjeux de la science et du débat intellectuel. Défricheurs conceptuels, ils sont de véritables « inventeurs de l'État » au sens où ils en dévoilent les nouvelles réalités. Maurice Hauriou et Léon Duguit ont eu une influence cruciale sur des questions qui nous touchent aujourd'hui. Leur biographie est l'occasion de réfléchir aux conditions d'efficacité du politique

    Marc Milet, Guillaume Courty (dir.), Les Groupes d'intérêt en France, Classiques Garnier Numérique, 2023, Classiques Garnier en ligne (Rencontres) (Science politique), 681 p.   

    Marc Milet, Sociologie politique de la menace et du risque, Armand Colin, 2022, 207 p.  

    Le moment historique de la pandémie de coronavirus a indéniablement placé la gestion publique des crises au centre des agendas politiques mondiaux. Si la question de la gestion des crises par les pouvoirs publics n'est pas nouvelle, la mutation des menaces intentionnelles comme le terrorisme, et l'avènement de nouveaux risques (technologiques ou sanitaires) viennent cependant renouveler leur analyse. Cet ouvrage présente, de manière syncrétique, les grands auteurs, modèles analytiques et approches permettant d'appréhender ces phénomènes dans nos sociétés contemporaines. Quels sont les usages politiques du risque dans le cadre de la compétition politique, de la gestion publique ? Quelles conséquences les menaces et les risques ont-ils sur les résultats électoraux ? Quel est le rôle des acteurs de la société civile dans la construction des risques (le cadre des mobilisations collectives) ? Un ouvrage assorti de nombreuses études de cas (menace terroriste, affaire du sang contaminé, rôle de l'OMS dans la gestion de la crise du coronavirus, etc.).

    Marc Milet, Théorie critique du lobbying: l'Union européenne de l'artisanat et des PME et la revendication des petites et moyennes entreprises, l'Harmattan, 2017, Logiques politiques, 258 p. 

    Marc Milet, La démocratie en Europe: trajectoires et enjeux, Ellipses, 2017, Le Monde (Mondes contemporains), 287 p. 

    Marc Milet, Bruno Daugeron, Elina Lemaire, Le droit public et la Première Guerre mondiale: [Actes du colloque organisé en mars 2015, Dalloz, 2016, Les Fondements du droit, 310 p. 

    Marc Milet (dir.), Les juristes et la loi, Éditions Pepper, 2009, 191 p. 

    En croisant leurs regards, historiens, juristes, praticiens et historiens du droit interrogent le rapport des juristes à la loi. Comment des juristes élus au Parlement conçoivent-ils la loi ? Quelles sont les positions des juristes face à la loi, y compris lorsqu'ils la refusent ou lorsqu'elle entre en contradiction avec le droit communautaire ? Quel est le rôle de l'expertise juridique dans la fabrication de la loi au Parlement ? Les études de cas réunies ici abordent ces questions au travers de parcours (Lanjuinais, Léon Blum) et de temps forts (fronde contre la loi Perben II, "moment Carbonnier"). La partie Varia, en nous présentant le rôle de deux autres juristes, Paul Jozon et Léon Bourgeois, complète cette réflexion sur la République des avocats, à son apogée sous la IIIe République, et son devenir.

    Marc Milet, La démocratie en Europe: trajectoires et enjeux, Ellipses, 2009, Le Monde (Mondes contemporains), 252 p. 

    Marc Milet, Maurice Hauriou, Frédéric Audren, Écrits sociologiques, Dalloz, 2008, Bibliothèque Dalloz   

    Marc Milet, Hugues Portelli, La Faculté de droit de Paris face à la vie politique, de l'affaire Scelle à l'affaire Jèze, 1925-1936: de l'affaire Scelle à l'affaire Jèze, 1925-1936, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1996, Travaux et recherches Panthéon-Assas, Paris II (Science politique), 232 p.  

    Marc Milet, La Faculté de droit de Paris face à la vie sociale et politique, de l'affaire Scelle à l'affaire Jèze, 1925-1936, l'auteur, 1995 

    Marc Milet, Hugues Portelli, Les professeurs de droit citoyens: entre ordre juridique et espace public, contribution à l'étude des interactions entre les débats et les engagements des juristes francais (1914-1995), 791 p. 

    L'étude fonde une radioscopie du corps des universitaires du droit dans son rapport à son environnement. Elle s'appuie sur une analyse institutionnelle diachronique qui permet d'observer les interactions entre les enjeux internes et externes à l'ordre des juristes. Sont mises à jour la préservation du corps face aux perturbations sociales et politiques, la contribution du corps dans les débats intellectuels et institutionnels, la confrontation collective face aux pouvoirs publics (logique corporative) et dans l'ordre politique. L'étude précise en quoi, bien qu'étrangers à la figure dreyfusarde de "l'intellectuel" engagé, les juristes ont pu agir autrement dans la cité. Les circonstances exceptionnelles de la première guerre mondiale obligent les juristes à contrevenir à la culture du repli et à entretenir un nouveau rapport étroit avec le pouvoir politique ; elles aboutissent aussi à marquer la cristallisation du corps : l'on observe une réelle dynamique intellectuelle qui s'effectue au carrefour d'interrogations épistémologiques et sociales (réfléchir en intellectuel sur des questions "scientifiques" qui font aussi partie des enjeux de la cité), dynamique caractérisée par une double délimitation: le débat demeure circonscrit aux questions juridiques et reste confiné, en retrait des débats publics au sein du corps des juristes (par opposition aux débats "intellectuels" des écrivains et littéraires à plus forte visibilité). Globalement ce schéma, malgré sa modification substantielle par l'effacement après les années vingt de la figure du juriste savant au profit du jurisconsulte expert, n'est pas remis en cause avant la fin du siècle. Trois périodes apparaissent : celle du "droit hors débat" public entre les deux guerres ; celle du "droit sans débat" à raison de la primauté du décisionnisme politique en régime autoritaire puis de la lecture instrumentale de la règle de droit jusqu'en 1958 ; celle enfin du "droit en débat" avec l'avènement de la Ve République et la publicisation accrue des questions juridiques depuis 1968, qui marque un processus de décristallisation du corps, celui-ci investissant progressivement l'espace public. Cette radioscopie du corps entend ainsi servir à interroger la place de la pensée juridique au sein de l'historiographie culturelle et intellectuelle francaise au XXeme siècle.

  • Communications

    Marc Milet, « Saisir les dimensions socio-politiques du jugement », le 16 mai 2024 

    Colloque organisé par Marc Milet et Thomas Perroud, Université Panthéon-Assas

    Marc Milet, « Les groupes d'intérêt en France », le 06 avril 2023 

    Table ronde organisée par le CECP, Université Paris Panthéon-Assas, le CERAPS, le CURAPP et le CERSA

    Marc Milet, « Les transformations de l’Etat », le 17 septembre 2021 

    Organisé pour le Centre d’Etude et de Recherche en Science Administrative (CERSA – CNRS) - Paris II Panthéon-Assas par Anne-Laure Riotte et Kim-Khanh Pham

    Marc Milet, « Le Conseil constitutionnel et les représentants d'intérêts », le 29 mars 2021 

    Organisé par l'Université de Picardie Jules Verne sous la resp. scientifique de Maxence Christelle, UPJV, CURAPP-ESS ; Bertrand-Léo Combrade, UPJV, CURAPP-ESS et Charles-Edouard Senac, Univ Bordeaux, CERCCLE, CURAPP-ESS

    Marc Milet, « Duguit et les Amériques », le 05 avril 2018 

    Colloque international organisé par l'université de Bordeaux et l'université de La Havane

    Marc Milet, « Présentation de l’ouvrage L'Invention de l’Etat », le 17 mars 2017 

    Livre écrit par Jean-Michel Blanquer et Marc Milet

    Marc Milet, « Former à la légistique », le 19 janvier 2017 

    Colloque interdisciplinaire organisé par le Laboratoire des Sciences Sociales du Politique (LASSP), à Sciences Po Toulouse

    Marc Milet, « US Presidential election. Quelle(s) Amérique(s) ? », le 10 novembre 2016 

    Marc Milet, « Droit et sociologie (1860-1939) », le 20 juin 2013 

    Marc Milet, « Autour de Léon Duguit », le 29 mai 2009 

Encadrement doctoral

  • Thèses dirigées

    Leïla Alba, Les Think Tanks du Droit en France: Expertise et dynamiques d'influence, en préparation, inscription en 2022 à Université ParisPanthéonAssas 

    Alors même que la représentation d'intérêt et le lobbying ont donné lieu en France à une importante littérature, il n'en est pas de même des think tanks, entendus comme des organisations ayant une activité de production d'idée et de savoir sur des enjeux de politiques publiques. La place prise par les débats juridiques dans l'espace public et par les enjeux juridiques au sein des débats politiques et parlementaires incline de surcroît à interroger l'investissement de l'expertise juridique (en termes de recherches et de production de travaux et d'un savoir spécialisé sur le droit) en politique. La recherche porte ainsi spécifiquement sur les think tanks spécialisés en droit (les conditions de leur genèse, leur organisation et leurs activités) en France. Cependant, promouvoir la lecture juridique des questions de société et des problèmes publics renvoie de facto à une certaine interprétation de ces questions. Par conséquent, le positionnement par le droit de ces experts, ne traduit-il pas une certaine opération de mise en forme juridique de positions économiques et politiques ? La thèse invite ainsi à interroger dans quelle mesure la mise au jour de l'émergence et de l'activité des think tanks du droit en France, caractérise l'ambivalence de cette promotion de la « cause du droit ». L'étude entend notamment mettre en lumière le fait que les think tanks juridiques tendent à agir comme des influenceurs indirects (outside lobbying) dans l'espace public, par leur expertise, mais également sont susceptibles d'entretenir des relations directes avec les décideurs publics (inside lobbying).

    Alexandre Marais, Les rapporteurs législatifs. Contribution à l'étude de la capacité d'intervention de l'Assemblée nationale dans la fabrique de la loi, en préparation, inscription en 2022 à Université ParisPanthéonAssas 

    Ce projet de thèse propose de mettre au jour et d'interroger la capacité d'intervention de l'Assemblée nationale dans la fabrique de la loi, laquelle n'a jusqu'à présent pas donné lieu à une recherche d'ampleur en France, contrairement aux travaux disponibles dans d'autres contextes nationaux (USA et UK) ou supranationaux (UE). Pour ce faire, nous étudierons plus spécifiquement les rapporteurs législatifs au sein de la majorité durant la XIVème, XVème et XVIème législatures. En effectuant une radioscopie de l'activité et du profil des rapporteurs législatifs, lesquels se trouvent au croisement d'une multiplicité d'interactions, nous pourrons percevoir l'Assemblée sous un angle nouveau. Cette étude est d'autant plus pertinente que la XVIème législature s'avère être une situation quasi inédite de « gouvernement minoritaire » ne disposant pas de majorité absolue. Pour mener à bien cette recherche, nous nous appuierons principalement sur la base de données de l'Assemblée nationale, sur une série d'entretiens et sur l'observation directe des acteurs.

    Fatin Resat Durukan, Le rapport à l'Europe des groupes d'intérêt économique turcs depuis les années 2000 : entre diplomatie économique et usages pluriels, en préparation, inscription en 2018 à Université ParisPanthéonAssas 

    Ce projet de recherche n'est pas de proposer une simple analyse de l'influence des groupes d'intérêt économiques turcs dans le processus de négociation en vue de l'intégration européenne, mais de saisir les multiples usages, sociaux, politiques, économiques qu'entretiennent ces acteurs économiques turcs de la question européenne. Il s'agira de montrer en quoi cette question et le rapport à l'Europe définissent une « politique des groupes privés continuée par d'autres moyens ».

  • Rapporteur

    Claire Bloquet, Aux marges du Palais : la Délégation aux Droits des Femmes contribution à une sociologie de l'Assemblée nationale et du travail législatif., soutenue en 2021 à Paris 1 sous la direction de Delphine Dulong et Daniel Gaxie présidée par Bastien François, membres du jury : Cécile Vigour (Rapp.), Olivier Rozenberg et Catherine Achin   

    La faiblesse du pouvoir législatif du Parlement français, souvent déplorée, ne signifie pas que les parlementaires ont abandonné tout espoir de peser sur la fabrique des lois. Chaque jour, au contraire, des députés s’impliquent dans l’hémicycle, se battent pour amender un projet, et parfois même finissent par l’emporter. Prenant au sérieux cet investissement, ce travail entend éclairer l’importance de ce qui se passe au Parlement, à partir de l’exemple de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale. Espace parlementaire marginal, on retrouve pourtant son influence derrière l’adoption de certaines mesures. Le choix de ce point de vue – celui du travail législatif depuis ses marges – permet de mettre en lumière toutes les stratégies et les efforts des députés pour prendre part au processus législatif. L’enquête s’appuie sur des entretiens ainsi que sur des archives parlementaires. Au-delà des ressorts du féminisme parlementaire, cette thèse veut contribuer à la sociologie de la professionnalisation politique et à la sociologie du travail législatif en général. Une première partie met en lumière la manière dont, même au sein d’un espace marginal, se met en place un apprentissage spécifique du métier de parlementaire qui contribue à intéresser durablement les membres de la Délégation au travail législatif, et à construire leurs carrières. La seconde partie est consacrée à l’activité concrète des députés, et présente le travail législatif comme prolongement de l’activité de représentation. On vient alors montrer le travail de recadrage symbolique et d’entretien des relations sociales qui leur permet de contourner les règles, et de gagner, parfois, l’avantage.

  • Membre du jury

    Marion Jacquet-Vaillant, Le mouvement identitaire français : Pour une approche mixte des marges en politique, soutenue en 2021 à Paris 2 sous la direction de Sylvie Strudel, membres du jury : Cécile Leconte (Rapp.), Vincent Martigny (Rapp.), Xavier Crettiez et Caterina Froio   

    Juin 2020. Alors qu’à Paris, place de la République se déroule une manifestation organisée par le Comité Adama, une contre-manifestation s’engage depuis le toit d’un immeuble surplombant la place. Ce sont des militants de Génération identitaire, venus dire « Stop au racisme anti-blanc ». Qu’est-ce que le mouvement identitaire ? Qui sont ceux qui s’y engagent, et pourquoi ? Cette thèse ambitionne de répondre à ces questions grâce à un protocole de recherche mixte croisant observations, entretiens, données quantitatives sur les adhérents et archives. En recourant aux approches organisationnelle, idéelle et sociétale des partis politiques et au cadre théorique des mouvements sociaux, cette thèse analyse les organisations qui structurent ce « monde identitaire », les individus qui y participent et les représentations qui le traversent. Elle contribue ainsi à divers champs de la science politique : organisations politiques, histoire sociale des idées, diffusion des mouvements sociaux, sociologie du militantisme et des pratiques militantes. La thèse interroge les effets de la marginalité sur les organisations et l’engagement politique. Les résultats montrent que la marginalité produit des effets singuliers sur la façon dont les groupes s’organisent, pensent, recrutent et agissent. L’agir des militants identitaires ne se limite pas à la sphère publique, il se prolonge dans la sphère privée, s’actualise au quotidien, envahit la vie, l’être. La thèse soutient que la marginalité peut être considérée comme un stigmate, en tant qu’elle est apparemment dépréciative mais peut être « retournée » par le groupe en un attribut valorisant.

    Nicolas Demontrond, L'Etat en Basse-Normandie : étude d'une déconcentration, soutenue en 2018 à Paris 2 sous la direction de Hugues Portelli, membres du jury : Élodie Saillant (Rapp.), Franck Waserman (Rapp.), Lucie Cluzel-Métayer   

    L’Administration déconcentrée de l’État en France est en charge de l’application des décisions centrales à l’échelon local. Ce schéma fut bouleversé par la tempête que provoqua l’Acte I de la décentralisation en 1982. La France devint un État unitaire décentralisé. Les services déconcentrés en furent les premiers affectés (par la perte de pouvoirs, d’autorité,…). Ils durent alors s’adapter à la nouvelle configuration locale pour continuer d’assurer leurs missions. La présente thèse se propose d’étudier comment ces administrations déconcentrées se sont réorganisées depuis 1982 ; quelles sont les réformes qui ont été entreprises ou non ; et pour quelles raisons ? Afin d’analyser dans les faits le déroulement de ces opérations, j’examinerai un cas particulier de Province : celui de la région Basse-Normandie. Ainsi, à partir d’un cas concret, il sera vu comment l’État continue d’assurer sa présence au niveau local.

    Hortense de Foulhiac de Padirac, Le contrôle et l’évaluation parlementaire : l'impact de la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, soutenue en 2018 à Paris 2 sous la direction de Jacques Chevallier, membres du jury : Bernard Dolez (Rapp.), Jean Gicquel (Rapp.), Marie-Anne Cohendet et Olivier Rozenberg   

    La réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 a fait du contrôle et de l’évaluation l’un des leviers de revalorisation de la place du Parlement dans les institutions. Elle a donc profondément renouvelé la fonction de contrôle : le champ du contrôle a été étendu dans des proportions jamais égalées, l’information du Parlement a été développée dans de nombreux domaines. Le Constituant a également souhaité donner au contrôle parlementaire une nouvelle dimension en dotant les assemblées d’une compétence en matière d’évaluation des politiques publiques. L’étude montre que l’Assemblée nationale et le Sénat ont interprété différemment leurs nouvelles prérogatives en matière de contrôle et d’évaluation, en fonction de leur culture institutionnelle et de leur degré d’adhésion à la réforme de 2008. De ce fait même, la portée de la réforme constitutionnelle de 2008 s’avère limitée : le Parlement peine à assumer son nouveau rôle d’évaluateur mais s’investi d’avantage dans son rôle de contrôleur. La réforme constitutionnelle de 2008 n’a donc pas substantiellement changé l’équilibre des pouvoirs entre le législatif et l’Exécutif.